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Psycho
08/04/2005

Idée reçue n° 5 : Les femmes sont maternelles

Gouzi-gouzi, areuh-areuh, voilà un langage dans lequel les femmes sont censées être bilingues... et que les hommes prétendent ne pas comprendre.

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Nous ne prétendrons pas résoudre dans ces lignes la grande question de savoir si, oui ou non, le sentiment nommé "instinct maternel" existe vraiment, d'emblée, chez toutes les femmes. Contentons-nous donc d'établir quelques constatations de bon sens.

Tout d'abord, le terme d'"instinct", pour désigner un sentiment chez un animal aussi évolué que l'être humain, n'est pas des plus appropriés. Ensuite, il est un fait que personne ne niera : les femmes portent l'enfant en elles ; à défaut d'avoir un instinct, elles ont forcément un cordon ombilical (vous savez, celui qui sera si dur à couper plus tard, lorsque le petit s'en ira de la maison). Pourtant, il fut une longue époque où les grandes dames mettaient leur orgueil à être assez peu mères, confiant leur bébé à des nourrices, de préférence à la campagne, loin de leur salon élégant.

A la fin du XVIIIe siècle, renversement de situation : Rousseau, dans son Emile, invente le concept de la bonne mère, de l'allaitement et de l'attachement familial. La génitrice attentive devient un idéal. La notion d'instinct maternel se développe au fil du temps au point d'englober non seulement les propres enfants de la femme, mais tout ce qui pourrait peu ou prou être materné ou maternable : les enfants de la voisine, les amis qui n'en peuvent mais, les "pauvres petits" à la télé et... le mari, bien sûr.

"T'es pas ma mère", grommelle-t-il, agacé, lorsqu'on lui reboutonne son col avant de sortir. Forcément : la meilleure, c'est maman, la vraie, la sienne, alors qu'on remballe vite notre propre instinct maternel, ou qu'on l'exerce sur notre progéniture à nous (qu'il trouve qu'on néglige un peu, justement). Et l'instinct paternel, alors ? Ca tombe bien, aujourd'hui que des associations de pères réclament le droit à la garde de leurs enfants, se plaignant que sous prétexte "d'instinct maternel" la juridiction examine rarement leurs droits, il serait temps d'examiner la question.

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