Lorsque le pape Urbain II appelle à la première croisade, une foule de chevaliers prend le chemin de Jérusalem. Durant près de deux siècles, des milliers de croisés tenteront de délivrer la Terre sainte, et beaucoup d’entre eux ne reviendront jamais. Les éléments déclencheursOutre les difficultés de Byzance, le contexte de l’époque joue également un rôle dans le déclenchement des croisades. Consciemment ou non, ces dernières apparaissent comme un moyen de prendre possession des terres musulmanes et, par la même occasion, d’enrichir l’Europe chrétienne. Un premier appel à la croisadeIl faut justement attendre 1096 pour voir les nobles chevaliers prendre la route de la première croisade. Cette dernière se solde par un véritable succès. En chemin, les croisés – on les appelle ainsi à cause des croix cousues sur leurs habits – font maintes conquêtes. D’abord Nicée, puis Antioche et enfin, la précieuse Jérusalem tombent sous leurs armes. Fort de toutes ces possessions, les Chrétiens occidentaux fondent le royaume de Jérusalem, à la tête duquel est placé Godefroi de Bouillon, au titre de d’ "avoué du Saint-Sépulcre". Le royaume s’organise selon un système féodal, s’étend, développe ses relations commerciales mais entre bientôt dans des conflits successoraux. Une succession d’échecsBientôt, le royaume de Jérusalem ne peut rivaliser avec le pouvoir et la détermination du sultan ayyubide, Saladin. Ce dernier, qui règne alors sur la Syrie et l’Égypte, s’empare de la Ville sainte en 1187, déclenchant une troisième croisade. C’est ainsi que Frédéric Barberousse, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion se retrouvent sur les routes à destination de Jérusalem. Par des concours de circonstance, Richard Cœur de Lion se retrouve seul sur le territoire et, faute de pouvoir le conquérir, conclut un accord de paix avec Saladin. Le pape Innocent III n’entend pas laisser les choses ainsi. Il appelle donc à une nouvelle croisade à destination de l’Égypte. Mais malgré toutes ses protestations, il ne parviendra pas à empêcher les croisés de se retourner contre Constantinople, de s’en emparer et de la piller. Leur objectif est alors de restituer Isaac Ange et son fils, Alexis, sur le trône byzantin. Finalement, ils occupent eux-mêmes la ville et fondent l’Empire latin d’Orient, qui survivra près de 60 ans. Sans perdre espoir, Innocent III projette de lancer une cinquième croisade lors du IVe concile du Latran. Reprise par Honorius III, cette idée pousse le français Jean de Brienne sur les routes vers l’Égypte, sans succès concret. Il faut attendre la croisade suivante, entreprise par Frédéric II de Hohenstaufen, pour que la situation évolue légèrement. Il parvient en effet à obtenir quelques territoires d’Orient, dont Jérusalem, de manière diplomatique. Les deux dernières croisades, qui résultent de la prise de Jérusalem par les musulmans, en 1244, mène sur les chemins le roi de France Louis IX, dit Saint Louis. Malgré de criantes victoires, il ne peut toutefois pas lutter contre les épidémies et est fait prisonnier. Le voyage suivant ne lui porte guère plus de chance, puisqu’il y perd la vie, en 1270. Huit grandes croisades se sont organisées sur près de deux siècles. Excepté la première, aucune n’a rencontré de véritable succès pour la Chrétienté. Elles ont plutôt encouragé les musulmans à conquérir de plus vastes territoires dans les siècles à venir. Pire encore, l’Empire byzantin, de religion chrétienne, s’éteindra en partie à cause des destructions perpétrées lors de la quatrième croisade. Toutefois, elles ont permis d’enrichir l’Occident, tant sur le plan culturel, monarchique, qu’économique.
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