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Histoire de l' Empire colonial français

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Après la découverte de l’Amérique et de la route des Indes, la France se lance dans la conquête de nouveaux territoires. Elle façonne ainsi progressivement son premier empire colonial qui, toutefois, ne survivra pas longtemps aux conflits franco-britanniques. Ce n’est qu’à partir de la IIIe République que la France forme un nouvel empire. Elle est alors propulsée parmi les premières grandes puissances coloniales européennes. Tout comme ses voisins européens, la France a entrevu dans la colonisation les possibilités d’enrichissement, de puissance et de prestige qu’elle pouvait offrir. Mais la colonisation repose surtout sur des motivations et des principes qui, au fil des années, auront du mal à s’harmoniser avec l’évolution des pensées.

Un premier empire éphémère


Au milieu du XVIe siècle, la France suit l’exemple de ses voisins espagnols et portugais en se lançant dans la conquête de l’Amérique du Nord. C’est François Ier qui fournit à l’explorateur italien Giovanni da Verrazzano les moyens nécessaires à une première expédition, mais ce voyage se résume à une simple exploration des lieux. Il faut attendre les expéditions de Jacques Cartier, à partir de 1534, pour voir apparaître une réelle volonté de colonisation des terres. Après quelques vaines tentatives, c’est finalement Samuel de Champlain qui prend pied au Canada en fondant la colonie de Québec, en 1608.

Fort de cette première réussite, la France étend ses possessions sur les territoires alentours. C’est ainsi que la Louisiane lui revient en 1682, grâce à Cavelier de la Salle. Pendant ce temps, le pays prend progressivement le pas sur l’Espagne et le Portugal, qui connaissent une certaine régression. Les Antilles sont une cible parfaite pour installer de nouveaux comptoirs. Le commerce étant l’une des principales motivations de l’expansion territoriale du pays, les Français tentent aussi de prendre pied en Indes et dans les environs de l’Océan indien. Après Madagascar, les colons, avec l’aide de Compagnies françaises à charte, telles que celle des Indes orientales, fondent divers comptoirs, dont ceux de Pondichéry et Chandernagor.

L’avancée française finit toutefois par susciter la méfiance des Britanniques, qui ont les mêmes objectifs d’expansion. Supérieurs en nombre et bénéficiant d’une avance territoriale plus importante, ces derniers enlèvent à la France la majorité de ses colonies, notamment lors de la signature du traité d’Utrecht, en 1713 et de Paris, en 1763. Lorsque la Louisiane est vendue par Napoléon Bonaparte aux Etats-Unis en 1803, le premier empire colonial français ne compte plus que Saint-Pierre-et-Miquelon, une partie de Saint-Domingue, la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et quelques comptoirs en Afrique de l’Ouest et en Inde.

Reprise du colonialisme : Second Empire et IIIe République


Au début du XIXe siècle, la certitude qu’un empire plus étendu est synonyme de puissance ressurgit peu à peu dans l’esprit des grands noms du pays. Alors que les troupes françaises se sont déjà installées en 1830 en Algérie sous Louis-Philippe, Napoléon III porte aussi son attention sur le Sénégal, la Cochinchine, le Cambodge et la Nouvelle-Calédonie. Les problèmes que rencontre la France en Europe finissent toutefois par placer la colonisation au second plan.

C’est seulement au cours de la IIIe République que le colonialisme prend une ampleur considérable. Plusieurs facteurs peuvent expliquer le phénomène. Tout d’abord, la France sort d’un conflit désastreux contre la Prusse, durant lequel elle perd l’Alsace et La Lorraine. L’expansion coloniale apparaît alors pour certains politiques comme un moyen de redorer le blason français. À cela s’ajoutent les bénéfices commerciaux que peut tirer la France d’un empire colonial étendu. Enfin, et surtout, certains, convaincus de la supériorité de la civilisation occidentale et dans une démarche progressiste, pensent que l’un des devoirs moraux de la France consiste à apporter la civilisation dans les territoires outre-mer.

