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Timidité, anxiété, complexes ou passage d'un cap difficile : on a parfois besoin de l'aide d'un spécialiste. Vous suivez ou avez suivi une psychothérapie, psychanalyse, TCC, PNL ?..
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Quel type de thérapie avez-vous suivi ? Pourquoi ?
Bonjour,Je témoigne ici pour une amie à moi, qui a été victime d'abus sexuels et physiques dans son enfance. Ce n'est qu'à 12 ans qu'elle a pu s'en éloigner, après une tentative de suicide qui n'a malheureusement pas assez alerté la ddass qui s'occupait d'elle pour qu'une enquête soit lancée... Après tout cela, pendant des années, elle s'est efforcée de faire une croix sur son passé, et de tout garder en elle... Malheureusement, le poids du passé est très lourd. Elle a fini par réussir à parler, à la trentaine, après ses 28 ans comme un grand nombre de victimes. Je dis "après ses 28 ans", car cet âge a de l'importance: à l'époque, il y avait prescription pour les abus sexuels commis sur les mineurs lorsque la victime atteignait 28 ans. Depuis, la réalisation du fait qu'un grand nombre de victimes ne réussissent à parler qu'après cet âge-là, a fait passer l'âge de la prescription à 38 ans. Mais, pour mon amie, c'était trop tard... La loi n'est pas rétroactive ! La prescription a de nombreuses conséquences: légale, bien entendu, mais aussi une conséquence terrible pour les soins... Si on est une victime en attente de procès, quelques structures permettent d'avoir un suivi psychologique, mais si ce n'est pas le cas, rien n'est prévu. L'abus, dans le cas de mon amie, est avéré, tellement avéré que le procureur de son lieu de résidence a tenu à ouvrir une enquête, en dépit de la prescription, même en sachant que la sanction finale serait "affaire classée pour cause de prescription" (ce qui a été le cas). Les traces physiques et psychologiques sont là. Tout est là, mais, légalement, elle n'a pas droit à un procès, et psychologiquement, elle doit subir une double peine : pas de soins gratuits pour elle, et les psychologues sont chers et non remboursés... Sa thérapie, c'est donc un psychiatre, un quart d'heure, tous les mois... Il existe des psychologues spécialisés en victimologie, mais ils sont rares... Et ne sont pas remboursés, pas plus que les autres psychologues. Mon amie, après une vie active qui a duré plus de 10 ans, a été obligée de s'arrêter, car elle est désormais invalide à 80%. Avec sa pension, elle ne peut se payer le psychologue. Que faire alors ? Je sais que mon témoignage n'est pas exactement un témoignage sur la thérapie suivie, puisqu'il s'agit plutôt d'un témoignage de "non thérapie", pour mon amie bien sûr, mais pour toutes les victimes qui sont dans son cas... Pour toutes ces victimes, pour faire changer les choses, et pour montrer aussi à mon amie que l'on pense aux victimes en-dehors, dans la société, nous avons mis en place une pétition. Si d'ailleurs vous êtes intéressés, je vous donne le lien:www. Mesopinions. Com

Qu'est-ce que cela vous a apporté ?
Nous nous battons pour que la prescription, qui aujourd'hui touche encore pas mal de victimes, ne soit pas aussi synonyme d'absence de soins psychologiques appropriés !

Publié le 19 novembre 2007

Annie Poncet
Votre témoignage est bouleversant et je souhaite d'abord vous encourager pour votre combat. Vous avez raison de souligner que la prescription est sans doute légitime au bout d'un certain temps pour les coupables mais qu'elle ne doit pas faire oublier les victimes, leur besoin de soins sinon de réparations.

Par ailleurs,
sans que cela ne relativise en rien votre combat, je signale qu'il est toujours possible de s'adresser à un Centre Médico Psychologique qui est généralement gratuit, souvent surchargé hélas
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