Femmes > Psycho >  Idée reçues > No 7 : Bavardes
Psycho
08/04/2005

Idée reçue n° 7 : Les femmes sont bavardes

Sois belle et... tais-toi. Mais qu'est-ce que les hommes ont contre les femmes qui parlent ?

  Envoyer à un ami Imprimer cet article  
SOMMAIRE

Pendant que Rodin créait le "Penseur", Camille Claudel, elle, travaillait aux "Causeuses". Vous voyez le tableau, pardon, la sculpture. Depuis la nuit des temps, on raconte que tandis que les hommes partent à la chasse, aux champs, au bureau ou au bistrot, les femmes restent à la maison et invitaient les voisines pour papoter tranquilles.

Et quand l'homme rentrait le soir, épuisé, taciturne, la femme parlait. Parlait. Parlait. Et s'indignait, en prime : "Pourquoi tu ne me parles jamais ?" Pourquoi, en effet ? Parce que la femme aurait besoin de parler pour évacuer le stress, tandis que l'homme préférerait se réfugier en son for intérieur. C'est du moins la théorie de John Gray, l'auteur milliardaire de Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus (voir notre page livres), qui explique avec de jolies métaphores : "Les hommes s'enferment dans leur grotte". Ah, bon... (Plus loin, le même auteur explique que la femme est la gardienne de la grotte, ce qui n'aide pas à éclaircir la situation, mais passons).

L'avantage féminin sur le langage serait aussi dû au fait que, entraînées plus jeunes à gérer des situations sociales (jouer à la marchande demande nettement plus de vocabulaire que jouer au foot), les femmes auraient dévolu à la parole plus de neurones que leurs compagnons. Mais cette supériorité supposée est paradoxalement la cause d'un préjugé méprisant : les femmes "piaillent" alors que les hommes utilisent leur temps de parole à parler de choses sérieuses et pragmatiques, autrement dit : les femmes "bavardent" et les hommes "discutent".

Dans son essai intitulé Les mots et les femmes (Payot, 2002), la linguiste Marina Yaguello a pourtant constaté formellement que dans une conversation, les hommes parlaient plus longtemps et... coupaient plus souvent la parole que leurs homologues féminines. La parole est en effet aussi un enjeu de pouvoir. Et nombreux sont les cas où la parole des femmes, la vraie, est encore trop peu entendue...

Suivant : Les femmes ont un métabolisme différent


Magazine Psycho Envoyer Imprimer Haut de page
[an error occurred while processing this directive]
Votre avis sur cette publicité

Sondage

Pour prendre une décision importante, vous :

Tous les sondages