Dossier histoire de l' insurrection de Budapest

Histoire de l' insurrection de Budapest

SommaireEn DétailDates

  En Détail  

Dans le but d’obtenir le retrait des troupes soviétiques et la démocratisation politique du pays, la population hongroise s’insurge avec violence, dès le 23 octobre 1956. La révolte, qui peut s’assimiler à une véritable guerre civile, se poursuit jusqu’au mois de novembre. Composés d’étudiants, d’ouvriers et d’intellectuels, les groupes d’insurgés ne peuvent rivaliser avec les troupes soviétiques, qui finissent par ouvrir le feu sur la foule. Bilan : 25 000 morts et une démocratisation en suspend.

La montée en puissance du communisme


Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Hongrie étend ses frontières sur une partie de la Transylvanie et de la Yougoslavie. En échange de ces nouveaux territoires, le pays doit se ranger aux côtés de l’Allemagne, qui s’apprête alors à attaquer l’URSS. Les troupes hongroises ne tardent pas à participer au conflit, mais les pertes qui en résultent pousse le gouvernement à envisager un accord de paix. Toutefois, la situation se retourne contre le pays, puisqu’en mars 1944, il est envahi par la Wehrmacht. L’URSS réplique en envoyant l’Armée rouge sur le territoire. Il faut attendre le 20 janvier 1945 pour que l’armistice soit signé.

Un gouvernement provisoire est alors mis en place et tente de redresser le pays avec l’adoption d’une réforme agraire et la nationalisation industrielle et financière. Les premières élections organisées donnent la victoire au parti agrarien – ou parti des petits propriétaires – tandis que le Parti communiste, dont le secrétaire général est le stalinien Mátyás Rákosi, accepte difficilement sa défaite.

La situation économique de la Hongrie devient de plus en plus catastrophique et le Parti agrarien est victime d’une conspiration. Très affaibli, il ne peut lutter contre la coalition de gauche formée par le Parti communiste. Cette dernière remporte les élections de 1947. Au cours des années suivantes, le Parti agrarien est démantelé et le pouvoir communiste s’intensifie, toujours sous la houlette de Rákosi. Le processus du rideau de fer est déjà amorcé et commence à se faire sentir sur le territoire. En août 1949, la République populaire hongroise signe le début d’une coopération avec l’URSS, accompagnée d’une politique de collectivisation et de répressions. La Hongrie devient concrètement un État satellite de l’URSS, au même titre que le seront la Pologne et la Tchécoslovaquie.  

Les conséquences de la déstalinisation


Le 5 mars 1953, la mort de Staline ouvre la voie à un processus de déstalinisation, doucement amorcé par Khrouchtchev. Cet événement ne manque pas de faire naître l’espoir d’un régime plus libéral. Dans ce contexte, le chef du gouvernement, Rákosi, est remplacé par le communiste modéré Imre Nagy. La Hongrie intègre cette même année le pacte de Varsovie. Rákosi conserve toutefois ses fonctions de secrétaire général du Parti communiste et désapprouve fortement la politique de libéralisation du nouveau Premier ministre. Il parvient donc à le destituer, puis à s’emparer à nouveau des rênes du pouvoir. La victoire est temporaire, puisque dès juillet 1956, l’opinion publique en faveur de Nagy et les dénonciations de Khrouchtchev sur le régime stalinien le poussent à démissionner. C’est le communiste de la ligne dure, Enö Gerö, qui le remplace alors.

Parallèlement à ces événements, des tensions naissent et s’intensifient en Pologne, depuis la mort de Staline. Une manifestation d’ouvriers se déroule à Poznan, en juin 1956, afin d’obtenir la démocratisation politique du pays. En octobre, Vladislav Gomulka, qui avait été emprisonné pour avoir soutenu la Yougoslavie contre l’URSS à la fin des années 1940, récupère le pouvoir polonais. L’écho de ces événements traversent les frontières hongroises et suscite un vif soutien de la part de la population. Des manifestations d’étudiants, bientôt rejoints par les intellectuels et les ouvriers, s’organisent dans le pays. Les revendications sont les mêmes qu’en Pologne.

