Dossier histoire de l' Italie fasciste
© Roger-Viollet

Histoire de l' Italie fasciste

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"Tout dans l’État, rien contre l’État, rien hors de l’État". C’est par cette formule de Benito Mussolini que le fascisme italien peut le mieux se définir. Pendant des années, Mussolini s'efforcera, en effet, de maintenir et de renforcer un régime dictatorial totalitaire. Le mouvement fasciste apparaît au lendemain de la Première Guerre mondiale dans une Italie très agitée. C’est ce contexte qui va favoriser son développement et sa fulgurante ascension. Jusqu’à sa chute en 1945, un seul homme tiendra les rênes du pays, façonnant, sous la dictature, une nouvelle Italie. 

Le contexte de la naissance du fascisme

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la population italienne est partagée entre la déception et l’angoisse. Déception, d’une part, car les Italiens, vainqueurs de l’Autriche en 1918, se sentent trahis par les Alliés qui ne tiennent pas leurs engagements. Ils avaient en effet promis plusieurs territoires au pays si celui-ci entrait en guerre à leurs côtés (1915). Angoisse, d’autre part, car l’Italie plonge dans une crise économique, politique et sociale suffisamment grave pour provoquer de nombreuses grèves. À cela s’ajoutent les répercussions de la révolution russe de 1917, qui font craindre aux propriétaires et aux industriels la montée du communisme bolchevique.

C’est dans ce contexte que Benito Mussolini, d’abord d’inspiration socialiste, fonde en 1919 ses premières milices : les Faisceaux italiens de combat (le terme "fascisme", de l’italien "fasci", "faisceaux", en est issu). Ces premières escouades se composent essentiellement d’anciens combattants exaspérés par la situation. Très vite, ils vont enfler leurs rangs.

La montée au pouvoir du fascisme

À partir des années 1920, les grèves ouvrières se font de plus en plus virulentes. En réprimant l’agitation du pays, le mouvement fasciste gagne progressivement le soutien des grands propriétaires terriens, des industriels, puis des catholiques conservateurs et des militaires. En même temps, les nouveaux adhérents se multiplient. C’est ainsi qu’en 1921, le mouvement parvient à obtenir 35 sièges au Parlement.

Cette même année, Mussolini décide de rassembler ses "chemises noires" au sein du Parti national fasciste. Plus l’Italie plonge dans le marasme politique, plus il s’attire les faveurs de l’opinion. Ainsi, lorsque Mussolini envoie symboliquement ses troupes vers Rome, le roi italien Victor-Emmanuel III préfère nommer le chef fasciste à la tête du gouvernement plutôt que de proclamer l’état de siège. Le souverain semble voir dans ce personnage la possibilité de sortir le pays du gouffre.

Vers l’État italien fasciste

Désormais président du Conseil, Mussolini ne s’éloigne pas tout de suite de la législation italienne actuelle, le temps de s’attirer la confiance de toute la population. Ce n’est que lorsque le socialiste Giacomo Matteotti est assassiné que la situation change brusquement.

Mussolini décide d’endosser la responsabilité du meurtre et commence la fascisation intensive du pays. Le chef de l’État applique un régime totalitaire et toute la société civile se voit solidement engluée dans les diverses mesures qu’il adopte. La jeunesse italienne est enfermée très tôt au sein d’organisations para-militaires, et ce dès l’âge de 4 ans.

Les lois "fascistissimes" de 1926 concrétiseront encore le nouvel État italien fasciste.  À l’intérieur du pays, Mussolini s’efforce de relever la situation économique par une politique autarcique. Par une propagande nationaliste toujours plus envahissante, il fait appel au dévouement des travailleurs. C’est ainsi qu’ont lieu la "bataille du blé" ou de "la bonification des terres" et le lancement de grands travaux.

Désormais appelé le "Duce", il s’attelle ainsi à la solidification du régime. Mais Mussolini semble plus axé sur la conquête du pouvoir que sur l’élaboration précise et l’application d’une idéologie fasciste. Même les définitions de la doctrine fasciste élaborées par le philosophe Gentile restent vagues. Quoiqu’il en soit, le fascisme mussolinien s’improvise toujours selon les principes du Duce : l’antilibéralisme, l’anti-individualisme, le nationalisme, le rôle primordial et unique de l’État et la discipline populaire.

Le fascisme italien sur le plan international

À l’extérieur, Mussolini agit d’abord avec modération et prudence. En 1929, il use de diplomatie lors des accords du Latran signés avec le Saint-Siège. Dès 1933, il fait preuve de beaucoup de méfiance vis-à-vis de Hitler et se rapproche de la France et du Royaume-Uni.

Fort de ce rapprochement diplomatique, Mussolini, qui rêve de rétablir une Italie "romaine", se sent prêt à envahir l’Éthiopie. Mais c’est avec surprise qu’il voit ses alliés européens contrecarrer ses plans. En effet, la France et l’Angleterre s’opposent fortement à son comportement colonial et soutiennent les sanctions économiques décrétées par la SDN à son encontre. Cet événement majeur a pour conséquence de rapprocher le Duce de Hitler.

L’alliance entre l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie est scellée par l’ "Axe Rome-Berlin" en 1936, et plus concrètement par le pacte d’Acier en 1939. Bien que Mussolini joue d’abord un rôle de modérateur sur son allié, il est rapidement entraîné dans le tourbillon de la guerre. Mais le Duce commet de nombreuses erreurs militaires et devient presque gênant aux yeux du chef nazi.

La chute du régime mussolinien

Lorsque les Alliés envahissent la Sicile en juillet 1943, le Grand Conseil fasciste démet Mussolini, qui est placé en détention dès le lendemain. Un gouvernement de transition est mis en place par Badoglio, qui signe l’armistice avec les Alliés et déclare la guerre à l’Allemagne. Hitler réagit immédiatement en envoyant la Wehrmacht sur le territoire. Mussolini est libéré et forme un nouveau gouvernement au Nord, tandis que le gouvernement de Badoglio se réfugie au Sud du pays.

Jusqu’en mai 1945, Alliés et nazis s’affrontent sur le territoire. Mussolini, quant à lui, est intercepté par des partisans antifascistes après l’occupation de Rome par les Alliés. Il est exécuté le 28 avril 1945 et les troupes nazies capitulent le 2 mai. Ce sera alors aux gouvernements de Ferrucio Parri, puis de Alcide De Gasperi de rétablir la démocratie en Italie.

C’est au cœur d’agitations économiques, politiques et sociales que le fascisme de Mussolini a su se développer. Progressif, d’abord ancré à l’intérieur du pays pour en redresser la situation, il s’est étendu sur le continent par l’intermédiaire de son alliance avec l’Allemagne nazie. Mais de par cette alliance avec Hitler, le fascisme, comme toute dictature totalitaire, deviendra rapidement symbole de criminalité aux yeux des nations démocratiques, le menant à sa perte.



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