En 2006, près d'un mariage sur deux s'est soldé par
un divorce. Dans les années 1970, on recensait seulement
12 divorces pour 100 mariages. Le divorce s'est donc banalisé,
l'union s'est fragilisée. C'est au quatrième anniversaire
de mariage que le risque de divorce est aujourd'hui le plus
élevé, avec 30,2 de divorces pour 1 000 unions. Comment
expliquer cette fragilité du couple ?
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Un mariage sur deux se termine
par un divorce. © Getty
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Divorce et émancipation féminine
Les procédures de divorces telles que nous les connaissons
aujourd'hui sont récentes. En 1884, la loi Naquet autorisait
le divorce pour des fautes précises (adultère, sévices,
injures graves), mais le divorce par consentement mutuel
n'existe que depuis 1975. En 30 ans, le divorce est
donc entré les mœurs. Il accompagne aussi d'autres évolutions
sociales comme le travail des femmes. Elles sont de plus
en plus nombreuses à avoir acquis leur indépendance financière.
Aujourd'hui, dans huit cas sur dix, la rupture est une initiative
de l'épouse. Pour le sociologue Jean-Claude Kaufmann, lorsque
les femmes demandent le divorce, "elles expriment leur insatisfaction
de ne plus exister en tant que personne, d'être un rouage
de la machine familiale".
Depuis 2005, le divorce par consentement mutuel est aussi
plus rapide et donc moins coûteux. Avec l'aide de leurs
avocats, les deux conjoints rédigent leur convention de
divorce et la transmettent au juge des affaires familiales.
En cas de consentement mutuel, le dossier peut être traité
en deux ou trois mois pour moins de 2 000 euros. Les avocats
constatent que leurs clients font, depuis, beaucoup moins
d'efforts pour sauver leur union. Fin 2007, Nicolas Sarkozy
a annoncé qu'il souhaitait aller plus loin dans la
réforme du divorce par consentement mutuel : les époux
pourraient faire enregistrer leur séparation devant un notaire,
sans passer devant un juge. La réforme est contestée par
les avocats et reste en suspens pour le moment.
Portrait-robot des divorcés
Selon une enquête de l'Insee menée par Mélanie Vanderschelden
en 2006, plus les conjoints se sont rencontrés et mariés
jeunes, plus les risques de divorce sont accrus. Mais
ceux qui ont vécu plusieurs années en célibataires avant
de se marier sont eux aussi plus enclins à divorcer, la
solitude ne les effrayant pas. Enfin, loin de cimenter le
couple, l'arrivée d'un enfant peut le fragiliser. De même,
en 20 ans, les inquiétudes sur les séquelles psychologiques
qu'un divorce pouvait avoir sur un enfant ont diminué. Selon,
Claude Martin, sociologue et chercheur au CNRS, des études
de psychologues et de sociologues ont montré que huit enfants
de divorcés sur dix n'ont aucun retard scolaire. Un taux
égal à celui des enfants de parents non-divorcés. Mais les
avis des experts divergent. Pour les associations d'aide
aux parents divorcés, le constat est le suivant : si le
parent qui a la garde fournit à l'enfant le cadre nécessaire
à son épanouissement, l'épreuve de la séparation et ses
conséquences sont vite dépassées.
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suite : Le pacs concurrence le mariage