DOSSIER
03/10/2006
Fonctionnement et limites des logiciels de contrôle parental
Quelle est l'efficacité du filtrage ?Les logiciels de contrôle parental permettent de filtrer l'accès à l'internet depuis l'ordinateur en interdisant la consultation de certaines informations sensibles ou inapropriées (sexe, racisme, violence...) auxquelles vous ne souhaitez pas que vos enfants soient exposés. Cependant, les outils de contrôle parental montrent rapidement leurs limites pour ce qui est du filtrage du web. En effet, comment prétendre être exhaustif pour contrôler l'accès à un espace virtuel contenant des milliards et des milliards de pages et de sites disponibles dans des centaines de langues différentes ? Il faut donc relativiser leur efficacité. Toutefois, en encadrant le surf de l’enfant (mise en place de plages horaires de surf, création d’une liste de sites privilégiés…), ils peuvent être d’une aide précieuse pour les parents. Zoom sur les différentes méthodes de filtrage utilisées par ces logiciels. Le filtrage par mot-clés et analyse du contenuCertains éditeurs de logiciels utilisent le filtrage par mots clés avec une liste de mots à bannir tels que violence, terrorisme, etc... Cette liste est régulièrement mise à jour part l'éditeur et les parents ont la possibilité d'ajouter autant de mots qu'ils le souhaitent. Si un de ces mots est détecté soit dans l'URL d'un site, soit à l'intérieur d'une page web, l'accès est bloqué. Cependant, ce mode de filtrage n'est pas sans faille, il présente l’inconvénient de bloquer l’accès à des sites dont le contenu n’est en rien préjudiciable. Par exemple, une demande de filtrage fondée sur le mot « sein » pourra bloquer l’accès à des sites médicaux ou à des pages contenant l’expression « en son sein ». Autre méthode, le filtrage par analyse du contenu : en pratique, le moteur analyse le contenu global de la page web et les associations de mots pour décider si la page doit être transmise ou non au navigateur. Dans la même lignée, certains logiciels analysent également les images, ces dernières sont passés à la loupe pour déterminer si elles possèdent un caractère pornographique ou tout simplement inappropriés et la remplace éventuellement par une image neutre. La majeure partie des logiciels empêchent également l'ouverture des pop-up (petites fenêtres publicitaires largement employées par les sites de charme ou de rencontres) et interdisent les transactions par carte bancaires. Liste blanche et liste noireL’un des principes de fonctionnement majeur des logiciels de contrôle parental est simple : ils peuvent, soit interdire l’accès aux sites dont l’adresse est répertoriée sur une « liste noire », dressée par l’éditeur du logiciel ou vous-même, soit limiter l’accès à certains sites jugés fréquentables dont les adresses sont répertoriées dans une « liste blanche ». Cependant, ces deux modes de filtrage montrent rapidement leurs limites. Un constat simple : comment est-il possible de répertorier toutes les pages web inappropriées à l'enfant ? Et à l'inverse comment intégrer toutes celles qui ne le sont pas ? De plus, le filtrage par « liste blanche » restreint considérablement l'accès à l'Internet (à la seule liste autorisée par les parents), ce qui lassera vite un ado mais conviendra finalement plutôt bien au surf des plus jeunes. Le contôle a posterioriIl est évident que les parents ne peuvent être toujours à côté de leurs enfants pour s'assurer de la bonne marche de la navigation. Les éditeurs l'ont bien compris, ainsi la plupart des logiciels de contrôle parental permettent d'enregistrer l'historique des pages visitées pour opérer un contrôle du surf a posteriori. En pratique, les parents pourront avoir accès à toutes les pages consultées, et à la liste des messages envoyés et reçus que ce soit par mail ou ceux postés dans les forums de discussions, et aux recherches effectuées. Tous ces contrôles peuvent évidemment être désactivés si un adulte ouvre une session de surf dans la mesure où la plupart des logiciels permettent de gérer différents profils en fonction de l'âge de l'utilisateur. Quid des fournisseurs d'accès internet ?Soucieux de lutter toujours plus efficacement contre certains contenus, l'AFA et ses membres ont signé le 14 juin 2004, sous l'égide de M. Patrick Devedjian, Ministre délégué à l'industrie, une charte qui définit les contributions de la profession en matière de lutte contre ces contenus. Pour Marie-Christine Levet, Présidente de l'AFA et du fournisseur d’accès Club Internet : "au nom de tous les membres de l'AFA, je suis fière de voir marquée une étape importante dans l'engagement de l'industrie dans la lutte contre les contenus illicites. Le soutien du gouvernement à notre démarche est un signe fort qui nous encourage dans notre démarche." Afin de permettre une meilleure identification des engagements pris dans la Charte, l'AFA a fait réaliser le label "Net plus sûr". Les membres de l'AFA qui respectent les engagements font figurer le label sur leur portail et/ou sur tout autre support de communication. Depuis le 31 mars 2006, les FAI sont dans l'obligation de proposer à leurs abonnés une solution de contrôle parental gratuit, efficace et facile à utiliser.
En savoir plus Le site de "Familles en Ligne" Le site de la délégation aux usages de l'internet Chat avec Marie-Christine Levet
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