Quel a été votre parcours avant
d'écrire ce premier livre ?
Sarah-Mélina Clair A l'issue d'un DEA de Lettres
Modernes, j'ai enseigné le français pendant trois ans, mais
ce n'était pas ma vocation. J'avais très envie d'écrire, c'était
un besoin physiologique. Je me suis mise à faire des piges pour
des journaux. Lorsque la pige a commencé à fonctionner, je me
suis lancée dans mon livre.
Comment avez-vous fait pour combiner écriture journalistique
et écriture romanesque ?
J'ai écrit mon livre la nuit. Je m'astreins à deux heures
d'écriture quotidiennes obligatoires. Parfois je travaille
davantage, parfois moins.
Vous parlez de besoin d'écrire mais aussi d'obligation
: n'est-ce pas contradictoire ?
Non, l'écriture c'est comme un enfantement. Au début c'est
laborieux, douloureux, et puis ça devient du bonheur, on atteint
un sentiment de liberté que l'on n'a jamais dans la vraie
vie. L'écriture est un acte de création difficile qui permet
d'atteindre une jouissance profonde.
Dans votre premier roman vous avez choisi d'aborder un
thème délicat...
Oui, je parle des femmes confrontées à la mort-prénatale.
La plupart se sentent coupable et s'inclinent devant la mort,
certaines sombrent plusieurs années dans la dépression. Dans
mon livre, Tania doit porter son enfant mort dix jours entiers
dans son ventre. Cela pourrait être tragique, mais la relation
de Tania à son enfant est une relation heureuse. Cette vie
en puissance, c'est-à-dire qui aurait pu advenir, advient
vraiment. L'enfant va réveiller des figures maternelles qui
sommeillent en chacune et chacun de nous. Ce faisant, il prend
sa place dans la lignée comme les aïeuls prennent leur place
naturellement. La trace qu'il va laisser dans la mémoire est
une trace véritablement heureuse. Et puis, il nous emmène
en Russie, en Pologne, en Allemagne, c'est un beau cheminement.
Le monde hospitalier que vous décrivez est assez déshumanisé.
Mais c'est ça ! Pour les infirmiers, vous n'êtes qu'un corps
malade. Ils ne sont pas préparés à le réalité de cette mort
là. L'hôpital est un pays froid qui a ses propres codes.
Ce livre est très proche de votre vie ?
Non, pas si proche, mais c'est une auto-fiction.
Vous êtes donc en train d'écrire un second roman, de quoi
parle-t-il ?
Pour l'instant je n'en suis qu'au synopsis. Ce sera l'histoire
d'une femme qui quitte tout, jusqu'à ses enfants, et d'un
homme qui part à sa recherche.
Vous êtes plutôt sereine ou angoissée par cette première
publication ?
Ni l'un, ni l'autre. La promotion est un moment difficile,
j'ai l'impression d'être un représentant de commerce… On écrit
un livre de l'intérieur et tout d'un coup on est un peu donné
en pâture. Pour être journaliste moi-même, je sais comment
ça fonctionne et j'ai peur que mes propos soient déformés.
Internet, ça vous intéresse ? Vous avez des sites favoris ?
J'adore Internet. C'est un peu comme avoir une grande
bibliothèque chez soi et en plus ça permet de gagner du temps.
J'ai une petite fille et j'aime bien magicmaman.com.
Sur yoox.com
on peut trouver des fringues de très grandes marques moins
chères (Prada, Gucci...). Et aussi le site decofinder.com
est génial, vous avez besoin d'une table, vous avez tous les
sites de toutes les tables design, etc.
Quel conseil donneriez-vous à une jeune femme qui voudrait
se lancer dans l'écriture d'un premier roman ?
Aucun. Il faut s'écouter, persévérer. L'écriture c'est une
énorme épreuve de solitude. C'est complètement personnel.
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