Dossier histoire du bouddhisme
© Dominique Valter / Roger-Viollet

Histoire du bouddhisme

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Né en Indes au VIe siècle avant notre ère, le bouddhisme trouve ses fondements dans les enseignements de Bouddha, personnage historique qui montra la voie de la Délivrance (le nirvana). À la fois philosophie et religion, le bouddhisme s’est répandu sur une grande partie de l’Asie, de l’Inde au Japon, en passant par le Sri Lanka, l’Indonésie, la Birmanie et la Chine. D’une tolérance et d’une souplesse étonnante, il s’est souvent mêlé aux us et coutumes des pays où il s’est implanté et a pris maintes et maintes formes. Ainsi, en l’absence d’une orthodoxie concrète, la religion bouddhique a été divisée en de nombreuses écoles et, surtout, en trois grandes tendances (le Grand Véhicule, le Petit Véhicule et le Véhicule de Diamant). Le bouddhisme reste ancré dans les pays conquis et est encore considéré comme l’une des plus grandes religions du monde.  

Bouddha et son enseignement

Gautama, plus connu sous le nom de Bouddha, est un personnage historique, divinisé dans les siècles qui suivront sa mort. Même si ses dates de vie restent contestées, on estime qu’il a vécu de 563 à 480 avant notre ère. Après avoir abandonné une existence royale pour vivre plusieurs années en ascète et dans l’errance, Bouddha se consacra à la méditation. Cette pratique lui permit alors d’atteindre l’Éveil (ou nirvana), la délivrance de la souffrance par la connaissance de la vie, de la mort et de l’infini.

Conscient que cette expérience ne pouvait être concrètement partagée, il se contenta de dévoiler les méthodes permettant de parvenir à une telle libération. Ainsi, aux alentours de 525, il enseigna à ses cinq premiers disciples les Quatre Nobles Vérités : la définition de la souffrance, qui est universelle ; la provenance de cette souffrance, qui vient du désir ; la possibilité de l’interrompre et les moyens d’y parvenir.

Une tradition orale

Après la mort de Bouddha, qui avait passé les dernières années de sa vie à diffuser son enseignement, les moines "éveillés" se seraient réunis à Rajagrha pour un premier concile. Ils se seraient alors remémorés toutes les paroles du "Bienheureux", afin de pouvoir les retransmettre à l’oral aux générations suivantes.

Ainsi, le bouddhisme repose avant tout sur une tradition orale vieille de plusieurs siècles. Les textes, appelés Tipitaka ("Trois Corbeilles") et écrits en pali ou en sanskrit, ne seront réunis et complétés qu’au début de notre ère. C’est la raison pour laquelle les spécialistes utilisent les sources bouddhiques avec la plus grandes précautions et n’ont que peu de certitudes. D’autant plus que dès le second concile, qui se déroule au IVe siècle avant J.-C., les dissensions naissent entre les adeptes. Ceux-ci se divisent alors en deux courants de pensées, les Mahasamghika et les Sthaviravadin. Il est donc fort probable que les quelques dix-huit écoles nées ensuite de tous ces désaccords aient chacune tenter de modifier les textes originaux pour s’attribuer une plus grande crédibilité.

L’expansion en Asie

Au IIIe siècle avant notre ère, un troisième concile se déroule à Pataliputra, sous la direction de Tissa Moggaliputta et sous le règne d’Asoka. Souverain lassé par les guerres et la souffrance, Asoka avait voulu rétablir un royaume pacifique et emprunt de compassion, basé sur le bouddhisme. C’est lui, donc, qui permet une première expansion des paroles de Bouddha. Lors du concile, en effet, tous s’entendent sur la nécessité d’envoyer les moines prêcher au-delà des frontières. C’est ainsi que Mahinda, moine et fils d’Asoka, diffuse l’enseignement bouddhique à Ceylan (futur Sri Lanka).

