1894
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15 octobre
Arrestation du Capitaine Dreyfus
Le général Mercier, ministre de la Guerre, ordonne l'arrestation du capitaine français Alfred Dreyfus. L'officier est accusé d'avoir délivré des renseignements militaires confidentiels à l'Allemagne. Il sera inculpé sur simple ressemblance d'écriture sur un bordereau trouvé à l'Ambassade d'Allemagne à Paris. Derrière cette accusation se cache un autre réalité, religieuse, car le capitaine Dreyfus était issu d'une famille juive alsacienne. Cette banale histoire d'espionnage débouchera sur une des plus graves crises politiques de la IIIème République. Elle deviendra "l'affaire Dreyfus" et divisera la France entre dreyfusards et antidreyfusards Voir aussi : Procès - Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Arrestation - Condamnation - Dreyfus - Histoire de la Troisième République
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1894
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1 novembre
La Libre Parole médiatise l'affaire Dreyfus
Alors que le journal "le Figaro" a eu des renseignements dès le 28 octobre sur l’arrestation d’un officier de l’armée pour trahison, il dévoile le nom de Dreyfus. Son concurrent d’extrême droite, "La Libre Parole", titre le même jour sur cette culpabilité. Vitrine française de l’antisémitisme, le journal de Drumont met immédiatement l’accent sur l’origine juive d’Alfred Dreyfus et en fait un argument a priori de sa culpabilité. Mieux, misant sur une théorie du complot, "La Libre Parole" affirme que l’Etat souhaite étouffer l’affaire parce que Dreyfus est juif. L’emballement de la presse, et notamment chez les nationalistes, monarchistes et catholiques ne tardera pas. Voir aussi : Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Le Figaro - Histoire de la Presse
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1894
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22 décembre
Dreyfus coupable
Le capitaine français Alfred Dreyfus est condamné au bagne à perpétuité pour espionnage au profit de l'Allemagne. Dégradé, il sera envoyé sur l'île du Diable en Guyane le 21 janvier 1895. Sa condamnation va plonger la France dans une bataille idéologique entre "Dreyfusards" et "antidreyfusards" quand le chef des renseignements, le commandant Picquart, demandera la révision du procès en 1898. La condamnation du capitaine Dreyfus deviendra alors "l'Affaire" Dreyfus. Voir aussi : Procès - Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Condamnation - Dreyfus - Histoire de la Troisième République
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1895
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5 janvier
Dégradation de Dreyfus
Condamné au bagne à perpétuité, Dreyfus subit une procédure humiliante : il est dégradé dans la grande cour de l’école militaire de Saint-Cyr au cours d’une parade. Une gravure immortalisera cette procédure et sera diffusée dans les journaux français. La justice militaire croit ainsi mettre un terme à l’affaire Dreyfus en montrant sa fermeté envers ceux qui bafouent la Patrie. Mais, victime d’un procès inique où lui et son avocat n’ont même pas pu voir tous les éléments de l’accusation, Alfred Dreyfus clame son innocence. L'affaire sera relancée en 1896 par des hommes soucieux de découvrir la vérité. Voir aussi : Procès - Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Dreyfus - Histoire de la Justice
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1896
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15 février
Theodor Herzl publie "l’État juif"
Outré par l’affaire Dreyfus, le Juif hongrois Theodor Herzl publie "l’État juif", un ouvrage qui prône l’établissement d’un territoire juif indépendant en Palestine. Selon lui, ce serait là l’unique solution à l’antisémitisme. Son ouvrage servira de base, plus tard, au mouvement sioniste, qui conduira à la création de l’État d’Israël. Voir aussi : Dossier histoire de l' Etat d'Israël - Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Histoire du Sionisme - Theodor Herzl - Histoire du Judaïsme
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1896
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mars
Georges Picquart découvre la culpabilité d'Esterhazy
Georges Picquart trouve une pièce nommée "le petit bleu" qui va bientôt donner à ses yeux une nouvelle tournure à l’affaire Dreyfus. Elle lui révélera après enquête la culpabilité d’Esterhazy. Le profil de cet homme colle de surcroît mieux à l’accusation. L’armée n’a toutefois pas envie d’entendre cette version : elle enverra Picquart en Tunisie avant de l'emprisonner et de le renvoyer après le "procès" d’Esterhazy. Voir aussi : Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Esterhazy - Picquart - Histoire de la Justice
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1896
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novembre
Lazare dénonce l'illégalité du procès Dreyfus
