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"En voulant toucher la peau
du ventre de la future maman, la belle-mère
dépasse une limite" Photo
© Getty Images
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La situation
Vous attendez votre premier enfant. Votre belle-mère, très
émue à l'annonce de cette bonne nouvelle, est aux petits
soins. Elle ne s'est, pour ainsi dire, jamais montrée aussi
prévenante et redouble de tendresse. Heureuse de partager
cette joie et ses sensations typiquement féminines vous
n'avez pas hésité à lui faire des confidences. D'autant
que votre mère ne parle pas beaucoup de la maternité. Le
futur papa est ravi de ce rapprochement. Jusqu'au jour où
belle-maman franchit une limite : elle demande à toucher
votre ventre. Pas sur le tee-shirt, sur la peau directement…
Vous acceptez gênée. S'en suivent des discussions sur le
sien (de ventre) et les difficultés qu'elle a eues à perdre
ses rondeurs. Puis c'est au tour des seins ("il me
semble que tu n'as pas beaucoup pris"), de son récit
idyllique de l'allaitement, de son opposition ferme à la
péridurale et de tous les détails de l'accouchement terrible
que lui a fait vivre son petit premier (accessoirement votre
conjoint…). Ce déballage vous écure tandis
que ces conseils vous irritent au plus haut point. Les hormones
aidant, vous la remettez gentiment mais fermement à sa place.
Depuis, elle ne demande même plus si le bébé se porte bien…
L'avis de Véronique Cohier-Rahban
"La grossesse de la belle-fille réactive les
souvenirs de sa belle-mère. Celle-ci retrouve des
sensations passées extrêmement fortes. La bonne
nouvelle rapproche les membres de la famille. En voulant
toucher la peau du ventre de la future maman, la belle-mère
dépasse une limite. La belle-fille accepte à
contre-cur, pour se rapprocher de sa belle-mère
(peut-être que sa relation avec sa propre mère
ne lui suffit pas ?) ou simplement par peur du conflit.
Au final, elle ne sait pas se protéger. La conversation
qui s'ensuit viole votre intimité. C'est l'explosion
assurée."
Le conseil à retenir
Ce contact vous gêne ? N'ayez pas peur, osez dire
non à la demande de votre belle-mère ! Si
vous expliquez "ce n'est pas à cause de vous
mais je ne suis pas habituée à ce contact
physique, ça me fait bizarre, ça me met mal
à l'aise", personne ne se vexera. D'autant que
si vous acceptez pour lui faire plaisir, votre belle-mère
continuera son intrusion dans votre intimité et votre
agacement risque de se transformer en colère contenue
et plus tard en véritable conflit, ce que vous redoutez
plus que tout ! Construisez plutôt avec votre belle-mère
un cercle de confiance : chacune sait quelles portes peuvent
s'ouvrir et quelles portes restent fermées. C'est
la clé de la complicité : chacun exprime et
donc connaît et peut respecter les limites de l'autre.