Les mosaïques d'Ostie illustrent les échanges commerciaux dans l'Empire Ostie, place des corporations Photo de Caroline Blonce

Divisions et réveils nationaux

Du détroit de Gibraltar à Constantinople, la Méditerranée constitue l'axe principal du monde romain au IVe siècle. Ce grand "lac central" est le lieu de tous les échanges culturels et commerciaux de l'Empire. Cet ensemble, a priori uni et cohérent, est en réalité divisé. L'organisation administrative sépare les provinces en plusieurs diocèses. C'est le cas, à l'ouest, de la Gaule mais aussi celui, à l'est, de la mer Noire, entourée par les trois derniers diocèses de l'Orient, Asie, Pont et Thrace. Aux divisions administratives s'ajoutent des revendications imprévues. Les réveils nationaux et les choix d'autres capitales (Trèves, Milan, Constantinople…) créent de nouvelles lignes de force dans l'Empire. Rome n'a plus la prépondérance d'autrefois et l'Empire risque de se fractionner contre les Barbares.

 

Le forum de Trajan, symbole de feu l'Empire triomphant Photo de Caroline Blonce

Crises économique et révoltes

L'économie romaine n'a pas su créer de nouvelles sources de richesses : vivant des tributs imposés aux peuples vaincus pendant la période de conquêtes puis sur ses propres réserves, Rome doit assumer la paye de fonctionnaires toujours plus nombreux et lève donc de nouveaux impôts. La pression fiscale s'alourdit. Par ailleurs, la société romaine se cloisonne peu à peu : naissent ainsi la caste des fonctionnaires, celle des magistrats ou encore celle des colons… Dans cette répartition, l'inégalité sociale grandit. D'une part, les nantis ont les moyens de peser sur les décisions de l'empereur et d'échapper à la crise économique. De l'autre, les classes inférieures, commerçants et paysans, sont plongées dans la misère. Des révoltes éclatent dans tout l'Empire, en Gaule, en Italie du sud ou encore en Afrique. Brigands professionnels, soldats déserteurs, marginaux de toute sorte pillent et mettent en coupe réglée plusieurs provinces de l'Empire.

 

Deux empires rivaux

En 395, le décès de Théodose Ier entraîne la scission définitive entre l'empire romain d'Orient, qui échoie à Arcadius, fils aîné de l'empereur, et celui d'Occident, qui est dirigé par son fils cadet Honorius. Cette scission, qui n'a rien de juridique mais qui permet de mieux administrer l'Empire, manifeste néanmoins la victoire des forces centrifuges sur les forces de cohésion. La différence entre les deux parties de l'Empire est spectaculaire : on trouve, d'une part, un Orient prospère, urbanisé, largement influencé par l'hellénisme et le christianisme, et, de l'autre, un Occident rural, "barbarisé", faiblement christianisé. Rivaux, ces deux empires entrent affaiblis dans des luttes qui profitent aux Barbares, en particulier aux Goths et aux Huns.

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