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17/11/2006
La psychogénéalogie déterre les secrets de famille
Echecs amoureux, douleurs chroniques, maladie, problèmes professionnels... Et si vos ancêtres étaient responsables de vos difficultés ? La question peut paraître saugrenue. Pourtant, la thèse selon laquelle le vécu de nos aïeux influence notre existence a le vent en poupe. Cela s'appelle la psychogénéalogie. Se réconcilier avec ses ancêtres Films, reportages, sites Internet, ouvrages... Depuis quelques temps, la société se recentre sur la famille, dernier rempart contre l'individualisme et l'insécurité. La psychogénéalogie s'inscrit dans cette tendance du retour aux sources, de l'attachement à ses racines. Popularisée durant ces trois dernières années, cette technique thérapeutique utilise, comme son nom l'indique, la généalogie. Nos troubles psychologiques, blocages et autres difficultés personnelles pourraient provenir de nos ascendants. Par exemple, un homme qui rejette toute idée du mariage a peut-être un arrière grand-oncle dont l'épouse est morte le jour de leurs noces. Ainsi, les traumatismes seraient transmis inconsciemment de génération en génération. On parle alors d'inconscient familial. Secrets, tabous et vieilles histoires de famille cachées régiraient notre existence malgré nous ! Les identifier et les révéler devraient permettre de s'en libérer. C'est Anne Ancelin-Schützenberger, psychothérapeute, qui a développé cette approche de la psychologie dans les années 1980. L'ensemble de ses travaux sur le sujet est synthétisé dans son ouvrage "Aïe, mes aïeux !", devenu aujourd'hui un best-seller dans le monde entier. On lui doit le "génosociogramme", un arbre généalogique qui récapitule les événements marquants de la vie de chaque ascendant (décès, accidents, inceste, mariages, naissances, maladies...) sur plusieurs générations. Cet outil met en évidence les coïncidences et phénomènes de répétition. Anne Ancelin-Schützenberger les appelle les "syndromes d'anniversaire". Pour reconstituer cet arbre, le patient doit mener l'enquête. Voilà donc pourquoi votre cousine Gertrude assaille votre grand-mère de questions lors des réunions de famille ! Bien souvent, ce petit travail d'investigation ne suffit pas à compléter toutes les branches. Etat civil, registres et autres services d'archives permettent ensuite d'étoffer les recherches. Des approches variées
L'étude généalogique, qui permet la compréhension, est ensuite accompagnée d'un travail thérapeutique, en séances individuelles ou en groupe : exercices avec le corps, analyse des rêves, art-thérapie... La psychogénéalogie est pratiquée par des psychothérapeutes spécialisés. Si la plupart de ces professionnels utilisent la technique du "génosociogramme", de nouvelles méthodes de travail ont fait leur apparition, accompagnant l'essor de la psychogénéalogie. Ainsi, l'association messine Antecessor propose des consultations à domicile, en famille. Le psychanalyste allemand Bert Hellinger développe quant à lui la méthode de "psychogénéalogie et constellation familiale". Le principe ? Organiser une séance de simulation lors de laquelle quelques personnes incarnent des membres clefs de notre famille, et jouent le scénario de votre histoire. Cette petite mise en scène est supposée vous libérer du poids du secret familial. Toutefois, une question reste sur toutes les lèvres : comment une histoire du passé, bien souvent ignorée ou oubliée de tous, peut-elle être transmise de génération en génération ? Actuellement, aucun élément scientifique (physiologique, psychologique ou neurologique) ne peut expliquer un tel phénomène. Pourtant, d'aucuns se risquent à évoquer une mémoire génétique ou cellulaire. Notre histoire familiale serait-elle inscrite dans notre génome ? Trouver un psy spécialisé » L'association Antecessor, 19, place de Chambre, 57000 Metz - 03 87 36 92 89 » L'ARBRE, 43, rue des Francs Bourgeois, 75004 Paris - 01 40 29 40 44
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