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Mode
Juillet 2006
Martine Sénac : "L'Inde et l'Amérique du Sud influencent souvent mes collections"
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La mode aussi à ses travailleurs de l'ombre. Martine Sénac, créatrice de la marque Antoine et Lili, en fait partie. Discrète, l'autodidacte ne souhaite pas s'afficher mais partage volontiers sa passion contagieuse pour cette marque exubérante qu'elle a su faire grandir au jour le jour. |
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EN SAVOIR PLUS |
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| Tenue Antoine et Lili |
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Qui sont Antoine et Lili ?
Martine Sénac Nous sommes deux, Alexandre, mon associé,
et moi. Je suis dans le vêtement depuis 21 ans. J'y suis arrivée
complètement par hasard, après une licence d'espagnol. J'avais
decidé d'être comédienne mais j'ai atterri dans le prêt-à-porter,
sous l'aile de Philippe Benadretti. J'ai commencé par de petits travaux
avant de passer par l'école de dessin puis de style. J'ai toujours
bidouillé des vêtements - je tenais cela de ma grand-mère
- mais je n'étais pas destinée à avoir ma propre marque
d'habillement. C'est un hasard de la vie. Quand Philippe a voulu se désengager
d'Antoine et Lili, son neveu Alexandre a repris le flambeau. Ensemble, nous
avons monté une entreprise familiale, très personnelle.
La première boutique Antoine et Lili a vu le jour en 1997. Pouvez-vous
rappeler la genèse de la marque ?
En réalité, Antoine et Lili existait bien avant 1994. Du temps
de mon premier partenariat, nous étions diffusé en gros et réalisions
donc surtout des modèles sur commande - des pantalons, des pulls, etc.
Mais ce type de fonctionnement nous aliénait, ne correspondait pas
du tout à l'image de la marque que nous voulions avoir. Puis, il y
a eu la crise en Asie et nous nous sommes retrouvés sur la paille.
C'est à partir de ce moment que l'on a décidé de tout
reprendre à zéro, de recommencer sous une forme qui nous plairait,
en diffusant nos collections uniquement en boutiques. Je voulais faire de
nos magasins un véritable lieu de vie, un "shop around the corner".
Nous avons donc décidé de nous installer dans le 10ème
arrondissement de Paris pour nous rapprocher des "vrais" gens.
En près de 10 ans, Antoine et Lili n'a ouvert qu'une dizaine de
boutiques. Pourquoi ?
Nous avons recommencé avec prudence car nous étions déjà
tombé par terre. Nous ne sommes pas une marque comme Maje ou Zadig
et Voltaire, marques qui se sont lancées très vite et ont vite
produit beaucoup. Pour Antoine et Lili, nous avons préféré
travailler artisanalement. Nous faisons à peu près tout fabriquer
en France : nous avons notre propre atelier de coupe, nous travaillons
avec des façonniers français, etc. Nous n'importons que quelques
produits finis qu'il me paraissait difficile de fabriquer nous-mêmes
: des chaussures et chemises indiennes, des babouches du Maroc.
Les collections d'Antoine et Lili sont toujours bercées d'un certain
exotisme. Qu'est-ce qui vous inspire ?
Cela va paraître bien banal mais c'est avant tout les voyages. Ils sont
mon inspiration première et l'ont toujours été. Du coup,
nos modèles se sont toujours inscrits dans une inspiration ethnique
même si ce n'était pas du tout la tendance du moment. Aujourd'hui,
l'ethnique est à la mode mais j'ai gardé les mêmes règles
: je suis contre le noir et le gris. Par contre, le rose, le bazar, l'ethnie
sont toujours présents et l'Inde et de l'Amérique du Sud influencent
souvent mes collections. Je travaille notamment sur une collection d'inspiration
brésilienne dans laquelle j'ai inclus des plumes, des graines de cacao.
L'hiver prochain, le thème de la collection sera améridien :
j'ai puisé mes idées dans des livres sur le Mexique et le Texas,
pour m'inspirer notamment des couleurs. Bref, tout est une question de dynamique
mais aussi de feeling.
Antoine et Lili a aussi ouvert une boutique consacrée aux enfants.
Comment est-elle née ?
Nous avons toujours eu une petite ligne de vêtements pour enfants.
Depuis environ 5 ans, nous l'avons vraiment développée avec
des déclinaisons nouvelles et des petits jouets. C'était important
à mes yeux car ce sont souvent les enfants qui traînent leurs
parents dans nos boutiques : ils sont tout de suite attirés par les
couleurs vives et par le petit coin qui leur est consacré. A force,
nous nous sommes dit que pour faire les choses correctement, on ne pouvait
pas entasser tout ce qui leur est dédié dans un recoin. Nous
avons donc ouvert un magasin spécialement pour eux.
Antoine et Lili, c'est aussi un univers unique en son genre. Comment l'avez-vous
créé ?
Il y a d'abord eu les boutiques que je voulais peintes en vert, jaune et rouge
car ce sont des couleurs qui sont présentes dans toutes les ethnies.
C'est un concept qui m'est venu naturellement, qui n'était pas calculé.
Nous avons ensuite évolué vers des magasins roses, ce qui nous
donnait une meilleure visibilité tout en correspondant vraiment à
l'esprit que l'on recherchait. Puis, nous avons découvert un grand
magasin Quai de Valmy à Paris. L'endroit nous a tout de suite charmé
et nous avons décidé d'y construire 3 espaces : une boutique
de vêtements, une boutique de plantes en pot et un endroit pour boire
un verre. Mais l'activité de restauration s'est avérée
plus compliquée que prévu et la déco a rapidement pris
le pas sur les fleurs. C'est commme ça qu'est né cet univers
un peu particulier. C'était une expérience incroyable mais aujourd'hui,
nous devons nous reconcentrer sur ce que nous savons faire de mieux pour ne
pas nous perdre : le vêtement.
Parmi vos créations, laquelle vous tient le plus à coeur ?
Je n'ai pas de modèle fétiche, de pièce phare comme le
sac de Vanessa Bruno. Mais il y a quelques tenues que j'adore comme le pantalon
chinois. J'ai aussi beaucoup aimé la robe boubou de cet été.
J'ai aussi quelques basiques que je décline dans toutes les collections
depuis très longtemps : les formes kimonos, le cache-coeur...
Aujourd'hui, quels sont les projets d'Antoine et Lili ?
Nous devons encore grandir ! Pour le moment, Antoine et Lili est comme un
adolescent en croissance coincé dans des habits trop petits pour lui.
Au début de notre aventure, nous comptions beaucoup sur le bouche à
oreille. Aujourd'hui, il faut songer à passer au stade supérieur.
Nous n'avons pas le culot de nous développer aussi rapidement qu'un
Paul & Joe, je n'ai pas les épaules pour ça. Par contre,
j'aimerais trouver de nouveaux partenaires, ouvrir d'autres points de ventes,
en franchise éventuellement. Je voudrais aussi retrouver une clientèle
au Japon, en Allemagne ou en Grande Bretagne, et surtout dans les villes françaises
où nous ne sommes pas encore implantés, le tout dans un esprit
qui nous satisfasse et qui ne nous aliène pas, évidemment. 
En savoir
plus
Le site d'Antoine et Lili : www.altribu.com
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