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Psycho
23/11/2004
Une brève histoire du rêve
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Messager des Dieux ? Expression de notre inconscient ? Mécanisme de formation de notre caractère ? L'histoire des rêves est millénaire et riche en rebondissements. En voici quelques grandes étapes. |
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SOMMAIRE |
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Des civilisations antiques au Moyen-Age Le rêve, message divin
La Bible, comme les auteurs grecs, sont pleins de rêves prophétiques : le songe est le moyen de prédilection des Dieux pour transmettre leurs souhaits ou leurs menaces aux humains. Déjà, on fait appel à des personnes "qualifiées", sybilles ou magiciens, pour interpréter correctement les rêves, auxquels on accorde beaucoup d'importance.
Du XVIe au XIXe siècle Rêver n'est pas jouer
Vive le rationalisme ! Dans cette ère marquée par les progrès scientifiques et philosophiques, le rêve, considéré comme un résidu de superstitions obscures, n'a plus de place. Tenu pour un déréglement passager et futile de la raison, il n'intéresse plus personne, sauf peut-être quelques romantiques qui voient en lui un état poétique (mais toujours dénué de sens).
1900 Le rêve, expression de nos désirs les plus secrets
A la fin du XIXe siècle, quelques précurseurs commencent à remettre en question les fonctions du sommeil. Mais la véritable révolution est celle de la psychanalyse, qui met le rêve au centre de sa nouvelle approche de l'esprit humain. En 1900, Freud publie L'Interprétation des rêves.
Son postulat : le rêve est la voie royale vers la connaissance de l'inconscient. Cette partie de nous que nous ne maîtrisons pas et qui renferme pulsions, sentiments, instincts, s'exprime à travers nos songes. Ce sont autant de messages qu'elle nous envoie pour nous exprimer nos désirs ou nos malaises secrets. Cette théorie renversante forme encore la base de la plupart de nos conceptions modernes du rêve.
1912 Les rêves ont-ils un langage à eux ?
Carl Jung, ancien disciple de Freud, élabore bientôt une théorie divergente, formalisée en 1912 par l'ouvrage Métamorphoses et symboles de la libido, qui le brouille définitivement avec Freud. Parmi ses théories les plus marquantes, la notion "d'inconscient collectif", qui fait du rêve le gardien d'archétypes ancestraux régulant l'espèce humaine, qui survivent à travers nos songes. Mais aussi l'idée que les rêves ont un langage propre : Jung récuse l'idée freudienne selon laquelle certains éléments ont la même signification quelque soit le rêve ou le rêveur, et pose que chaque rêve fabrique lui-même sa symbolique.
1958 Le rêve n'est pas le propre de l'homme
En 1958, le chercheur français Michel Jouvet fait une découverte fascinante : le rêve est lié à une certaine phase de sommeil, qu'il baptise "sommeil paradoxal", et qui existe chez tous les animaux à sang chaud, c'est-à-dire les oiseaux et les mammifères. L'homme n'est donc pas le seul à rêver. Le sommeil paradoxal introduit toute une série d'hypothèses neuves, dont l'idée que le rêve servirait à forger à chacun son individualité, en revivant ce que nous avons vécu et en nous préparant à nos futures actions. Néanmoins, Michel Jouvet reconnaît lui-même qu'on en sait encore très peu sur le sommeil paradoxal. L'histoire des songes a encore de beaux jours devant elle avant qu'on en découvre la clé définitive...
En savoir plus
Pourquoi rêvons-nous ? Pourquoi dormons-nous ?
de Michel Jouvet
Editions Odile Jacob, 120 pages,
15 €
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