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Famille
02/04/2005

"Aujourd’hui, les couples sont isolés. L’accompagnante leur propose une présence"

Présidente de l'association "Accompagnante à La Naissance", et première accompagnante de France, Vanina Goetgheluck nous éclaire sur cette nouvelle profession, qui propose soutien et conseil aux parents dans cet heureux événement.

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EN SAVOIR PLUS


Qu'est ce qu'une accompagnante à la naissance ?
Vanina Goetgheluck C’est une personne qui intervient en "supplémentarité" du suivi médical de la femme enceinte. On ne peut pas réduire l’apprentissage de la parentalité à un acte médical. La grossesse est un événement important, qui mérite qu’on prenne du temps, qu‘on y réfléchisse. Autrefois, il existait des institutions comme la famille ou le village qui entouraient les futurs parents avant la naissance. Aujourd’hui, les couples sont isolés. L’accompagnante leur propose du temps, une présence avant l’accouchement, pendant s’ils le souhaitent et après. Dans notre société, on a souvent tendance à considérer la grossesse comme une étape où tout est rose et merveilleux. On oublie que les parents peuvent être paumés. De ce fait, les couples n’osent pas aborder certaines questions entre eux ou avec leurs proches par peur d’être critiqués. L’accompagnante est là pour les écouter sans les juger, les conseiller, les rassurer, répondre à leurs interrogations. 

Comment est née cette profession ?
Dans les années 1970, une étude a été réalisée au Guatemala. Le rapport a révélé que les accouchements des mères soutenues par une autre femme se passaient beaucoup mieux que les autres. On appelait cette femme une "doula", du grec signifiant "servante". Le métier s’est peu à peu développé au Canada, aux Etats-Unis et dans quelques pays d’Europe.

Comment est-elle arrivée en France ?
En France, la profession n’existait pas car le paysage obstétrique était différent. Néanmoins, les besoins des femmes étaient les mêmes. Aussi a-t-on décidé d’implanter cette activité dans le plus grand respect des prérogatives des médecins. Depuis 2003, le métier d’accompagnante à la naissance est structuré. Il possède sa propre formation et son code de déontologie. Aujourd’hui, nous sommes plus d’une dizaine à exercer en France, et de nombreuses femmes sont actuellement en formation. Comme l’accompagnement correspond à un réel besoin, la profession se développe beaucoup plus vite que prévu.

Combien de couples avez-vous accompagnés ?
En deux ans, j’ai fait une trentaine d’accompagnements à la naissance. Le nombre est élevé car je suis la première accompagnante à avoir exercé en France. Il m’arrive souvent d’en faire plusieurs à la fois, mais je limite le nombre car je dois être suffisamment disponible pour les futurs parents.

Quelle formation doit-on suivre ?
Pour être accompagnante, il faut avoir accouché, allaité et suivi une formation. Ces études se décomposent en deux parties : un enseignement théorique qui traite de l’anatomie, de la physiologie de la grossesse, de l’allaitement, des relations humaines, de la place du père, de la déontologie… La future accompagnante doit également écrire un mémoire sur un sujet choisi qu’elle soutient ensuite devant un jury. Pour la pratique, elle doit faire des stages avec des sages-femmes puis quelques accompagnements en solo. Une fois les examens réussis, elle reçoit sa certification finale. L’accompagnante subit ensuite une réévaluation tous les trois ans.

Quelle est la qualité principale d’une accompagnante ?
Il y en a beaucoup ! Mais je dirais que la principale est l’humilité. L’accompagnante est là pour écouter, pas pour dire ce qu’il faut faire. Elle doit savoir rester à sa place. Les autres qualités requises sont la disponibilité, l’écoute, l’adaptabilité et le respect.

N’est ce pas difficile de partager ainsi l’intimité d’un couple ?
Non, ça ne l’est pas dans la mesure où c'est le couple qui vous demande de l’aide. La démarche se fait avec eux, dans le respect de leur liberté. On ne viole pas leur intimité délibérément, on est invité à la partager.

Comment gérer la séparation avec les parents une fois l’accompagnement terminé ?
Ça s’apprend. C’est une question de professionnalisme. Dans la formation, il y a une partie intitulée "relations humaines". Dès le début, on sait que la relation aura une fin, on fixe un cadre. Le but est que les parents acquièrent une réelle autonomie, pas qu’ils dépendent de quelqu’un.

L’accompagnante travaille-t-elle en collaboration avec le personnel médical ?
Il est inscrit dans le dossier médical des parents qu’ils sont suivis par une accompagnante à la naissance. Avant d’assister à l’accouchement, elle demande l’accord des médecins et sages-femmes. Nous travaillons dans le respect de leurs gestes, de leus obligations et de leurs décisions.

Combien ça coûte ?
Le premier entretien, qui permet de définir la place de l’accompagnante et les attentes du couple est gratuit. Ensuite, les entretiens d’une durée d’1h30 à 2 heures sont facturés 40 euros. Généralement, nous proposons un forfait de 500 euros qui comprend 3 ou 4 entretiens prénataux, l’accouchement et 2 ou 3 rendez-vous après la naissance. Cela peut être une idée de cadeau de naissance, de la même manière que l’on fait des listes de mariage.

Un conseil à donner aux futures mamans ?
Surtout, elles doivent s’écouter. Les futurs parents doivent avoir envie de faire les choses pour eux, se sentir libres de leurs choix. Leur histoire leur appartient. Pourquoi ne pas simplement discuter avec une accompagnante à la naissance ? 

En savoir plus
Le site de l'association "Accompagnante à La Naissance" : www.alna.fr


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