Jeune écrivain connu notamment pour son ouvrage sur l’antisémitisme "L’antisémitisme, son histoire et ses causes", Bernard Lazare s’attache à démonter l’accusation de haute trahison qui a touché Dreyfus. Après la publication dans "l’Eclair" d’une note secrète du le procès, il montre que l’utilisation de ce document était illégale. Contacté par le frère de l’accusé, Lazare lutte pour la reconnaissance de l’innocence de Dreyfus à un moment où l’on entend surtout les voix accusatrices des journaux nationalistes. Voir aussi : Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Histoire de la Justice
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1897
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15 novembre
Matthieu Dreyfus accuse Esterhazy
Alors que la mobilisation des Dreyfusards augmente notamment dans les milieux intellectuels de gauche, le frère d’Alfred Dreyfus envoie une lettre au ministre de la guerre. Celle-ci reprend les conclusions du sénateur Scheurer-Kestner qui s’est joint à Lazare et au "Figaro" dans la défense de Dreyfus. Une enquête est alors ouverte, elle aboutira au procès d’Esterhazy au mois de janvier suivant. Voir aussi : Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Le Figaro - Esterhazy - Histoire de la Justice
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1898
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11 janvier
Esterhazy acquitté
Esterhazy, dont l’histoire montrera qu’il est le vrai coupable de l’affaire Dreyfus, est acquitté au terme d’un procès expéditif de quelques minutes. Aidé par Henry, Esterhazy était parvenu à manipuler des éléments pour accuser Picquart d’avoir créé un faux document : "le petit bleu". Coupable d’avoir découvert une vérité que l’armée et le pouvoir ne sont guère enclins à entendre, Picquart sera accusé et incarcéré au Mont-Valérien avant d’être exclu de l’armée. Voir aussi : Procès - Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Esterhazy - Histoire de Mont-Valérien - Picquart - Histoire de la Justice
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1898
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13 janvier
Emile Zola : "J'accuse !"
L'écrivain Emile Zola publie dans le journal "L'Aurore" une lettre ouverte au président de la République Félix Faure. Le titre lui est soufflé par Georges Clémenceau, alors éditorialiste du journal : "J'accuse". La lettre dénonce l'antisémitisme et les erreurs judiciaires dont est victime le capitaine Alfred Dreyfus depuis le mois d'octobre 1894. En prenant ouvertement la défense de Dreyfus, condamné à la déportation à vie en Guyane pour crime d'espionnage au profit de l'Allemagne, Zola s'oppose au gouvernement Méline. Il sera condamné à 3 000 francs d'amende et à un an de prison. Par sa grandiloquence, le "J'accuse" fait du cas Dreyfus une "affaire" et divise la France entre dreyfusards (les socialistes, les radicaux) et antidreyfusards (la droite nationaliste, le clergé) . Voir aussi : Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Zola - Histoire des Scandales politiques
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1898
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4 juin
Fondation de la ligue des Droits de l'homme
Contre l’accusation de Dreyfus et de Zola dans la même affaire, une nouvelle forme sociale apparaît : les intellectuels. Ceux-ci se regroupent dès janvier 1898 pour défendre la cause dreyfusarde et fondent alors la "Ligue des droits de l’homme". Interdite sous Vichy, la LDH s’est ensuite reformée et existe toujours. Voir aussi : Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Dreyfus - Zola - Fondation - Ligue des droits de l’homme - Histoire des Institutions
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1898
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18 juillet
Zola part en exil
A la suite de sa lettre ouverte intitulée "J'accuse" publiée dans le journal l'Aurore, l'écrivain Emile Zola est condamné par la cour d'assises de Versailles à un an de prison et 30 000 francs d'amende pour avoir attaqué le président de la République Félix Faure. Zola qui se déclarait pourtant prêt à affronter ses juges préfère l'exil et se réfugie à Londres. Il sera radié de la liste des officiers de la Légion d'honneur. Voir aussi : Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Zola - Exil - Félix Faure - Histoire des Romans
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1898
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30 août
Aveux et suicide du colonel Henry
Coupable d’avoir créé un faux document qui accusait Dreyfus, le "faux Henry", le colonel Henry est arrêté et passe aux aveux. Il est alors immédiatement transféré au Mont-Valérien. Ne supportant pas sa mise en accusation, il se suicide au bout de quelques heures de détention. Voir aussi : Suicide - Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Histoire de la Justice
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1898
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11 octobre
Jean Jaurès publie "Les preuves"
Jean Jaurès publie l’ouvrage "Les preuves", ouvrage dreyfusard accusant Esterhazy et clamant l’innocence de Dreyfus. A l’image de Zola, Jaurès fit parti des intellectuels qui, au fil de l’affaire Dreyfus, abandonnèrent leurs préjugés antisémites pour revendiquer la justice. Voir aussi : Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Esterhazy - Jaurès - Histoire de la Justice
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1899
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19 janvier
