Paris, New York, Tokyo… les mannequins font le tour du monde et portent les plus belles robes. Mais, entre les codes stricts de la mode et le rythme de vie infernal qu’elles doivent suivre, le métier de mannequin est-il aussi idéal que cela ? Dites-nous ce que vous pensez de ce métier.
Considérez-vous les mannequins comme des femmes chanceuses d’avoir un corps de rêve ou comme des victimes des diktats de la mode ?
Je pense que ce sont des femmes qui ont ces mensurations-là, et qu'elles les ont toujours eues... On ne passe pas d'un 44 à un 32... Mais je pense cependant que ces silhouettes longilignes forcent le trait et passent du 36 au 32. Ce qui me fait le plus rire, c'est qu'au jour d'aujourd'hui on s'acharne sur les tailles 36... Je fais moi-même une taille 36, et je suis loin des mensurations mentionnées dans le mannequinat. J'ai fait du 34... Et je m'en suis rapproché, mais ces jeunes femmes, sont plus proches du 14 ans, que du 36. Je trouve ça effrayant que les diktats de la mode soient aussi peu réalistes. Je comprends la dimension artistique, mais on parle au finale de vêtements, et à la question "Ces vêtemets sont-ils faits pour être portés ?" Il me parait évident que la réponse est négative, sinon ils seraient portés par des femmes aux mensurations "normales", "communes" et non par des cintres, non par des femmes aux mensurations de petits garçons.
Porte-manteaux ou icônes de mode, que pensez-vous du statut des mannequins ?
Les mannequins font rêver. Leur silhouette fascine, androgyne, comme venue d'un autre monde flotte sur les podiums, et leur spectre laisse les images résiduelles des volants, des dentelles de Galliano, cette impression rétinienne persistante des coupes de Donna Karan.
Regards fixes et sourires absents ou déhanché rythmé : si vous étiez directrice artistique d’un défilé, quel comportement leur demanderiez-vous d’adopter ?
Le modèle s'efface pour valoriser le vêtement. La démarche me semble encore parfois un peu trop voyante.