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27/07/2006
"La force des Expositions : faire appel à l'imaginaire"
| Le Secrétaire Général du Bureau International des Expositions, Vicente Gonzalez Loscertales, nous a reçu au siège de l'organisation, à Paris. Il revient sur l'histoire et le rôle de ces manifestations. |
Les Expositions connaissent leur âge d'or au XIXème siècle, déclinent au XXème et semblent revenir à la mode au XXIème siècle, comment l'expliquez-vous ?
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| "La ville devient un acteur global que l'on cherche à promouvoir." |
Au XIXème siècle, les Expositions connaissent, il est vrai, une période dorée. C'est l'époque du gigantisme et des nouvelles utopies urbaines. Au XXème siècle, leur expansion est freinée pour des raisons économiques et par les tensions internationales, la crise des années 1930, les deux
guerres mondiales, la guerre froide, etc. Leur intérêt même est remis en cause. On se demande s'il est raisonnable d'augmenter la pression fiscale pour financer ces grands projets. Le XXème siècle voit aussi émerger une culture de masse à laquelle les Expositions tardent à s'adapter. Aujourd'hui, on se rend compte que la télévision ou Internet ne font pas concurrence aux Expositions, mais qu'au contraire, ces nouveaux médias permettent de les promouvoir et d'en faire profiter ceux qui n'y ont pas accès. Et puis le virtuel ne suffit pas, les hommes ont toujours et auront toujours besoin de se
rencontrer.
Quelles autres raisons expliquent la renaissance des Expositions ?
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Le Bureau International des Expositions
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-Depuis 1928, l'organisation des Expositions est gérée par le BIE, chargé d'étudier les candidatures et de veiller à leur bon déroulement. Relèvent de sa compétence les rassemblements non commerciaux, d'une durée supérieure à 3 semaines, organisés par un Etat et pour lesquelles des invitations sont envoyées par voie diplomatique.
On distingue les Expositions universelles, prévues tous les 5 ans, des Expositions internationales ayant lieu dans leur intervalle et de moindre ampleur.
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Elle est liée à l'importance que l'on accorde de nouveau à l'architecture, aux projets urbains. La ville elle-même devient un acteur central de l'espace mondial, que l'on cherche à promouvoir. Les Expositions sont également une formidable occasion de débattre et d'avancer sur les grandes problématiques d'actualité. Prenez l'Exposition de Saragosse, qui aura lieu autour du thème de l'eau en 2008. Elle va permettre la rencontre de spécialistes de tous horizons, d'entreprises, d'ONG, et ce, pendant plusieurs mois. Par rapport à d'autres types de manifestations ou de colloques, les Expositions
ont aussi la spécificité de faire appel à l'imaginaire, à l'émotion, et donc de mieux mobiliser les experts et les citoyens. Elles ont toujours été des Elles ont des vertues pédagogiques, mais également diplomatiques. Pendant des mois, des pays acceptent de vivre ensemble, de respecter un même code, de
dialoguer.
L'organisation des Expositions sera-t-elle toujours l'apanage des grandes puissances ?
A priori, tous les pays peuvent être candidats, mais la tenue d'une Exposition nécessite d'importantes infrastructures que ne possèdent pas les pays les plus pauvres. Par contre, ces manifestations peuvent être un accélérateur pour les pays en voie de développement, en fixant des
échéances de travaux à respecter et en améliorant leur image de marque. D'autre part, entre les Expositions universelles qui ont lieu tous les 5 ans, des Expositions internationales moins étendues mais à forte concentration thématique peuvent être organisées par des villes moyenne. Saragosse travaillera ainsi autour de l'eau en
2008.
Quels sont les critères de sélection des villes candidates ?
Ils sont de deux types : en premier lieu, le pays doit posséder les infrastructures nécessaires, présenter certaines conditions politiques et un projet solide. Si ces conditions sont réunies, le comité examine la candidature.
Le deuxième critère est le pouvoir de séduction qu'exerce le projet sur le comité de sélection.
Pour 2010, la candidature de Shanghai nous a tout de suite enthousiamé car la Chine est aujourd'hui un pays qui fascine. L'Exposition sera une occasion pour le pays de s'ouvrir un peu plus sur le monde et pour le monde de s'ouvrir sur la Chine.
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| "Les Expositions doivent anticiper les changements de demain, être " |
Peut-on faire un parallèle avec l'organisation des Jeux Olympiques ?
Ici, les acteurs sont les Etats eux-mêmes. Les relations bilatérales qu'entretient le pays candidat avec les autres pays sont donc plus importantes.
Quels sont les thèmes les plus porteurs aujourd'hui ?
Il faut trouver un thème en vogue mais aussi être visionnaire, en abordant les questions qui vont impacter la vie des générations futures, l'énergie, l'alimentation, la santé, les nouvelles technologies...Les Expositions ont toujours été tournées vers l'avenir et doivent l'utopie, anticiper les changements de demain.
Paris était candidate pour 2004, mais sa candidature a été retirée… Que s'est-il passé exactement ?
Le projet de Paris était, selon moi, un excellent projet, construit autour du thème de l'image en Seine-Saint-Denis, - un département multiculturel, dynamique, compte de très nombreuses entreprises de l'audiovisuel - et qui aurait permis la revalorisation et le développement économique et social de la région. Le projet était vraiment ambitieux, original, légitime, mais a été compromis par le changement de gouvernement. C'est triste et dommage. D'autant que la France doit maintenant attendre 15 ans avant de se représenter, sa candidature ayant été
retirée après avoir été
enregistrée.
Après la tenue des Expositions, que se passe-t-il ? Quel héritage laissent-elles au pays d'accueil ?
Après les six mois d'Exposition, un certain nombre de constructions disparaissent, d'autres s'intègrent dans la ville, ce qui n'est pas toujours facile. Séville a ainsi mis sept ans à reconvertir son parc d'exposition en parc scientifique. Nous veillons aujourd'hui de plus en plus à "l'après exposition", qui doit faire partie du projet. Il doit être ambitieux, mais aussi pragmatique. La Tour Eiffel est un bel exemple : elle a mis du temps à être acceptée par les Français, mais elle reste aujourd'hui un fabuleux symbole national et un centre d'attraction touristique.
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