les antidreyfusards fondent la Ligue de la patrie française
En réponse à la Ligue des droits de l’homme, les nationalistes antidreyfusards se regroupent dans la Ligue de la patrie française. Moins extrémiste que les antisémites affirmés, guidés par Drumont et le futur collaborateur Maurras, elle cherche avant tout à défendre l’honneur de la patrie et de l’armée. Les nationalistes refusent en effet d’admettre que l’on puisse remettre en cause l’autorité de la justice militaire qui a condamné Dreyfus. La ligue comptera jusqu’à 300 000 membres avant de tomber dans l’oubli et de se dissoudre en 1905. Voir aussi : Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Ligue des droits de l’homme - Histoire des Institutions
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1899
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3 juin
Ouverture du deuxième procès Dreyfus
La cour de Cassation ayant enfin brisé le jugement de 1894, le conseil de guerre doit à nouveau juger Alfred Dreyfus, cette fois-ci à Rennes. Les dreyfusards sont très optimistes sur l’issue du procès, jugeant que la vérité est déjà connue : selon eux, Dreyfus sera innocenté et reconnu non coupable de trahison. Par ailleurs, le climat en France est exécrable et les ligues antisémites, devenues très virulentes, sont interdites. Afin d’éviter un coup d’Etat nationaliste, Waldeck-Rousseau a en effet fait procéder à des arrestations, dont celle difficile de Jules Guérin. Mais à l’étonnement de tous, le procès va se prolonger et accabler à nouveau Dreyfus. Voir aussi : Procès - Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Dreyfus - Waldeck-Rousseau - Histoire de la Justice
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1899
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9 septembre
Dreyfus à nouveau condamné
Le verdict du deuxième procès de Dreyfus tombe comme un couperet sur les espoirs des dreyfusards : le militaire est déclaré coupable et condamné à dix ans d’emprisonnement. Le verdict est incompréhensible pour de nombreux observateurs mais les juges lui ont concédé les circonstances atténuantes pour diminuer sa peine. Les anti-dreyfusards se réjouissent mais condamnent cette clémence. En fait, dans un climat proche de l’insurrection nationaliste, le jugement paraît politique, c’est un compromis qui a pour but de sauver l’honneur de l’Etat et de l’armée. Dix jours plus tard, sous les conseils de Waldeck-Rousseau, le président Émile Loubet graciera Dreyfus. Voir aussi : Procès - Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Dreyfus - Waldeck-Rousseau - Histoire de la Justice
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1899
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19 septembre
Dreyfus grâcié
Le président de la République Emile Loubet, suivant l'avis de son président du Conseil, Waldeck-Rousseau, gracie Alfred Dreyfus, qui avait été condamné quelques jours auparavant à 10 ans de réclusion lors de la révision de son procès. L'officier français, accusé à tort d'avoir divulgué des informations militaires à l'armée allemande lors de la guerre de 1870, avait été condamné à la déportation à vie sur l'île du Diable en Guyane en décembre 1894. La mobilisation des dreyfusards, et notamment de Emile Zola, avait permis qu'il soit rejugé. Dès le lendemain de la grâce présidentielle, Alfred Dreyfus est remis en liberté. L'"affaire" qui a divisé la France pendant cinq ans s'apaise. Voir aussi : Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Dreyfus - Histoire de la Troisième République
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1904
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5 mars
La Cour de Cassation accepte la demande en révision du procès Dreyfus
Les démarches d’Alfred Dreyfus en vue de sa réhabilitation aboutissent à une première victoire auprès de la justice française. La Cour de Cassation, réputée pour son indépendance, accepte d’étudier le dossier Dreyfus pour éventuellement casser le jugement de Rennes de 1899 et demander un renvoi. Un an et demi plus tard, le jugement sera en effet cassé sans que le renvoi ne soit demandé : Dreyfus sera dès lors réhabilité. Voir aussi : Procès - Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Dreyfus - Réhabilitation - Histoire de la Justice
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1906
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12 juillet
Réhabilitation du capitaine Dreyfus
Dégradé de ses fonctions de capitaine de l'armée française en 1894 pour avoir divulgué des secrets militaires à l'Allemagne, Alfred Dreyfus est réhabilité par la Cour de cassation de Rennes. Après avoir effectué cinq ans de bagne en Guyane, il s'était vu déclaré coupable de haute trahison en 1899 et condamné à 10 ans de prison. Pourtant, toutes les preuves attestaient de son innocence et de la culpabilité d'un autre officier, le commandant Esterházy. Gracié par le président Emile Loubet en septembre 1899, Alfred Dreyfus est réintégré dans l'armée avec le grade de chef de bataillon et décoré de la légion d'honneur. Voir aussi : Dossier histoire de l' affaire Dreyfus - Dreyfus - Réhabilitation - Histoire de la Troisième République
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