Zone Téléchargement ws : un retour manifeste, mais les concurrents restent vigilants

La nouvelle adresse en .ws de Zone Téléchargement lui a-t-il permis de relancer son activité illégale ? Le site se remplit à nouveau, mais les sites concurrents restent sur leurs gardes.

[Mis à jour le 10 janvier 2017 à 10h50] Il y a du mouvement dans le monde des sites de téléchargement illégaux. Le site spécialisé Fredzone.org nous apprenait il y a quelques jours que le site Extreme-Down avait décidé de changer de nom de domaine, les administrateurs étant possiblement inquiets de poursuites judiciaires, un mois après la fermeture de son concurrent Zone Téléchargement. Fredzone indique qu'il s'agit d'une manière d'éviter que les autorités ne saisisse le domaine en question et de rendre les procédures judiciaires plus complexes pour les ayant-droits.

Autre information de poids : Zone Téléchargement semble bel et bien de retour. À première vue, seuls deux changements sont notables : une nouvelle adresse, "zone-telechargement.ws" (enregistrée dans les îles Samoa et ce n'est pas hasard, compte tenu de la législation du pays en matière d'hébergement), et un nouveau protecteur de liens, "dl-protecte.com" (un "e" a été ajouté). Autre nouveauté ; la multiplication des liens conduisant à des pages d'avertissement d'infection de l'ordinateur, des liens vers de faux jeux ou sites d'achat, très certainement des url malveillantes.

Un faux retour, une fausse alternative ?

Mais si la plateforme de téléchargement illégal est de nouveau accessible, le contenu est encore loin d'être au rendez-vous. D'après Phonandroid, il souffrirait de quelques manques dans la rubrique consacrée aux animes. Le Monde ajoute que le catalogue est "très limité" et que le site, "très lent", regorge de nombreux liens inactifs. Ce qui agrémente la thèse d'un vrai faux retour de Zone Téléchargement.

Le site spécialisé Numerama prévient en effet qu'il est peu probable que le nouveau site soit en ligne à l'initiative des anciens administrateurs, arrêtés par la gendarmerie fin novembre. Ceux qui signent leurs messages des mots "Staff ZT" seraient des internautes futés qui espéreraient reprendre le juteux business de la plateforme de téléchargement en créant un clone.  Au moment de sa fermeture, Zone Téléchargement était le 15e site le plus visité en France...

Des messages d'annonce sur Facebook

Le fameux "Staff ZT" avaient annoncé quelques jours après la fermeture de Zone Téléchargement sur leur page Facebook - qui n'est pas officiellement celle du site pirate : "Nous avons décidé de reprendre les choses en main. Ce nouveau adress Zone-Telechargement.ws (sic) a la même vocation que l'ancien, réunir des passionnés, vivre de partage et profiter de culture et d'arts car aujourd'hui s'offrir un DVD est un luxe". Et d'ajouter : "Ne laissons plus l'injustice s'installer ! En restant soudés, nous montrons notre force et notre légitimité !". Il semble que le "Staff ZT" avait le projet de faire renaître la plateforme dès sa fermeture. Sur la nouvelle adresse, les quelques lignes annonçant la nouvelle ont été publiées le 8 décembre. Ce même jour, un message sur Facebook prévenait les utilisateurs que l'équipe de Zone Téléchargement essayait de "récupérer la base de données" sur la nouvelle adresse se terminant par .ws. Il faut toutefois savoir que les véritables administrateurs du site pirate n'ont jamais eu l'habitude de communiquer sur les réseaux sociaux...

Une intervention de la gendarmerie pour fermer Zone Téléchargement

Le 28 novembre, le site Zone Téléchargement était fermé par la gendarmerie. Sept personnes avaient été interpellées, dont trois placées en garde à vue à Toulouse, dans les locaux de la section de recherches. La gendarmerie avait estimé le préjudice subi par les ayants droit, dont les contenus étaient mis à disposition des internautes gratuitement, à 75 millions d'euros. Jusqu'à sa fermeture, le site pirate comptabilisait en moyenne 11 000 visiteurs par jour. Les internautes avaient d'ailleurs cru à un premier retour, quelques heures après la fermeture. Si le site était toujours en ligne, le système DL-Protect, permettant de sécuriser les liens, ne fonctionnait pas. Cette fois, il semblerait que Zone Téléchargement soit revenu pour de bon.

Les deux personnes arrêtées en novembre et placés en détention provisoire sont Thibault F., administrateur du site, et Wilfrid D. qui s'occupait du volet technique. Etudiants en informatique, ils sont tous les deux âgés de 24 ans et sont originaires de Toulouse. L'avocat des deux suspects, Simon Cohen, a estimé dans un entretien au Monde que "ce ne sont pas Thibault et Wilfrid qui ont créé le préjudice, ce sont les utilisateurs". "Va-t-on tous les mettre en prison ?", a-t-il demandé. Il a également appelé à "apporter une réponse judiciaire graduée" et à "'judiciariser' réellement les infractions quand elles sont avérées".

En vidéo -  La gendarmerie nationale a annoncé le 28 novembre la fermeture du site illégal Zone Téléchargement :

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