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Beauté
19/02/2005
Arila Pochet : "Chaque produit cosmétique devra indiquer une durée d'utilisation après ouverture"
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Responsable du département de l'évaluation des produits cosmétiques à l'Afssaps (Agence française de la sécurité sanitaire des produits de santé), Arila Pochet nous éclaire sur la nouvelle réglementation des produits cosmétiques, qui rentre en vigueur début mars. |
Quel est votre rôle au département d'évaluation des produits cosmétiques ?
Arila Pochet Notre mission est de gérer la sécurité sanitaire des produits et de participer à l'évolution de la réglementation. Dans le cadre de la nouvelle réglementation des produits cosmétiques, nous avons été au centre des débats, puisque nous sommes experts pour le Ministre de la Santé.
Justement, quelles sont les grandes lignes de cette nouvelle réglementation ?
Ce sont des dispositions plus strictes pour le fabricant, qui devront donc être appliquées à partir de mars. Globalement, elles vont dans le sens de la sécurité du consommateur. Par exemple, nous avons émis une liste de substances dangereuses - produits cancérigènes ou mutagènes - interdites, qui figure dans un arrêté de janvier 2005. En mars, il y a aussi une disposition concernant la mention de la présence de certaines substances sur l'étiquette des produits cosmétiques. En effet, il y a 26 allergènes de parfumerie qui ont été identifiés. Si dans la composition du parfum il y a une de ces 26 substances, il faudra qu'elle soit indiquée clairement sur l'étiquette.
Comme ça, si le consommateur est allergique à une de ces substances, il le saura. Cela pourra aider également les médecins dans leur recherche d'allergènes.
Parmi ces substances, on trouve entre autres le
linalol (une substance de synthèse, mais qui peut aussi se retrouver dans les essences de lavande), le citronellol (pareillement, dans le citron) ou
encore le géraniol (dans l'essence de géranium).
Et une autre de ces grandes mesures est l'apparition d'une date limite d'utilisation du produit cosmétique ?
Oui, c'est une des dispositions les plus importantes. A condition qu'un produit ait une durabilité minimale - l'équivalent d'une date limite d'utilisation - supérieure à 30 mois, les fabricants doivent indiquer sur l'étiquette combien de temps ce produit pourra être utilisé sans danger une fois ouvert. C'est ce qu'on appelle la PAO ou période après ouverture. Elle est visible par un petit logo (un pot ouvert) à l'intérieur ou à côté duquel figure une date en mois. Pour une raison d'harmonisation européenne, c'est la majuscule M qui signifiera le mois sur ces étiquettes. Bref si dans le petit logo vous voyez la mention 12 M, cela signifie que vous pouvez utiliser votre produit sans danger 12 mois après son ouverture.
Cette durée d'utilisation est obligatoire lorsqu'il y a un risque pour la santé. C'est juste un problème de sécurité, qui ne garantit pas une durée d'efficacité du produit. Si un shampooing a par exemple une PAO de 12 mois, cela signifie que pendant cette période-là, vous n'aurez pas de risque par exemple d'attraper une irritation, une allergie ou une infection.
Certains produits peuvent-ils ne pas avoir de PAO ?
Oui, par exemple les aérosols car ils sont scellés : il n'y a pas d'entrée d'air, donc la notion d'ouverture n'existe pas.
Il y a aussi bien sûr les unidoses, à usage unique. Par ailleurs, un produit peut aussi recevoir une exemption de PAO, si son fabricant a décidé de mener diverses études pour prouver que le produit ne nuit pas à la santé, même s'il se dégrade avec le temps.
Qu'est-ce qui fait qu'un produit a une période après ouverture plus longue qu'un autre ?
C'est principalement par rapport à sa formule : les substances qu'il contient, s'il a éventuellement des substances qui s'oxydent, la manière dont il est fabriqué, les conservateurs qu'il contient. Le conditionnement aussi, car un pot ouvert est plus risqué qu'un flacon pompe. Et cela dépend aussi de l'endroit où il va être appliqué : si c'est un produit pour le contour des yeux, le risque est plus important donc on peut imaginer ne PAO plus courte etc. Le fabricant doit se poser toutes ces questions là...
Ce sont donc les fabricants qui décident de la PAO indiquée sur leur produit ?
Oui et ils doivent justifier leur choix : ils doivent mettre en oeuvre des tests et des faisceaux d'indices prouvant qu'ils ont eu raison de conseiller que tel produit aura cette période après ouverture là. Mais cette PAO n'est pas standardisée, elle variera donc d'une marque à l'autre.
Et qu'en pensent les industries cosmétiques ?
Et bien elle sont bien embarassées, en particulier car elles n'ont pas de référentiel pour réaliser ces tests, même si nous y travaillons actuellement. Et de notre côté aussi nos inspecteurs se posent des questions, car cela ne va pas être évident pour eux de contrôler la pertinence des tests menés par les industries.
Et vous, que pensez-vous de cette nouvelle réglementation ?
Je pense qu'elle va être utile et qu'elle va pousser l'industrie cosmétique vers le haut dans la mesure où les industriels vont être obligés de fournir davantage d'infos sur les produits et ce qu'ils contiennent.
Avez-vous pour finir quelques conseils pour les consommatrices de produits cosmétiques ?
D'abord, il y a quelque chose qu'il faut éviter absolument, c'est le multi usage d'un produit. Il faut surtout pas se prêter mascara, rouge à lèvres etc. car cela favorise en particulier les contaminations microbiennes. Côté conservation, il faut un peu de bon sens. Le froid conserve globalement bien les produits, mais on ne va mettre sa trousse de maquillage au frigo pour autant... Il faut surtout veiller à ce qu'ils ne subissent pas trop de changements de température et d'humidité : il faudrait donc éviter d'en avoir trop dans son sac par exemple ! 
En savoir plus
Le site de l'AFSSAPS : http://afssaps.sante.fr
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