La construction européenne : d'une coopération économique à une union politique
La construction européenne est née d'une coopération économique qu'il a fallu, au rythme des élargissements, transformer en union politique forte. La tâche s'avère longue et difficile.
Les premiers pas : la CECA et la CEE
» Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe de l’Ouest se reconstruit tout en prenant garde à la dépendance économique qui la lie aux Etats-Unis et la menace militaire de l’URSS. Dans ce contexte de guerre froide, l’idée de faire bloc pour s’affranchir du poids des grandes puissances se fait de plus en plus forte dans l’esprit des dirigeants. Les Français Jean Monnet et Robert Schuman envisagent une première unification basée sur la coopération économique. Six pays adhèrent à cette idée en 1951, formant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). En mettant en commun les ressources en acier et en charbon de la France et de l’Allemagne, les pères fondateurs de l’Europe souhaitent en fait empêcher définitivement une guerre entre les deux pays.
» Une union politique prolongeant cette alliance économique est rapidement envisagée. Le rejet de la CED (Communauté européenne de défense) par la France en 1954 témoigne de la difficulté de cette entreprise. Ce constat pousse les dirigeants des pays membres à se concentrer d'abord sur la mise en place du marché unique. Ainsi, dès 1957, par le Traité de Rome, ces six pays fondateurs créent la Communauté économique européenne (CEE).
La coopération économique : les premiers élargissements
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La construction européenne est amorcée. La CEE suscite cependant la méfiance des pays européens non membres, parmi lesquels figure le Royaume-Uni. Sous l'impulsion de ce dernier, l'Association européenne de libre-échange (AELE) est mise en place pour concurrencer la CEE. Mais face aux succès de la communauté économique, les membres de l'AELE vont être de plus en plus nombreux à la rejoindre.
» C'est ainsi que la Communauté européenne connaît ses premiers agrandissements en 1973, 1981 et 1986. En même temps, l’élaboration du marché commun se concrétise, notamment avec la signature de l'Acte unique européen en février 1986. En remodelant le système institutionnel de la Communauté, celui-ci vise à accélérer la mise en place du marché unique, dont l’achèvement est prévu pour 1992.
L’Union européenne, vers une entente politique
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Dans les années 1990, l’Europe connaît d’importants bouleversements. Avec l’éclatement du bloc communiste, de nouvelles perspectives d’expansion sont possibles. Parallèlement, le renforcement de l’union se poursuit. Le traité de Maastricht, difficilement ratifié de 1990 à 1992, entre en vigueur le 1er novembre 1993. Un pas décisif est alors franchi : le traité transforme la CEE en Union européenne et ouvre la voie à une citoyenneté commune, à une monnaie unique et à l’harmonisation des politiques extérieures.
» En 1992, les pays de l’Union et les derniers membres de l’AELE, à savoir le Liechtenstein, la Norvège, la Suisse et l’Islande, s’accordent sur la mise en place d’un Espace économique européen (EEE), vaste zone de libre-échange entre les adhérents. Cependant, après référendum, la Suisse refuse d’y adhérer. En même temps, les accords de Schengen, signés en 1985, entrent en vigueur en 1995 pour permettre la libre circulation des individus sur les territoires des signataires.
L'Union en crise ?
» À partir de 1998, l’intégration de plusieurs pays de l’Est est envisagée, mais ces perspectives d’élargissement nécessitent encore des refontes institutionnelles. Il devient également nécessaire d’harmoniser les politiques de chacun. Le traité d’Amsterdam, entré en vigueur en 1999, vise justement à parfaire le système de l’Union : il accroît le pouvoir du Parlement européen et revoit le fonctionnement de la Commission et le système de vote du Conseil. Par ailleurs, il s’appuie sur l’élaboration d’un espace de liberté, de justice et de sécurité, mettant l’accent sur l’emploi, et les droits sociaux.
» À ces accords s’ajoute le traité de Nice, signé en 2001 et appliqué en 2003 en vue d’organiser une Europe plus étendue. Il institue le vote à majorité qualifiée au Conseil et revoit la répartition des sièges au Parlement. Dès lors, une Europe à 27 est possible : dix nouveaux pays intègrent l’Union en 2004, suivis par la Roumanie et la Bulgarie en 2007.
» La prochaine étape vers une union politique forte consisterait à adopter une Constitution européenne. Signée en octobre 2004, elle a toutefois été rejetée par la France et les Pays-Bas en 2005. Le projet est donc actuellement en suspend.