Telegram : 10 questions qui se posent sur "l'application des jihadistes"

Telegram : 10 questions qui se posent sur "l'application des jihadistes" Régulièrement citée comme le discret outil de communication des groupes jihadistes, l'application Telegram souffre d'une mauvaise réputation. Pourquoi l'ont-ils choisi? Comment fonctionne-t-elle? Est-elle aussi sécurisée qu'elle le prétend ? Explications.

L'application Telegram est souvent citée dans le cadre d'un attentat perpétré par des membres ou des adeptes d'une organisation terroriste (Etat Islamique, Al-Qaida, etc). Elle permettrait à ses utilisateurs de défier toute surveillance en échangeant des messages de façon ultra-confidentielle. A la fois disponible sur ordinateur ou mobile, l'application lancée en 2013 compte plus de 100 millions d'adeptes. Fondamentalement, Telegram propose les mêmes services que Skype, Facebook Messenger, iMessage ou FaceTime. Son principal atout pour les sympathisants et les membres de Daech, et ce qui lui confère toute l'antipathie des services de renseignement, c'est le fait qu'elle propose le chiffrement des discussions. Autrement dit, il est théoriquement impossible de lire le contenu des échanges. C'est pour cette raison que les cadres de l'organisation Etat Islamique plébiscitent son utilisation. C'est également pourquoi les gouvernements (et notamment la France, via la loi sur le Renseignement), cherchent à obliger les services de communication chiffrés à leur donner une clé d'accès pour pouvoir lire les message en "clair".

Telegram dispose d'un autre atout : il est possible de créer des groupes de discussion ou des chaînes diffusant un fil d'information. C'est par ce biais qu'Adel Kermiche, l'un des deux terroristes qui ont assassiné le prêtre Jacques Hamel dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray le 26 juillet, a annoncé ses intentions. L'application permet également d'envoyer des fichiers (son, vidéos, documents). C'est aussi via Telegram que les recruteurs opèrent.

Le chiffrement en option

Toutefois, malgré la réputation de protection des échanges qui lui est conférée, Telegram est loin d'être l'outil de communication ultra-sécurisé idéal. D'abord, le chiffrement est une option qui n'est pas activée par défaut. De fait, par méconnaissance, elle n'est pas forcément utilisée par les sympathisants de Daech. Ensuite, les chaînes sont accessibles via des liens internet qui ne sont pas sécurisés ni chiffrés. Les dénicher n'est pas simple, mais pas impossible. Enfin, depuis quelques mois, l'éditeur s'est lancé dans une grande opération de nettoyage pour éliminer les groupes et les chaînes liés à l'organisation Etat islamique. Pour le coup, trouver des chaînes en rapport avec la mouvance jihadiste est de moins en moins évident.

Ceci dit, il existe beaucoup d'autres outils tout aussi efficaces et également exploités par l'organisation terroriste. Et puis, ces sympathisants se trouvent également en nombre sur Twitter, Facebook et communiquent parfois entre eux tout simplement par SMS.

Si Telegram est employé par les jihadistes, l'application l'est également par de nombreuses personnalités. Ces dernières créent des chaînes pour assurer leur promotion, ou informer leurs fans à la manière de Facebook ou de Twitter. Par ailleurs, Telegram est massivement utilisé dans certains pays qui exercent un contrôle drastique des sites Internet et des réseaux sociaux. C'est notamment le cas de l'Iran, où l'application est exploitée par un quart de la population pour s'informer via des chaînes et contourner la censure.

Google / Terrorisme