En classe, prendre la parole était un vrai supplice. Plus tard, vous rougissiez dès qu’un jeune homme vous demandait l’heure… La timidité vous a handicapé pendant des années mais vous avez réussi à dépasser vos craintes pour aller vers les autres. Racontez-nous.
A quel point étiez-vous timide ? Dans quelles
circonstances particulières cela vous handicapait-il ?
J'appréhendais chaque moment où j'allais devoir m'adresser à quelqu'un. Résultat : je bégayais, je rougissais et tout le monde voyait que j'étais mal à l'aise, ce qui augmentait encore mon trouble. J'en étais au point d'hésiter à aller faire mes courses car j'allais devoir dire quelques mots à la caissière !
Quelle a été votre méthode pour vaincre cette
timidité ? Combien de temps cela vous a-t-il pris ?
J'ai réalisé que ce problème me pourrissait la vie et qu'il risquait de m'empêcher de faire énormément de choses, comme voyager, faire des études ou trouver un travail intéressant. A partir de ce moment, j'ai décidé que je n'en avais plus rien à faire de l'opinion des gens et je me suis forcée à ne plus éviter les occasions de m'adresser à eux. Qu’ils me prennent pour une idiote qui ne sait pas aligner deux phrases, tant pis, moi je savais que je valais bien mieux que l’idée qu’ils se faisaient de moi. J’ai fini par m’habituer à parler aux autres et à ne plus me poser de questions. Terminés les fards et les bégaiements !
Aujourd’hui, diriez-vous que vous êtes pleinement
épanoui ? Que faites-vous que vous n’auriez jamais pu faire il y a
quelques années à cause de votre timidité ?
Aujourd’hui j’ai surmonté ce qui m’empêchait de faire de nombreuses activités. J’ai voyagé seule plusieurs fois, j’ai fait des études supérieures et j’ai même exercé un travail qui consistait en bonne partie à donner des renseignements ! Cela dit, il me reste quand même un fond de timidité qui revient si je n’y prends pas garde. Je dois toujours combattre une tendance naturelle à éviter les contacts mais au moins, maintenant, je sais exactement de quoi je suis capable en la matière.
Catherine
La plupart des femmes qui témoignent parlent de la timidité au passé, pour moi la période la plus dure était celle de la petite enfance, j'étais vraiment très timide : il m'était très difficile de dire bonjour aux gens, comme le font normalement presque tous les enfants, impossible d'acheter seule une baguette de pain et toujours dans les jupes de ma mère, très peu d'amies. Avec le temps et pour ma part avec les "claques" de la vie, cette timidité s'est transformée en manque de confiance en moi et je peux dire que cela a gâché ma vie : professionnelle et personnelle, je n'ai pas fait les études que je voulais, j'ai fait les mauvais choix en ce qui concerne les hommes et je ne sais pas m'imposer en règle générale, finalement c'est un handicap et je n'ai pas trouvé de recette miracle pour me sentir mieux et avoir vraiment confiance en moi... Je voudrais dire bon courage à celles qui partagent ce sentiment...