Karl Marx : on fait tomber le Masque

Seules onzes personnes sont venues rendre un dernier hommage à Karl Marx le 17 mars 1883 au cimetière de Londres, et pourtant il fut l’un des plus grands théoriciens de l’Histoire. Que reste –il de sa véritable parole ? Poing levé découvrons ensemble cet homme.








L’homme à la barbe foisonnante s’est surtout démarqué; de ses pairs, les intellectuels formalistes. Est-ce pour cette raison que de nos jours on a tendance à le pointer du doigt ?

L’éternel marginal
Fils d’avocat Juif, il était destiné à suivre une carrière d’avocat comme son père, seulement il décide encore une fois de ne pas choisir le chemin tracé et il part étudier la philosophie.  A cette période il dépense beaucoup d’argent, pour lui la société idéal serait une société sans argent. Cela le suivra toute sa vie puisqu’il n’aura jamais de travail fixe, et vivra dans une pauvreté accablante qui conduira même un de ses fils à mourir de faim.  Il écrivit d’ailleurs ironiquement « Je ne pense pas qu'on ait jamais écrit sur l'argent tout en en manquant à ce point ».
Jusqu’à sa mort, Marx restera une sorte d’anachorète à commencer par ses vadrouilles. Il passera plusieurs fois par la France au gré des révolutions, reviendra de temps en temps dans sa patrie natal en Allemagne, et finira par se réfugier en Angleterre.
D'ailleurs ceux qui parlent de son appartement deux pièces de Londres le décrive comme une sorte de taudis, dans lequel les objets s'entassent autant que la famille Marx de façon relativement anarchique.

Jenny, l’amour de sa vie


Très tôt dans sa jeunesse il remarque la grâce de la fille du baron von Westphalen dont la réputation dépasse les frontières de sa région. Peu avantagé par son physique et son origine Juive, il tente tout de même sa chance auprès de la jeune fille. Cette dernière tombe follement amoureuse et oblige son père à lui donner sa main.

Il s’agit en quelque sorte de sa Muse, qui sait par ailleurs comprendre ce drôle de marginal.
Cet amour résistera aux soucis qui vont perler la vie du couple à commencer par la pauvreté ambiante. Il ne cédera pas non plus face à l’enfant que Marx aura avec sa servante et qu’il reniera par la suite.

Son ami Engels







Une rencontre à Paris à l’âge de 25 ans forgera une amitié légendaire entre un Philosophe miséreux et un Bourgeois aux idées nouvelles. A commencer par le fils caché de Marx qu’Engels accepte de reconnaitre pour le bien de son ami.
Leur relation fut principalement épistolaire, puisqu’ils s’envoyaient quotidiennement 2 à 3 lettres. Ils travaillèrent en synergie sur de nombreux textes, que l’un ou l’autre signait.
Comme souvent l’histoire est un mélange de blanc et de noir. En effet, on reproche à Engels son avarice à l’égard de Marx. D’une part le fait avoir éduqué ce fils illégitime à petit frais et d’autre part d’avoir donné de l’argent au compte-goutte à Marx et qui plus est, il s’agissait de sommes dérisoires comparativement à sa fortune.
Quoi que l’on puisse penser, ils restèrent ami jusqu’à la tombe et réussirent à soutenir des idées qu’ils étaient pratiquement les seuls à partager.

Marx & Marxisme

On le considère volontiers comme le père fondateur du communisme et un des moteurs du socialisme. Malgré cela, à partir des années 80 on a voulu liquider littéralement Marx, étouffer sa pensée théorique et politique. On a même très vite tendance à le placer sur l’échafaud pour des crimes qu’il n’a pourtant pas commis (cf Staline, Lénine, Ceausescu...).  Heureusement, bon nombre de personnes se sont replongé dans son œuvre et se sont rendu compte à quelle point elle était contemporaine et différente de l’idée ancrée dans les mœurs.
Tout d’abord il est a noté qu’il n’a fait que développer la théorie de la lutte des classe ou l’éternel combat des patriciens contre les plébéiens, à partir d’écrits d’historiens français. Cet homme a eu une grande lucidité, c’est de voir la relation évidente entre histoire et économie contrairement à la vision qui considère  l’économie comme des équilibres et des déséquilibres. A l’intérieur, la lutte des classe est le moteur de l’histoire : la bourgeoisie qui possède le capital exploite le prolétariat, détenteur de sa seule force de travail et s’appauvrissant sans cesse (loi de paupérisation).
« Marx avait tout prévu sauf le marxisme » déclara un penseur. En effet, paradoxalement il avait vu en quoi le capitalisme constituait une libération des aliénations antérieures, il a fait l’apologie du libre-échange et n’a jamais cru possible le socialisme dans un seul pays. Selon lui, il serait apparu en dépassement d’une vague capitalisme devenue universelle. Viendrait alors la société de la gratuité et de l’abondance.
Par-dessus tout cela, il n’a pas parlé de dictature du prolétariat puisqu’il était pour la liberté d’expression, de la presse et pour l’indépendance des juges. De plus la nationalisation n’a jamais été intéressante pour Marx, elle pouvait être à la limite une étape passagère vers une autre période plus stable.

Si l’on fait les comptes de tout cela, il est facile de s’apercevoir la pensée de Marx et le Marxisme sont bel et bien distinct. Le Marxisme est en fait une sorte de vision de propagande où certaines personnes peu scrupuleuses ont remodelé la pensée du philosophe. De nos jours certains luttent encore pour rétablir son vrai visage.

Cet article étant assez succinct, pour en savoir plus je vous conseille la biographie faite par Jacques Attali ou encore « Marx, prénom : Karl » de Pierre Dardot et Christian Laval.

Annonces Google