En classe, prendre la parole était un vrai supplice. Plus tard, vous rougissiez dès qu’un jeune homme vous demandait l’heure… La timidité vous a handicapé pendant des années mais vous avez réussi à dépasser vos craintes pour aller vers les autres. Racontez-nous.
A quel point étiez-vous timide ? Dans quelles
circonstances particulières cela vous handicapait-il ?
J'étais timide et je pense qu'on le reste toujours un peu même si on ne rougit plus... C'était handicapant et c'est à l'adolescence que cela a commencé et cela a empiré avec quelques kilos superflus ! J'avais l'impression que l'on me regardait, que l'on sentait ma gène et je pouvais rougir. Puis, comme l'on craint de rougir, on rougit, même si on ne nous parle pas et même si on ne prend pas la parole. C'est l'horreur ! Alors une réflexion ou un compliment et c'est parti pour un tour...
Quelle a été votre méthode pour vaincre cette
timidité ? Combien de temps cela vous a-t-il pris ?
Je n'ai pas eu de méthode à proprement parler ; j'ai rencontré mon mari (après des "flirts") à l'âge de 18 ans, alors que j'étais ronde mais nous avons beaucoup discuté sauf de cela ! J'ai donc un peu oublié mon physique puisque quelqu'un de bien s'intéressait vraiment à moi pour ce que j'étais... Nous nous sommes fiancés un an après puis mariés l'année suivante. J'ai eu un petit garçon et après ma grossesse, j'avais retrouvé ma ligne "d'avant" immédiatement. Ca a été miraculeux ! Idem d'ailleurs avec la naissance de ma fille... Au fil des années, j'ai pris de l'assurance, j'étais beaucoup mieux dans ma peau, je réussissais ma vie et j'ai pris sur moi pour aller de l'avant, vers les autres en prenant mon courage à deux mains...
Aujourd’hui, diriez-vous que vous êtes pleinement
épanoui ? Que faites-vous que vous n’auriez jamais pu faire il y a
quelques années à cause de votre timidité ?
Aujourd'hui, je suis la mamie de cinq petits-enfants, je me suis "arrondie" de nouveau mais je suis à l'aise et bien sûr je ne rougis plus depuis longtemps. Je suis épanouie dans ma vie (dont le bilan est très satisfaisant), en laissant bien derrière moi ce handicap qui m'empêchait d'avancer normalement. Je me souviens, j'avais une trentaine d'années, j'ai donné des cours de cuisine à des enfants. A la fin de l'année, à l'occasion d'un spectacle où les animateurs étaient mis à l'honneur, j'ai pris le micro pour remercier devant un public et cela s'est très bien passé ! Mais je le redis, je me suis beaucoup forcée pour en arriver là ; je me donnais des défis : par exemple, je me disais "demande l'heure" ou "demande ton chemin"... Et ça a bien fonctionné. Je ne regrette pas ces rougeurs qui ont été un mal pour un bien et m'ont certainement données encore plus envie d'avancer !
Lydie
Je vous comprends tout à fait pour avoir souffert des mêmes problèmes: la timidité, l'impression d'être la plus nulle des nulles, la plus grosse de toutes les classes.Aujourd'hui j'ai 47 ans et je viens de me lancer un défi: revoir un ancien camarade de classe perdu de vue depuis plus de 30 ans.Je ne sais pas ce qu'il pensait de moi à l'époque, probablement pas grand chose. A ce moment là, j'étais bien incapable de lui adresser la parole et je l'ai toujours regretté. Mais ce défi, je suis bien décidée à le gagner pour enfin m'assumer pleinement pour ce que je suis...
Delphine
Ce portrait pourrait tout à fait être le mien sauf que j'ai 24 ans et que je n'ai toujours pas réussi à résoudre ce problème qui me pourri la vie. Bien sûr j'ai évolué depuis le l'adolescence où je me cachais pour que l'on ne me voit pas rougir, mais il reste là et je me demande si je pourrai un jour m'en débarrasser. Mais ce témoignage me prouve que c'est possible, j'espère que j'y arriverai aussi