Léonard de Vinci : on fait tomber le Masque.

Présenté comme le stéréotype de l’humaniste de la Renaissance, Léonard de Vinci reste dans le public comme un génie aux talents multiples. Voyageons ensemble à travers l’Italie et la France du XVème et XVIème siècle, sur les traces du prodigieux vagabond.

Un artiste/ingénieur au service des puissants

De Vinci est un migrant, il va voyager  de mécènes en mécènes. Il quitte Florence à 26 ans pour le château du duc de Milan : Ludovic Sforza (pour qui il a peint La dame à l'hermine ci-contre). Ce dernier a une réputation de tyran protecteur des arts. Il laissera libre cours à son génie. Il passe ensuite par Mantoue, Venise et Florence et retourne à Milan qui a été prise par les Français. Charles d’Amboise lui laisse une nouvelle fois carte blanche notamment pour les dissections, puisque des cadavres humains frais sont à mis à sa disposition. Les temps changent, et ce sont les Médicis qui rachètent ses services, il rentre en concurrence avec ses camarades  Raphael et Michel-Ange.
Après sa victoire en 1515 à Marignan, c’est François 1er qui a eu vent des talents de Léonard, il décide donc de mettre son grappin dessus. L’artiste finira donc ses jours confortablement dans le petit château du Clos Lucé dans la région de la Loire.
De Vinci a donc été un artiste plutôt libre dans sa création artistique et ses recherches. Vu son talent les puissants lui donnaient carte blanche à condition qu’il réalise quelques commandes. Il poussa même parfois la liberté jusqu’à partir plusieurs fois sans terminer ses commandes. Ainsi il vagabonda librement, au grès de ses recherches et de ses lubies, son génie comme figure de proue.

Autodidacte aux savoirs multiples








La grande souffrance de Léonard fut de ne pas avoir reçu une éducation digne de ses pairs érudits. Ainsi il n’apprit pas le latin, et partit de son petit village de Vinci avec un Italien très basique. Voici une autre chose qui fissure le mythe du savant parfait.
Et pourtant cela n’a en aucun cas bridé son génie, au contraire cela a peut-être ravivé sa soif de connaissance et sa motivation. Il fut avant tout artiste. Le premier talent saute aux yeux est bien sur la peinture puisqu’il entra à l’âge de 14 ans dans l’atelier de maitre Verrochio. On lui doit des tableaux devenu extrêmement célèbres comme la Vierge aux rochers (1483), la Cène (1495) de l’Eglise Santa Maria delle Grazie de Milan, Sainte Anne la Vierge et l’enfant (1502), la Joconde (1503), … Voulant toujours aller plus loin il développa de nouvelles techniques picturales comme le sfumato ou son savoir-faire pour les ombres et les lumières.
Toujours dans le domaine de l’art, ses sculptures se font plus discrètes. Il entreprit le projet d’une statue équestre majestueuse du duc Francesco Sforza capable de concurrencer voir de dépasser le chef d’œuvre de son maitre Verrochio « le Colleone ». Ironie du sort, ce projet n’atteint jamais son terme faute de bronze réquisitionné pour fabriquer des canons. Malheureusement la guerre prime souvent sur l’art.

Son autre versant d’ingénieur est également très connu. C’est un des premiers à étudier les mécanismes de la vie. On peut citer son intérêt pour la botanique ou encore l’anatomie. On lui doit de nombreux croquis détaillés sur la physiologie humaine et animale, malgré de nombreuses erreurs dû à la trop grande influence de Galien sur les idées médicales de l’époque. Pour lui, il était essentiel de connaitre et d’observer pour mieux reproduire, d’où les dissections qu’il a pratiqué dans son laboratoire de recherche. Ces travaux aboutissaient donc parfois à des machines comme son planeur inspiré de ses études sur les oiseaux. Il en conçut énormément  de toutes sortes, dont certaines peuvent être vues de nos jours dans son château du Clos Lucé à Amboise. Fait dommage pour lui, les matériaux et les techniques de l’époque ne lui permettaient pas de les rendre fonctionnelles. Outre ses machines impressionnantes, tout était pour lui source d’inspiration pour de nouvelles innovations et tout était potentiellement améliorable. Ainsi il a fait évoluer des outils du quotidien comme les serrures des coffres du duc de Milan, il a engendré une machine à polir les miroirs…
Enfin, monsieur de Vinci avait un penchant pour les mathématiques et l’architecture. Ne disposant que de rudiments, il dû une nouvelle fois faire sa propre éducation. Sa créativité s’exprima donc dans de nombreux domaines scientifiques.

Des talents peu connus : la musique et l’animation
On sait de différents textes que Léonard était un excellent musicien, et un très bon improvisateur. Il fit notamment impression lorsqu’il créa une lyre en argent, ayant la forme d’une tête de cheval, cadeau de Laurent le magnifique à Ludovic Sforza. Il fit une démonstration de ses talents musicaux avec. Malheureusement il ne nous reste aucune partition qui puisse en témoigner.
Enfin Léonard organisa pour ses mécènes des fêtes splendides ! Sa polyvalence lui permettait de s’occuper de la décoration, de la musique… Jusqu’à la cerise sur le gâteau c’est-à-dire le spectacle de la soirée qui devait être splendide. Il utilisait notamment des automates de sa fabrication qui à l’époque étaient totalement novateurs.

Mentalité d’exception ou philosophie de vie « Da Vincienne »

Qui était Da Vinci en réalité ? Malgré les textes qui nous restent de sa main, il est difficile de saisir sa véritable personnalité. On n’arrive toujours pas à établir sa véritable sexualité, quoi qu’il en soit il semblerait qu’il donne peu d’importance à l’amour si futile. Il préfère sans doute se donner corps et âme à ses recherches. Il est de ces hommes dont la curiosité gargantuesque fait émerger le génie en dépit d’une vie sentimentale asséchée. Mais ne soyons pas catégorique puisque Salaï pendant son enfance saura attendrir le cœur de Léonard qui finira par l’adopter.

Ce qui fascine son génie avant tout est le pouvoir créateur de l’homme plus que son pouvoir réalisateur. Cela expliquerait pourquoi il crée une tonne de croquis de machines qui sortent de son imagination, sans qu’on sache si un jour elles furent construites. On remarque également qu’il fait un grand effort esthétique, particulièrement pour les machines les moins fonctionnelles. On obtient ainsi une création parfaite visuellement et de par son idée novatrice, mais une réalité plus ou moins bancale. Ainsi il eut peu d’impact sur les générations qui le succédèrent au niveau de l’ingénierie, ce qui n’empêcha pas sa renommée de gravir les sommets.
Enfin, il nous faut revenir sur son caractère autodidacte qu’il clame haut et fort. En effet, il a toujours mis en avant la pratique en tant que source de connaissance et exècre tous les scientifiques véreux qui s’appuie sur des vérités à priori. Léonard ne croit qu’en l’expérience, et donc à la vérité a posteriori. En cela on décèle chez lui une âme d’artisan, c’est ce qui fait sa vraie force et son originalité.
« Ce qui fait la noblesse d’une chose, c’est son éternité » disait-il. Est-ce cela que Léonard visait à tout pris en créant ? Tant de questions qui restent sans réponse à cause d’un trop peu de textes authentiques parvenues jusqu’à notre époque. Quoi qu’il en soit, cet humaniste accompli et singulier fut anoblit des plus grandes lettres par le temps.

Sources : l’ouvrage « Léonard de Vinci » collection génies et réalités par Marcel Brion, Jean Cocteau et divers autres auteurs et le site internet vinci-closluce.com.

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