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(Avril 2005)

La télé par ADSL, comment ça marche

L'ADSL ouvre aujourd'hui l'accès à des dizaines de programmes télé, sans parabole ni la moindre antenne raccordée. Explications.
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De la vraie télé, pas du "streaming"
L'ADSL est l'une des technologies utilisée actuellement pour se connecter à Internet. Sur le réseau, certaines chaînes de télévision émettent leur programme en temps réel. C'est ce qu'on appelle de la diffusion en "streaming", accessible à l'aide de logiciels spécifiques, le plus souvent Windows Media ou Real Video, uniquement donc sur un ordinateur. Même avec une connexion très haut débit, la qualité est très fluctuante.
Ce dont il est aujourd'hui question lorsque l'on parle de télévision par ADSL n'a absolument rien à voir, si ce n'est que le signal numérique emprunte le même tuyau. Un exemple pour être bien clair : dans le cas de l'offre Ma ligne TV, l'utilisateur ne souscrit qu'un bouquet de programmes télévisés, sans aucune prestation annexe c'est-à-dire sans abonnement Internet.

De la télévision numérique
Comme avec le câble et le satellite, la télé par ADSL, c'est un signal numérique et non analogique. Ce qui signifie en faisant un énorme raccourci, une image de qualité supérieure, un son stéréo parfois Dolby, un nombre de chaînes bien plus important et la fin, a priori, des problèmes de réception. En numérique, un signal passe ou ne passe pas : si la transmission est mauvaise, l'image se fige, la fluidité peut être défaillante, mais l'on ne connaît jamais de neige, de parasites et autres problèmes d'échos. Bien sûr, on est pas à l'abri de congestion du réseau ou de défaillances techniques du prestataire comme pourront vous le confirmer les utilisateurs de Canal+ via la freebox. Mais dans l'ensemble, on peut dire que la qualité de la télé ADSL est remarquable comparée à la transmission par réseau hertzien.

L'encodage du signal vidéo
Si la qualité de la télé par ADSL n'est pas tributaire des aléas de la transmission, cela ne siginifie par pour autant que la qualité de l'image est irréprochable. Elle ne dépend pas en effet de la transmission du signal, mais du soin apporté à l'encodage vidéo, au format MPEG 2, toujours conformément à ce qui se fait par satellite et sur le câble, suivant une norme de diffusion européenne.

Concrètement, les fournisseurs de contenu (Canal Satellite, TPS ou chaînes indépendantes) livrent leurs programmes en direct aux prestataires techniques que sont Free, France Télécom et Neuf Télécom. Ces derniers encodent en direct ces flux audiovidéo en MPEG2. C'est la partie délicate de l'opération, celle qui peut générer des problèmes de netteté, de pixellisation ou d'artefacts visuels désagréables lorsque la compression est excessive. Ceux qui ont vu un Divx mal encodé comprendront tout de suite de quoi il retourne, le format de compression n'est pas le même, mais les désagréments sont similaires.

Or la compression en MPEG 2 est impérative pour ramener le flux numérique à des dimensions tolérables pour une transmission par ADSL. Dans le cas d'un DVD, l'encodage se fait à taux variable de 1 à 10 Mbit/s. Autrement dit, une seconde de DVD nécessite en général 5 à 6 Mbit de données, avec des variations continuelles en fonction du type de contenu : un film intimiste ou un talk shaw, parce qu'ils comportent peu d'action consomment relativement peu de bande passante (2 Mbit/s suffisent) ; un film de Honk-Kong ou une course automobile sont au contraire très exigeants (8 Mbit/s).

Dans le cas de Freebox TV, la bande passante allouée peut aller jusqu'à 20 Mbit/s. Ses concurrents sont moins diserts sur cette information, mais d'après la documentation technique disponible sur le site de France Télécom, Maligne TV semble pouvoir occuper jusqu'à 8 Mbit/s de bande passante. Autrement dit, si Freebox TV et autres peuvent offrir une excellente qualité d'image, on reste assez nettement en deça de la qualité DVD. Cela n'est pas gênant dans l'absolu, mais ponctuellement, cela peut encore rendre des retransmissions sportives un peu pénibles.

Le terminal numérique
Reprenons le cheminement de notre flux numérique. C'est au niveau du DSLAM que s'effectue le tri des données. Toutes les chaînes arrivent en effet à ce centre névralgique, mais une seule est transmise jusqu'à l'abonné. Lorsque l'on compose le numéro de canal d'une chaîne sur la télécommande de son terminal numérique, l'ordre remonte jusqu'au centre de distribution, qui dans la seconde (moitié moins en fait...) retourne le programme voulu.

Le terminal ADSL, ou plus communément le décodeur numérique traduit le signal à la volée. Il est relié à un téléviseur par une prise péritel ou RCA, éventuellement à un magnétoscope ou à un système audio. Précisons aussi au passage que rien n'empêche d'enregistrer les programmes sur magnétoscope ou éventuellement sur platine DVD enregistrable. Bref, il s'agit d'un équipement vidéo standard qui devrait s'intègrer sans problème à votre installation. Bien sûr, la télécommande du téléviseur ne devrait plus vous servir à grand chose, ce dernier restant toujours calé sur le canal d'entrée vidéo.

La Freebox fait à la fois office de modem, de terminal téléphonique et de décodeur MPEG 2. De la même façon la dernière version de la Neufbox intègre directement un décodeur TNT. Dans le cas de l'offre Maligne TV/TPS ADSL, il est nécessaire de disposer par ailleurs d'un modem ADSL ou de la Livebox de Wanadoo. Il faut impérativement un certain type de modem, dit Multi VC, capable de gérer distinctement différents canaux. Un canal TV par lequel transite les bouquets de programme, un canal VOD (Vidéo à la demande) pour l'accès aux films à la carte, un canal dédié à l'accès Internet et éventuellement un canal spécifique pour la téléphonie par IP.

Le seul gros problème d'installation tient au fait que le modem et le décodeur numérique doivent se situer à proximité l'un de l'autre, ce qui revient à placer la télé et l'ordinateur connecté au Net dans la même pièce. Il vous faudra donc réviser votre installation, tirer des câbles ou mieux, recourir à l'option Wi-Fi (lire notre dossier).
 
 [Redaction, L'Internaute]
 
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