Non seulement la vitesse
de surf monte en flèche, mais désormais
une connexion haut débit peut servir à
tout autre chose qu'à naviguer sur le web ou
échanger des mails. Free a ouvert le bal en deux
temps. D'abord avec la téléphonie sur
IP, c'est à dire la possibilité via sa
connexion ADSL d'appeler ou de recevoir des coups de
fil du monde entier à des tarifs particulièrement
attractifs, et même totalement gratuit vers la
France.
Depuis le début du mois
de décembre, Free fait aussi bénéficier
ses abonnés résidant en zone "Freebox"
dégroupée, du premier bouquet de télévision
par ADSL français avec près d'une trentaine
de chaînes gratuites, et autant de programmes
payants. Le lancement du service a été
quelque peu cahotique, au point que l'on peut sans doute
parler de test grandeur nature. Reste que des plâtres
comme ceux-là, nombre d'internautes les essuyeraient
volontiers.
Pour ébranlée qu'elle semble être,
la concurrence n'a pas baissé les armes, loin
s'en faut. Elle expérimente et avance à
petit pas. Ainsi, TPS et France Télécom
commercialisent dès à présent leur
bouquet télé ADSL dans l'agglomération
lyonnaise. L'offre sera étendue à Paris
au printemps 2004 et dans le reste de la France les
mois suivants. 9 Télécom lui a déjà
embrayé le pas sur la téléphonie
et peaufine une offre TV, en association avec Canal
+.
Désormais, avant de choisir un accès ADSL,
il ne s'agit donc plus seulement de se focaliser sur
le prix ou sur le débit, mais d'envisager les
à-côtés de l'offre et les modalités
techniques d'accès au service. En effet, quand
Cario, Club-Internet, Noos ou NC Numéricâble
proposent quelques chaînes de télé,
le service n'a rien de comparable avec le bouquet TV
de Free ou TPSL qui a démarré le 18 décembre
à Lyon. Dans le premier cas, il s'agit de chaînes
diffusées en temps réel que l'on pourra
visionner sur son PC et uniquement sur son PC, dans
l'autre, la transmission du signal s'appuie de même
sur la technologie ADSL, mais il s'agit à proprement
parler de raccorder sa Freebox ou son modem à
la prise péritel de son téléviseur
et d'ailleurs de changer de chaîne à l'aide
d'une télécommande.
Autre différence majeure, dans le cas des chaînes
accessibles en streaming, la bande passante requise
par la vidéo est "empruntée"
à la connexion Internet, tandis qu'avec un vrai
bouquet multiservice ADSL, TV, téléphonie
et accès Internet emploient des voies séparées,
chez Free, 2 Mb/s pour Internet proprement dit, 3,5
Mb/s pour la TV et 64 Kb/s pour le téléphone.
Ainsi que la télé soit allumée
ou non, ne change rien au confort de navigation. Au
contraire, dans certains contextes, les abonnés
de Free les plus chanceux récupèrent toute
la bande passante disponible côté Internet
quand la TV est éteinte, soit un débit
potentiel de 5,5 Mb/s,c'est à dire des transferts
de fichier à plus de 500 Ko par seconde.