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Famille
17/10/2005
"Mère divorcée : l'échec est une chance de faire mieux"
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Divorcée, mère de deux enfants et ingénieur, Michèle Le Pellec a fait face aux nombreux soucis quotidiens d'une maman solo. Aujourd'hui diplômée d'une école de coaching, elle met son expérience au service des autres mères de famille monoparentale. |
Comment surmonter le choc du divorce ?
Michèle Le Pellec Après un divorce, on traverse forcément une période de deuil. On va passer par plusieurs phases : la colère, la tristesse, l'agressivité... Mais tout cela est normal et naturel. Il faut accepter l'idée que cela fait partie du redémarrage de cette nouvelle vie. Considérer cela comme un passage obligé permet d'accélérer les choses. Et puis il faut se dire que d'autres femmes sont aussi dans cette galère, ça aide de se sentir moins seule.
La culpabilité est-elle un sentiment inévitable ?
Absolument inévitable. On met au monde des enfants avec l'envie de leur donner le maximum : un papa et une maman, une maison etc. Et d'un seul coup, on leur enlève tout ça. On les a privés d'une chance de vie. D'ailleurs, la société leur renvoit l'idée qu'ils ont quelque chose en moins. On a l'impression d'avoir échoué, et l'on paye cette erreur. Pour surmonter ce sentiment, il faut se dire que tout le monde fait des erreurs et qu'on a toujours la possiblité de se rattraper. Les Américains disent que l'échec est une chance de faire mieux.
Le statut de mère de famille monoporentale est-il difficile à assumer socialement ?
Paradoxalement, oui. Alors que le divorce est de plus en plus courant, il est encore très difficile de s'intégrer dans la société lorsque l'on est mère de famille monoparentale. Les gens ne réagissent pas de la même façon. Par exemple, vous n'êtes jamais invitée chez des familles normales. Il y a un certain repli entre personnes qui se ressemblent, par crainte de l'autre, de la différence. La société perçoit les familles monoparentales comme génératrices de problèmes en tous genres : délinquance, absence d'autorité...
Une mère de famille monoparentale est-elle forcément une superwoman ?
C'est impossible de tout faire. Une femme ne peut pas s'occuper à la fois du ménage, du bricolage, du jardin, de la cuisine, des enfants, etc. Déjà, à deux, c'est très lourd à assumer, alors quand on est seule... Même avec de l'énergie, on ne peut pas y arriver. Et si on essaye, cela génère de la fatigue et de la culpabilité. Il faut donc faire des choix.
Est-il possible de trouver du temps pour soi ?
C'est
même indispensable ! Il faut trouver un petit peu de temps pour se construire soi-même. Pour cela, il faut en faire moins et bien choisir ses tâches. Le pire, c'est de se laisser dévorer par le quotidien. Il faut avoir un projet pour soi en plus de son activité professionnelle. Le travail permet de gagner sa vie, mais pas de s'investir personnellement. Et c'est mieux pour les enfants que leur mère ne dépende pas d'eux. Car c'est une charge psychologique. Elle doit donc s'investir dans quelque chose : faire fructifier un talent artistique, avoir un projet comme faire un tour du monde, s'installer à la campagne...
Comment faire accepter le changement de train de vie à ses enfants ?
C'est terrible, car les enfants vous en veulent. Et puis il y a une concurrence avec l'ex-mari qui a peut-être réussi à établir une bonne situation financière. Il n'y a pas de solution à ce problème. La seule réponse, c'est ce fameux projet, car c'est comme un rêve, quelque chose qui transcende la réalité du quotidien.
Existe-t-il des aides financières ?
Aucune. Sauf si vous êtes vraiment en très grande difficulté, vous avez alors droit à l'allocation de parent isolé. Il y a juste une correction fiscale en compensation : vous avez une demie part supplémentaire. Sinon, il faut apprendre à économiser et dépenser autrement, en achetant en seconde main, grâce aux petites annonces par exemple. Le chemin classique de la consommation doit être remis en question.
Les proches ont-ils un rôle à jouer ?
En théorie, ils pourraient être aidants, comprendre la charge qui pèse sur une mère divorcée et la soutenir. Mais dans la réalité, on constate une mise à distance du genre 'C'est ton problème, c'est à toi d'assumer'. Mais toutes les familles ne réagissent peut-être pas comme ça. Quand on est dans cette situation, il est très difficile de faire comprendre à son entourage à quel point on a besoin d'aide. J'ai aussi écrit ce livre pour montrer que ces personnes sont en grande détresse. Il faut leur tendre la main.
Quelle place doit occuper dans la famille un éventuel nouveau compagnon ?
Il n'a pas de rôle légitime, mais une autorité peut s'installer dans la mesure où c'est lui qui pilote la maison, qui assume les charges. Il faut faire comprendre à l'enfant qu'il doit le respecter, et que cet homme peut être une ressource pour lui. Il peut l'emmener au foot, l'aider en maths. A partir du moment où il devient une ressource de la vie quotidienne de l'enfant, alors il est accepté. Mais c'est également une ressource affective. Il devient un pilier du foyer. Quand on a élevé seule ses enfants pendant quelques temps, c'est appréciable !
Le site de Michèle Le Pellec www.coachs.fr
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