En classe, prendre la parole était un vrai supplice. Plus tard, vous rougissiez dès qu’un jeune homme vous demandait l’heure… La timidité vous a handicapé pendant des années mais vous avez réussi à dépasser vos craintes pour aller vers les autres. Racontez-nous.
A quel point étiez-vous timide ? Dans quelles
circonstances particulières cela vous handicapait-il ?
J'étais timide depuis ma plus tendre enfance. En classe je n'osais pas participer. Mais ce que je n'approuvais pas, c'est que les gens en rajoutaient en disant dès qu'ils voyaient que je baissais la tête ou que je n'osais pas répondre: "Oh, qu'elle est timide!" C'est dans ces circonstances-là, précisément, que j'avais l'impression que les gens voulaient absolument me coller cette étiquette, que la timidité était tellement en moi que je ne pourrais rien y faire. Comme si c'était quelque chose que je ne pourrais jamais changer.
Quelle a été votre méthode pour vaincre cette
timidité ? Combien de temps cela vous a-t-il pris ?
Je ne crois pas avoir eu de méthode particulière, seulement, c'est peut-être vers la fin de l'adolescence et le début de l'âge adulte que j'ai pris un peu plus confiance en moi, notamment dès l'entrée au lycée et dès que j'ai eu compris que, bientôt, je rentrerais dans la vie active et donc qu'il fallait faire tomber ses barrières.
Aujourd’hui, diriez-vous que vous êtes pleinement
épanoui ? Que faites-vous que vous n’auriez jamais pu faire il y a
quelques années à cause de votre timidité ?
Aujourd'hui, je peux dire que ça va mieux, mais l'épanouissement total n'est pas vraiment là non plus. J'arrive aujourd'hui à me défendre verbalement si quelqu'un tente de me faire des réflexions désagréables, je défends mes arrières (mon fils par exemple) si une personne lui jette un mauvais regard ou lui fait une réflexion qui n'a pas lieu d'être. Et je dois dire même que, parfois, je ne me reconnais pas dans ces moments-là. Mais cela soulage drôlement de pouvoir s'affirmer.