Femmes > Psycho > Contributions > Vous êtes trop gentille ?

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Toujours prête à rendre service, à dire du bien des autres, à prêter une oreille attentive aux copines dépressives… Vous êtes une vraie gentille, plein de compassion. A tel point que certains vous prennent pour une « bonne poire » et en abusent ?

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 La gentillesse n'est pas érotique  

Dominique , Paris

Comment se caractérise votre gentillesse ?

Dans tous mes actes je fais effort de gentillesse. Je mets un point d'honneur à me dépasser par cet effort discret. Ce n'est valable à mes yeux que si on ne le fait pas remarquer à son entourage. C'est l'élégance du coeur.

Qui en abuse et de quelles façon ?

Les aveugles et les profiteurs, enfants comme adultes, sont nombreux et lâches. Une fois la gentillesse engloutie, nul retour n'est à attendre. De son compagnon surtout, ne pas espérer que la quotidienne gentillesse à son égard retombera en pépites d'or sous la couette. La gentillesse n'est pas érotique. Une vacherie, une provocation, une bandrille piquante sont bien plus excitantes. Qu'en pensez-vous messieurs ? Bobonne ou garce ?


Quels problèmes cela vous pose-t-il et comment tenter vous de les gérer ?

Aplanir tous les problèmes de mes proches, par conviction que la gentillesse doit faire partie de ma ligne de conduite se retourne contre moi. La gentillesse n'est pas sexy, ce sera un souvenir de moi après ma mort, "elle faisait ci et ça, comme elle était gentille".
Gérer ma gentillesse s'est s'attaquer à un pan de ma personnalité spontanément altruiste et généreuse, je suis heureuse d'offrir le cadeau d'efforts de gentillesses dans la rue ou bien chez-moi, convivialement ou amoureusement.
Mais "l'autre" est un vampire assoiffé de gentillesses confortables et il ne demande rien, ne veut pas avoir de dettes, ne se sens pas ingrat. Il faut le savoir.


Publié le 30 avril 2009

Yves
Je suis très touché par tous ces témoignages, vous avez bien lu, touché, car je suis homme et me reconnais parfaitement dans ces attitudes. Habitué par une éducation stricte et chrétienne à respecter l'autre en muselant systématiquement mes envies, ressentis et même besoins, prévenant, aux petits soins, façonné pour être toujours d'accord en façade même quand ça bouillonne en profondeur, j'ai fini par vivre secrètement une espèce de haine sournoise, profonde et tenace contre ceux qui en profitent.
C'est toujours le même qui donne, son temps pour aider à déménager, à repeindre un appart, prêter quatre sous qui sont vite oubliés par l'obligé, écouter deux heures l'amie maltraitée par son chéri, donner une consultation juridique gratuite le soir... Et tout cela au détriment de mes plus proches: à force de m'oublier pour d'autres, je sacrifie ceux que j'associe inconsciemment et sans les consulter, ce qui fait des dégâts.

Pour revenir à la couette, effectivement cette attitude très prévenante ne vaut pas grand chose, car venir systématiquement au devant des désirs de l'autre la dispense d'un minimum de participation puisqu'elle a son pied facilement, l'égoïsme s'épanouit rapidement et l'oubli de la présence active de l'autre avec. Rien à demander, c'est tellement plus confortable !
Quant à nous qui n'osons pas ou ne savons pas demander et attendons de l'autre des attentions en symétrie avec la nôtre, peine perdue... Frustration et aigreur garantie !
Quelques idées d'évolution ? Apprendre à demander, apprendre à dire non, dur dur ! Je viens de lire deux livres qui m'ont ouverts les yeux:
"cessez d'être gentils, soyez vrais" par Thomas d'Ansenbourg ? , et surtout, un livre en 2 tomes écrits pour les femmes par une femme, et qui m'a traversé comme un électrochoc tant il est percutant: "ces femmes qui aiment trop" de Robin Norwood (j'ai lu bien-être): beaucoup pour nous comprendre et permettre d'évoluer. Bonne chance, (et je ne désespère pas totalement de tomber un jour sur une gentille ! )
Anouk Mormal
Bonjour, je suis aussi une gentille par nature et comme vous, je suis frustrée que tout le monde en profite sans la moindre reconnaissance et trouve cela normal. J'ai pris conscience de cet état trop tardivement. Je n'avais plus l'impression de vivre pour moi mais uniquement pour les autres. Je tente de renverser un peu la vapeur en étant un peu plus égoïste. C'est contre ma nature mais c'est une question de survie donc je me force. Soyez un peu égoïste et essayez de dire non ou de gagner du temps pour préparer votre réponse avant de dire systématiquement oui, alors que cela ne vous arrange pas, votre entourage s'en accommodera petit à petit et vous respectera plus
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