En classe, prendre la parole était un vrai supplice. Plus tard, vous rougissiez dès qu’un jeune homme vous demandait l’heure… La timidité vous a handicapé pendant des années mais vous avez réussi à dépasser vos craintes pour aller vers les autres. Racontez-nous.
A quel point étiez-vous timide ? Dans quelles
circonstances particulières cela vous handicapait-il ?
Quand j'étais jeune, j'avais peur de parler en public, à l'école, je restais à l'écart dès qu'il y avait un groupe, j'avais toujours l'impression d'être inintéressant, en trop.
Quelle a été votre méthode pour vaincre cette
timidité ? Combien de temps cela vous a-t-il pris ?
J'ai réalisé que je ne pouvais pas continuer ainsi, que cela handicapait ma vie, j'ai aussi réalisé que j'idéalisais trop les autres, qu'il n'étaient pas mieux que moi, que c'est moi qui me dévalorisait trop. Et surtout, que personne n'est parfait et que j'avais droit à l'erreur, droit de me planter, que ce n'était pas grave. J'ai réalisé aussi que je voulais diriger ma vie et que les autres n'avaient pas à avoir autant de pouvoir sur moi, que je me créais des problèmes toute seule qui me gâchaient la vie. J'ai donc décidé de prendre la parole en un endroit ou je n'étais pas connue et où je ne reviendrai pas. J'ai donc parlé, sans doute à voix trop basse car on m'a fait répéter. J'ai recommencé en me sentant cramoisie, mais ce fut le début de ma guérison.
Aujourd’hui, diriez-vous que vous êtes pleinement
épanoui ? Que faites-vous que vous n’auriez jamais pu faire il y a
quelques années à cause de votre timidité ?
Oui, il y a toujours de temps en temps une timidité qui revient mais je la domine.
Marie-Paule
Bravo d'avoir réussi à surmonter votre timidité. Moi, à 54 ans, j'ai l'impression d'avoir raté ma vie car je me suis toujours dévalorisée, ce qui m'a empêchée d'obtenir une situation professionnelle convenable. Le jugement des autres m'est insupportable et je me mets toujours en situation d'infériorité. Je suis très susceptible et souvent malheureuse aussi en couple car je me rends compte que j'accepte d'être dominée. J'ai surtout vécu pour ma famille mais très peu pour moi-même