Pourquoi avoir fait le choix de ne pas être mère ?
Je ne sais pas si l'on peut appeler cela un "choix". En fait je n'en ai jamais éprouvé le besoin ou parfois de manière très fugace vite estompée par les contraintes que cela suppose. De plus je crois que l'adage "petits enfants petits soucis, grands enfants grands soucis" influence précisément ma perception des choses. J'ai travaillé en psychiatrie, je mesure la détresse des familles, lorsque l'on a un enfant malade. Il peut également s'agir de situations moins dramatiques. C'est pour moi une contrainte. J'ai surtout besoin d'être libre comme l'air, de ne rien devoir à personne. J'ai besoin de vivre et pas survivre. C'est tout.
Comment le vivez-vous ?
Il n'est pas toujours facile de le vivre sereinement. C'est le regard de la société qui pèse parfois lourd. Les schémas d'une vie épanouie proposent des cadres (quoi qu'on en dise) très sélectifs. Au travail, au milieu d'une équipe de femme, il faut pouvoir assumer la non-maternité surtout lorsqu'il n'est question que de sujet autour de la famille.
Comment vous accomplissez-vous ?
Ma liberté, mes horaires et mes activités choisis, mes temps savoureux de repos, le sport, la musique, le fait de ne pas courir après la montre (hormis pour le travail), d'avoir un minimum de dépendance affective, de ne pas être fatiguée par des cris, des conflits familiaux usants, cela me permet réellement de me réaliser en tant qu'être. J'ai aujourd'hui 45 ans et ma vie, j'ai cru un moment qu'il était nécessaire d'être mère pour être un être humain total, je sais qu'il n'en est rien. C'est vraiment culturel cette affaire de la maternité.