La construction de l’empire colonial


Les partisans de la colonisation sont toutefois confrontés aux réticences de certains nationalistes qui aspirent davantage à la revanche qu’à l’expansion, ou de certains socialistes qui dénoncent l’exploitation des populations colonisées. Mais ces premières difficultés n’empêchent pas la France de se lancer dans une politique coloniale. Elle vise dans un premier temps le Maghreb, où l’Algérie est occupée par les Français depuis la Monarchie de Juillet. Il s’agit alors de protéger le territoire déjà conquis en étendant l’influence française aux pays voisins. En 1881, la Tunisie passe ainsi sous protectorat français, mais il faudra attendre 1912 pour que le Maroc s’y conforme à son tour.

La France, sous l’impulsion de Jules Ferry, convoite également l’Indochine. Déjà maîtresse de la Cochinchine depuis le Second Empire, elle parvient à placer l’Annam sous protectorat puis, au prix d’une guerre contre la Chine de 1883 à 1885, à dominer le Tonkin.

Enfin, l’Afrique noire n’échappe pas non plus à l’intérêt des Français. Dès 1895 est créée une fédération de pays africains sous le nom d’Afrique-Occidentale française. Elle regroupe alors le Sénégal, le Soudan français (futur Mali), la Guinée et la Côte d’Ivoire. Poursuivant ses progressions sur le continent, la France mettra ensuite en place l’A-ÉF, Afrique Équatoriale française, en 1910, qui rassemblera alors le Tchad, le Congo, le Gabon et l’Oubangui-Chari.

Encore sous l’effet de la rancœur née des conflits franco-prussiens, l’opinion publique n’est pas tout de suite impliquée dans la question coloniale. D’ailleurs, il y a et y aura toujours très peu d’émigration spontanée de la part des Français vers l’extérieur. Il faut attendre la crise de Fachoda, en 1898, pour voir s’éveiller leur intérêt. Chacun se réjouit également de l’arrivée sur le marché de nouveaux produits à prix réduits issus des colonies.  Enfin, l’idée que la France puisse multiplier ses forces militaires grâce à ses possessions coloniales rassure la population. C’est d’ailleurs sur ce point que s’appuiera le général De Gaulle lors de la Seconde Guerre mondiale pour redonner l’espoir aux Français.

Vers la décolonisation


À l’orée du XXe siècle, la France est le second plus grand empire colonial, après l’Angleterre. Mais le pays semble éprouver des difficultés à renforcer ses territoires et présente quelques défaillances administratives. Bien qu’ "assimilés", les citoyens de l’Algérie ne bénéficient pas tous des mêmes droits politiques. Dans le reste de l’Afrique, les peuples conquis ne sont jamais considérés comme étant des citoyens français. Par ailleurs, le pays gère difficilement les agissements, parfois abusifs, des autorités en place. Ainsi, déjà affaiblie par la Première Guerre mondiale, la France se heurte de plus en plus au réveil indépendantiste des différents pays qu’elle occupe.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la situation s’enlise davantage. En 1944, De Gaulle, alors chef de la France libre, organise la conférence de Brazzaville, censée améliorer le statut de la population africaine. Deux ans plus tard,  une nouvelle Constitution est adoptée. Donnant naissance à la IVe République, elle transforme l’empire colonial français en Union française et crée les DOM. Mais l’empire plonge malgré tout dans la violence.

Les guerres d’Indochine puis d’Algérie éclatent, en même temps que le terrorisme ravage la Tunisie et le Maroc. La IVe République est un échec cuisant qui se solde par la journée du 13 mai 1958. La Ve République n’a alors plus qu’à amorcer sérieusement la décolonisation.

Les années 1960 marquent ainsi concrètement la fin de l’empire colonial. La France ne conservera que ses "vieux territoires", à savoir les Antilles, la Guyane, la Nouvelle-Calédonie, la Réunion, la Polynésie française, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis et Futuna.



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