Pourquoi avoir fait le choix de ne pas être mère ?
Mon horloge biologique n'a jamais sonné l'alarme et je n'ai jamais éprouvé de tendresse ou d'attirance particulière pour les jeunes enfants. Pire, je ne supporte pas les cris des petits au restaurant, ni les caprices au supermarché. Plus je vieillissais, plus la certitude de ne pas vouloir d'enfant s'enracinait en moi. Par égoïsme sans doute, je vis une relation fusionnelle depuis 22 ans avec le même homme et je ne suis pas sûre qu'un enfant aurait trouvé sa place. Mais aussi par respect, l'idée d'un enfant grandissant dans le monde actuel me fait horreur. Quelques problèmes d'ordre "mécanique" ont renforcé l'idée que je n'étais pas destinée à devenir mère et recourir à des méthodes telle que la fécondation in-vitro me semblait ahurissant : tant d'enfants dans le monde sont orphelins !! Aujourd'hui je porte un regard sévère et très critique sur les autres, les "mères" qui agissent par pur égoïsme, qui satisfont un besoin primaire sans se poser trop de questions, sans remettre en cause l'héritage judéo-chrétien toujours à la base de nos modes de fonctionnement. Je prétends même que certaines femmes donnent ainsi un sens à leur existence, justifient leur rôle "utile" dans la société, repoussent la mort, cette ennemie invincible en donnant la vie. Mais combien sont-elles aujourd'hui à élever seules, par choix ou par mauvais calcul, un ou des enfants, à pleurer le soir venu recroquevillées au fond du lit froit, s'efforçant le jour suivant de nous persuader que le sourire d'un enfant vaut tous les sacrifices ?
Comment le vivez-vous ?
Dans mon cas ne pas vouloir d'enfant signifie aussi ne m'imposez pas votre façon de vivre. Je ne suis pas dans la "norme" et je le revendique. Je suis très fière car j'avais des convictions à 20 ans que je n'ai jamais reniées. Bien sûr mon vécu a interféré sur mes prises de position mais je suis restée fidèle à moi-même. J'ai la chance de vivre comme je l'entends, c'est un luxe que beaucoup m'envient et dont j'abuse avec délectation. Quant à ceux ou celles qui ont tenté de me culpabiliser, je les ai ignorés ou déstabilisés.
Comment vous accomplissez-vous ?
Je m'efforce d'écouter l'autre et de l'aider si je peux. Je suis très proche de mes neveux et nièces. Les ados en général m'apprécient. J'essaie de participer à toutes les actions qui visent à améliorer notre monde avec une attention très marquée pour les animaux que ce soit par le don, la parole ou l'engagement. Je suis heureuse, j'ai trouvé mon équilibre.