L’expansion du bouddhisme est amorcée et se poursuit lentement. Parce qu’il offre un espoir de délivrance immédiate, il attire toujours plus d’adeptes. De plus, il n’implique pas de rite particulier et reste très tolérant. Cela lui permet de ne pas affecter les sentiments et coutumes antérieures des nouveaux adhérents et donne naissance à des syncrétismes populaires. 

Le bouddhisme apparaît en Chine aux environs de 65 mais ne s’enracine véritablement qu’à partir du Ve siècle, sous la dynastie des Wei. Il atteindra ensuite le Vietnam et la Corée. Cette dernière, alors divisée en royaumes, adopte l’enseignement bouddhique au VIe siècle, avant de le diffuser au Japon au VIe siècle par l’intermédiaire du roi de Paekche. Le bouddhisme s’implantera plus profondément au Japon avec la régence du prince Shotoku (593 – 621). Au Tibet, il prend de l’ampleur avec la diffusion du bouddhisme tantrique par le moine Padmasambhava, au VIIIe siècle.

Les tendances bouddhiques

Au début de l’ère chrétienne, le bouddhisme ne conservait plus que l’école du Theravada. Pourtant, la diffusion de cette religion et l’absence d’orthodoxie solide et globale ont fait naître de multiples courants de pensées, souvent influencées par les croyances déjà présentes dans les territoires où il s’est propagé. Ainsi, au terme de plusieurs siècles d’existence, le bouddhisme se divise en trois grandes tendances :

-    le Petit Véhicule, ou Hinayana, basé sur les enseignements primitifs (proche du Theravada) et sur le fait que l’Éveil, de par le chemin psychique à parcourir, n’est accessible qu’à un petit nombre d’adeptes

-    le Grand Véhicule, ou Mahayana, reposant sur les concepts bouddhiques réformés et déifiant le bouddha historique. Le Grand Véhicule fait du bouddhisme une religion ouverte à tous, axée notamment sur la compassion et le sacrifice

-    le Véhicule de Diamant, (Vajrayana), apparu plus tard (au VIIe siècle) et influencé par le tantrisme, un courant de l’hindouisme basé sur les tantras (textes rituels). Le Véhicule de Diamant repose sur des pratiques rituelles seules capables de mener à la Délivrance. Il se développera surtout au Tibet.

Déclin ou évolution

Le bouddhisme a évolué de manières différentes selon les zones géographiques où il est pratiqué. Il est donc impossible d’en présenter une histoire générale. En Inde, par exemple, il a souffert d’une contre-réforme brahmanique dès le VIIe siècle, amorçant son déclin. Lorsqu’au XIIe siècle l’Asie du sud-est s’est vue conquérir par l’islam, le bouddhisme a presque disparu du territoire.

De même, en Chine, le bouddhisme connaît plusieurs périodes de répression, dont la principale eut lieu vers 845. À cette date, l’empereur Wuzong interdit tout culte étranger et amorce ainsi un certain déclin du bouddhisme.

Toutefois, dans d’autres territoires, le bouddhisme s’est renouvelé et adapté aux changements sociaux et politiques de l’histoire. C’est le cas au Japon, où, au cours de la période de Kamakura (1185-1333), de nouvelles écoles ont vu le jour : les sectes zen et Nichiren.

Malgré un certain déclin, le bouddhisme reste ancré dans les pays qu’il a conquis. La philosophie bouddhique, en plus d’être particulièrement tolérante, s’intéresse à des questions existentielles universelles auxquelles elle propose des explications mais aussi des solutions pratiques. C’est sans doute ces caractéristiques qui lui ont permis de se diffuser amplement et de s’ancrer profondément au sein des populations. C’est aussi l’une des raisons qui explique ses capacités à s’adapter facilement à l’évolution du monde. Au XXIe siècle, il est encore très présent – sous différentes formes – en Thaïlande, en Birmanie, au Sri Lanka, au Népal et au Japon, où il a beaucoup évolué. Il connaît par ailleurs un certain renouveau en Chine – bien qu’il demeure sous le contrôle du gouvernement, en Inde à partir des années 1950, et suscite de plus en plus d’intérêt en Occident.



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