mosaÏque d'Ostie
Buste de Constantin Photo de Caroline Blonce

De la persécution à l'adhésion

Durant les trois premiers siècles de son existence, le christianisme doit se développer dans la clandestinité. Les chrétiens, considérés avant tout comme une secte juive nuisible à l'Empire, sont accusés de tous les maux : soupçonnés d'anthropophagie et d'inceste (ne se nourrissent-ils pas de la chair et du sang du fils de Dieu ?), ils refusent le caractère sacré de la cité et de l'empereur. Ils deviennent rapidement la cible privilégiée de persécutions. Néron, en 64, les accuse du grand incendie de Rome tandis que ses successeurs, notamment Dioclétien, s'efforcent d'anéantir ceux qu'ils considèrent comme de nuisibles hérétiques. Tout change sous Constantin Ier : attribuant sa victoire du Pont Milvius à l'intervention du Christ, Constantin se fait le défenseur de la chrétienté. Il promulgue ainsi en 313 l'édit de Milan qui tolère officiellement les chrétiens dans l'Empire.

 

basilique romaine
Basilique romaine Site archéologique de Volubilis, Maroc © Marc Chartier

Paganisme et christianisme

L'Empire entre bientôt dans une crise de conscience dont souffrent aussi bien les milieux païens que chrétiens. Ainsi, le court règne de Julien (362-363) encourage la "réaction païenne" parmi l'élite intellectuelle. Face à la religion chrétienne, il s'agit d'encourager une mystique païenne qui accueille les rites et les symboles de diverses religions orientales. Mais cette parenthèse ne dure guère. Depuis le règne de Constantin, les chrétiens occupent les postes les plus sensibles au service de l'Etat, jusqu'aux grades militaires les plus prestigieux. Peu à peu, l'Empereur, d'abord indifférent, prend le parti de l'Eglise. Tout comme en Orient, des monastères sont fondés en Italie et en Gaule : s'y réfugient non seulement ceux qui fuient les exigences sociales, le classement dans les "castes", mais aussi ceux qui se sentent appelés par Dieu.

 

La fin d'une ère

Même parmi les chrétiens qui ne choisissent pas les monastères s'opère une transformation progressive. Pour ceux-là, le vrai combat n'est pas celui qui les oppose aux Barbares mais celui qui les oppose à eux-mêmes, à leurs péchés et dont la victoire les mènera au Salut éternel. Une conception du bonheur qui rend cette partie de la population peu sensible à "l'ici et au maintenant". Ainsi, aucune grande force morale ne peut soutenir l'Empire contre les Barbares. C'est trop tard pour le paganisme et trop tôt pour le christianisme, encore mal installé dans la cité terrestre.

Adam et Eve Le sacrifice d'Isaac Daniel dans la fosse aux lions
Scènes bibliques : Adam et Eve, le sacrifice d'Isaac, Daniel dans la fosse aux lions Sarcophage romain , IVe siècle © Musée de Toulouse
 

 

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