L’Etat d’Israël fut proclamé le 14 mai 1948 par Ben Gourion. Dès le lendemain, il était attaqué par une coalition de pays arabes et vivait sa première guerre. En effet, ces derniers n’avaient pas approuvé la partition de la Palestine décidée par l’ONU un an plus tôt. Au cœur des territoires qui ont vu naître les trois grandes religions monothéistes, Israël débutait donc son histoire dans la douleur. La double promesse britanniqueL’idée de la création d’un Etat juif en Palestine trouve son origine dans les années 1890, lorsque Théodore Herzl initie le mouvement sioniste. Cette idée d’un retour en terre sacrée après une diaspora millénaire naît en partie des troubles antisémites qui se sont manifestés en France lors de l’affaire Dreyfus.Dominée par l’Empire Ottoman depuis des siècles, la Palestine devient un enjeu important pour les occidentaux pendant la Première Guerre mondiale. En 1915, soutenant la cause nationaliste arabe, les Britanniques, par la voix de Mac-Mahon, promettent leur soutien à l’indépendance des pays arabes et à la protection de leurs lieux saints. Deux ans plus tard, Balfour affirme que le Royaume-Uni soutiendra l’établissement d’un « foyer national » juif en Palestine, à condition qu’il ne remette pas en cause les droits des autres populations. La Palestine a donc été « promise » à la fois aux Juifs et aux Arabes. Dès 1918, elle passe sous mandat britannique. Sa population juive passe de 24 000 à 600 000 habitants en moins de trente ans sous l’effet de l’immigration, tandis que la population arabe passe de 660 000 à 1,2 millions. La situation engendre des troubles de plus en plus forts entre les deux communautés et incite le Royaume-Uni à proposer un plan de partition du pays en 1939. Mais les deux communautés refusent. L’intervention de l’ONUEn 1945, le monde a découvert avec horreur le plan de « Solution finale » conduit par l’Allemagne nazie. Le mouvement sioniste est renforcé par ce drame et incite de plus en plus de juifs à rejoindre la Palestine. Conscient des troubles que cet exode peut engendrer, les britanniques ferment le territoire à toute immigration juive. En 1947, l’ Exodus, qui tente de faire venir 4 500 rescapés de la Shoah en Palestine, est fermement refoulé par les autorités et renvoyé en Allemagne. L’incident suscite l’émotion de la communauté internationale et convainc les Britanniques de remettre le dossier de la Palestine à L’ONU.Dans les mois qui suivent, l’ONU élabore un plan de partage de la Palestine en deux Etats : la Palestine arabe et l’Etat d’Israël. Les grandes nations occidentales (Etats-Unis, URSS, Royaume-Uni, France…) approuvent ce plan mais les Etats arabes s’y opposent. Finalement l’ONU vote en faveur de ce plan. L’opposition avec les Etats arabesLe 14 mai 1948, les dirigeants David Ben Gourion et Chaïm Weizmann proclament la naissance de l’Etat d’Israël, en conformité avec la décision de l’ONU. Cependant, les Etats arabes, qui ont refusé ce plan, attaquent le pays dès le lendemain. Les combats s’arrêtent en 1949 sans traité de paix. Tandis que l’Etat d’Israël est conforté et a annexé des territoires au sud de Gaza, au nord de Nazareth et à l’est de Jérusalem, l’Egypte s’est emparée de la bande de Gaza et la Transjordanie a pris possession de la Cisjordanie. Quant à l’Etat palestinien et la zone internationale autour de Jérusalem, ils n’existent plus.Jusque dans les années 1970, les Etats arabes et Israël s’opposeront sans qu’un Etat palestinien puisse voir le jour. Si les conflits armés entre pays cessent après cette période, le terrorisme palestinien prend le relais et l’existence d’un Etat palestinien et d’Israël reste l’objet de conflits toujours aigus.
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