Le 23 octobre, les manifestants se rassemblent sur la place Bem, à Budapest. Ils réclament de nouvelles réformes démocratiques et le retrait total des troupes soviétiques. Les tensions montent rapidement, la statue de Staline est démontée tandis qu’Enö Gerö résiste et profère des menaces. Il les met à exécution en ordonnant à la police hongroise d’ouvrir le feu. L’insurrection, avec son lot de violence et de sang, éclate alors véritablement.

Pour apaiser les tensions, Imre Nagy revient au pouvoir dès le 24 octobre. Il parvient à négocier le retrait de l’Armée rouge de Budapest, qui commence le 28 octobre. Malgré cela, la révolution se poursuit, une grève générale est amorcée et les insurgés libèrent le cardinal Mindszenty, condamné à perpétuité sous la République populaire. Nagy est irrémédiablement entraîné dans le sillage insurrectionnel.

Une insurrection réprimée dans le sang


Au lendemain du retrait des troupes soviétiques, Imre Nagy rejoint la voie de la démocratisation, revendiquée par les insurgés. Multipliant les concessions, il met en place un gouvernement de coalition et dénonce l’adhésion du pays au Pacte de Varsovie. Il lance également un appel à l’ONU afin que l’Organisation reconnaisse la neutralité de la Hongrie. Parallèlement, des négociations sont entamées avec Moscou.

Face à l’ampleur des événements, l’URSS réagit. János Kádár, qui avait remplacé Gerö en tant que secrétaire général du Parti, profite de la situation pour former un gouvernement d’opposition, qui soutient largement l’URSS. Le 4 novembre, l’Armée rouge fait son entrée dans la capitale et ouvre le feu. L’Occident assiste au conflit dans l’inaction totale et la Hongrie se retrouve seule contre les forces soviétiques. La résistance et la détermination des insurgés ne sont pas suffisantes pour leur tenir tête. La population est littéralement écrasée. On compte 25 000 morts et 160 000 réfugiés à l’Ouest. Imre Nagy, quant à lui, trouve refuge à l’ambassade yougoslave avant d’être arrêté puis exécuté en 1958.

L’insurrection de Budapest se solde par un bilan funeste particulièrement lourd, qui symbolise sans conteste les limites de la déstalinisation, même au sein des pays satellites. L’événement a également pour conséquence d’altérer plus profondément encore l’image de l’URSS aux yeux de l’Occident. Douze ans plus tard, les Tchèques verront, eux aussi, leurs espoirs de libéralisation ruinés par les tirs des chars soviétiques, lors du Printemps de Prague. L’absence de réaction de la part des Occidentaux démontrera une fois de plus que les Républiques populaires d’Europe de l’Est dépendent totalement du bon vouloir de Moscou.



L' insurrection de Budapest : Sommaire

L' insurrection de Budapest : Dates


 
  Envoyer à un ami |  Imprimer  
 







RECHERCHE
Mot-clé
Un jour
Année  Ex : 1959
Pays
Thèmes


Top des recherches  Recherche avancée
L'ACTUALITE EN DIRECT
En images
» Monde Obama à Copenhague : le monde doit trouver un accord, même s'il est imparfait
» France Le Centre Pompidou rouvre ses portes après 24 jours de fermeture

Sondage

La Constitution française a 50 ans. Changer de constitution, comme plusieurs hommes politiques l’ont suggéré lors de la dernière campagne présidentielle, c’est :

Tous les sondages

Témoignages

Les femmes qui ont marqué l’histoire

Si les femmes ont souvent été oubliées par l’Histoire, certaines sont parvenues à laisser leurs empreintes au cœur de sociétés dominées par les hommes. Quelle femme avez-vous retenue dans l’histoire de la politique, de la science ou de la société ?

Participez | Premiers témoignages

Vos images anciennes des bains de mer

Participez | Premiers témoignages

Quel monument historique vous impressionne le plus ?

Participez | Premiers témoignages

Histoire : tous les témoignages

rechercher

Services personnalisés gratuits : Inscrivez-vous | Accès membres

Accès membres : merci de vous identifier Mot de passe oublié ?

Bienvenue Prénom - Déconnexion