Timidité, anxiété, complexes ou passage d'un cap difficile : on a parfois besoin de l'aide d'un spécialiste. Vous suivez ou avez suivi une psychothérapie, psychanalyse, TCC, PNL ?..
Quel type de thérapie avez-vous suivi ? Pourquoi ?
Pendant 5 ans et encore maintenant, j'ai vu un psychiatre pour une thérapie de type analytique 1 fois par semaine. J'avais des rapports infernaux avec mes proches, j'étais paralysée par des angoisses que je ne comprenais pas, mes histoires d'amour ont toujours échoué. Puis quand ma mère est morte puis mon père, je me suis retrouvée comme une enfant sans moteur, une marionnette sans fil. Je n'avais pas d'autre choix que d'essayer de comprendre, de trouver...
Qu'est-ce que cela vous a apporté ?
Réaliser que la vie que j'ai eue n'était pas la mienne. J'avais pris sur mes épaules la réalisation du bonheur de ma mère (sic !) et tout ce que j'ai mis en place, ça a été pour créer l'univers idéal pour elle (inconsciemment). Mon compagnon représentait le mari idéal (âge, situation, intellect, sensibilité), le père idéal pour notre fils qui est né de notre relation (idéal pour moi?), et notre fils tenait le rôle du fils idéal (beau, intelligent, avec un père parfait et une famille idyllique). Voilà le scénario que j'ai mis en place à mon insu pour ma mère. Au bout de 5 ans de thérapie, j'ai réalisé que mon moteur de vie n'était pas le mien, je suis bien avec moi-même maintenant mais avec une vie qui ne me correspond pas. Je suis mal car je me retrouve à 47 ans comme j'aurais dû l'être à 20 ans avec des rêves qui me sont propres, des ambitions personnelles et je dois faire le deuil d'une vie que je n'ai pas eue et que j'aurais aimé avoir, une vie dont l'envie et le choix me viennent maintenant que tout est éclairci : des années de mariage et de complicité avec un homme et plusieurs enfants. J'ai tout à faire maintenant pour moi vraiment et je n'ai plus 20 ou 25 ans. La thérapie était indispensable car je n'avançais plus mais je suis mal de m'être trouvée car je suis en décalage avec la vie qui est en place pour moi, rien ne m'y correspond, travail, relations, lieu de vie et c'est plus difficile de construire autre chose à mon âge. La séparation d'avec ma mère arrive maintenant et je me sens perdue, très seule avec la pression de l'horloge du temps passé et qui passe pour retrouver des amitiés vraies, des amours sans ombre, une vie qui soit vraiment la mienne.
Georgette
Sachez, Catherine, que votre désarroi est temporaire. Avec l'aide de votre thérapeute, vous pouvez peu à peu construire une nouvelle vie. À 47 ans, rien n'est encore perdu. J'ai 73 ans et termine une thérapie psychanalytique de 5 ans, je me suis enfin retrouvée. Certaines douleurs restent, mais j'ai appris à les gérer. Je vous souhaite courage et persévérance