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DOSSIER
 
19/07/2006

Joseph Kessel

Aujourd’hui plus connu pour ses romans, Joseph Kessel (1898-1979) fut aussi un grand reporter, un résistant, un aventurier et un explorateur infatigable, sur tous les fronts et tous les continents.

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Joseph Kessel dans les locaux de l'agence Havas à Madrid en 1938 © Jean Moral/Collection Brigitte Moral

Né en Argentine dans une famille d'origine juive lithuanienne, Joseph Kessel est emmené par ses parents vers l'Oural avant de s'installer en France. Brillant élève, il passe son bac à 16 ans au Lycée Louis le Grand, suit une licence de lettres et se fait embaucher, à 17 ans, au service de politique étrangère du Journal des Débats. Engagé volontaire en 1916, il demande la nationalité française à la fin de la guerre et entame alors une double carrière de journaliste et d'écrivain.

Il écrit pour La liberté, le Figaro, le Mercure ou Paris-Soir, à une époque où les grands reportages font exploser les tirages des quotidiens. Joseph Kessel est donc sur tous les fronts, poussé par une soif inextinguible d'aventures et de rencontres. Il suit le drame de la révolution irlandaise, les débuts de l'indépendance d'Israël, explore les bas-fonds de Berlin, vole sur les premières lignes de l'aéropostale aux côtés de Jean Mermoz, navigue sur les négriers de la Mer Rouge, et couvre bien sûr les évènements espagnols.

Lorsqu'il est envoyé à Madrid en 1938, Kessel connaît déjà bien le pays pour avoir suivi l'avènement du Front populaire espagnol. Ici, il croise Malraux, Hemingway, Tzara, des artistes et écrivains engagés aux côtés des républicains. Kessel lui veut éviter de porter un regard militant sur le conflit. Ce sont les hommes qui l'intéressent, dit-il, plus que les idées. Après la défaite de la France en 1940, il rejoint les Forces Françaises Libres du Général de Gaulle, aux côtés de son neveu Maurice Druon, avec qui il composera les paroles du "Chant des partisans", devenu le chant de ralliement de la Résistance.

A la fin de la guerre, il reprend ses activités de journaliste, ses voyages et continue à publier de nombreux romans. En tout, plus de 50 oeuvres, parmi lesquelles L'Equipage (1923), Les Captifs (1926), Belle de Jour (1928), L'Armée des ombres (1943), Le Lion (1958) ou Les Cavaliers (1967). Son oeuvre est saluée dès son époque par le public et par la critique. En 1962, l'Académie française, lui ouvre ses portes. Une consécration pour ce fils d'immigrés juifs, cet infatigable globe-trotter, attentif aux voix des hommes en mal de dignité et de liberté. Dans son Bloc-notes, François Mauriac lui rend ce bel hommage : "Il est de ces êtres à qui tout excès aura été permis, et d'abord dans la témérité du soldat et du résistant, et qui auront gagné l'univers sans avoir perdu son âme."

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