Rentrée scolaire

En savoir plus

Philippe Jeammet est professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent. Il donne aux parents quelques clés pour bien accompagner leur adolescent lors des étapes importantes du lycée.

 

 
L'expert
 
 
philippe jeammet
  • Philippe Jeammet : professeur de psychiatrie et psychanalyste.
 

Comment aborder la rentrée au lycée ?

Il ne faut ni banaliser cette épreuve, ni la survaloriser. Parlez-en à votre enfant comme d'une étape importante qui fait appel à ses compétences, ça le valorisera. En effet, si vous lui dites que cette rentrée n'est pas si importante, cela veut dire que c'est lui qui n'a pas d'importance. Et aussi, faites confiance à votre enfant ! Il n'y a pas de raisons qu'il n' y arrive pas, et même s'il éprouve quelques difficultés scolaires, dites-lui que ça va être l'occasion pour lui de changer et de bien redémarrer. Il faut toujours y trouver l'aspect à la fois valorisant et positif. Et sans dramatiser, dites-lui par exemple : "Cette année, ça ne marchait pas bien mais là, tu seras dans un contexte différent qui te permettra de bien montrer tes capacités et on t'y aidera". Ce n'est pas au dernier moment qu'on se met à en parler, et on n'en parle pas non plus toute l'année sur un mode de menaces, du genre "si tu ne te prépares pas, ça va être terrible".

 

"Il faut éviter les excès du style : "Ca, c'est la filière des imbéciles, ça, c'est celle où tu peux tout avoir"."

Les parents doivent-ils s'impliquer dans les choix de filières et d'options ?

En général, aucun choix ne se fait par soi-même. Il faut qu'on cesse de dire qu'il faut suivre le désir de l'enfant. Le désir de l'enfant se construit en fonction d'un échange, il faut écouter l'enfant mais, en face, il faut aussi avoir des opinions, lui dire quelles sont les conséquences de ses choix, que ce n'est pas la même chose s'il va dans telle filière ou dans telle autre. Il faut donc que les adultes ne cachent pas leurs propres désirs, qu'ils expliquent sans pour autant contraindre l'enfant. Et ce n'est pas bien non plus de dire que tout est pareil. Non, tout n'est pas pareil. Il faut expliquer en quoi il y a des différences, demander à l'enfant ses préférences tout en tenant compte de ses compétences. Et évidemment, il faut éviter la dramatisation et tous les excès du style : "Ca, c'est la filière des imbéciles, ça, c'est celle où tu peux tout avoir". Non, chaque filière a ses possibilités. Il faut sortir de ce monde d'exclusion et montrer qu'il y a des différences. Mais la différence, ce n'est pas forcément la hiérarchie entre bien et mal.

 

Comment les parents doivent se comporter lors de l'année du bac ?

Il faut accompagner l'enfant. Si on voit que celui-ci patine alors qu'au fond ça pourrait aller mieux, il faut pouvoir l'aider assez tôt sans dramatiser, il faut en parler rapidement avec ses enseignants et voir comment on peut l'aider. La solution peut résider dans des instituts privés ou quelquefois dans un internat. Je suis un adepte des internats car, très souvent, les parents veulent trop prendre les choses en main. Ils ont du mal à comprendre qu'ils ne peuvent pas tout faire. Un enfant aura plus de facilités à travailler dans un cadre plus neutre, comme l'internat, qu'à la maison, sous l'œil des parents. L'internat, c'est lui permettre d'avoir un espace à lui, où il sera cadré mais d'une manière moins affective. Il faut donc être assez vigilant pour que l'enfant se prenne en main et faire en sorte qu'il réussisse cette année-là mais sans dramatiser en lui disant que c'est pour qu'il ait le plus de choix possibles.

Magazine Famille Envoyer Imprimer Sélectionner Haut de page
Votre avis sur cette publicité