La naissance d'un mythe

Les Romains de la décadence
Détail du tableau "Les Romains de la décadence" réalisé par Thomas Couture en 1847 © Musée d'Orsay

La décadence de Rome est un thème qui, sous la République romaine même, a été évoqué par des observateurs contemporains, tels Caton l'Ancien ou Cicéron. Sous l'Empire, c'est Juvénal qui en a été le plus grand dénonciateur, à travers ses satires dépeignant Rome comme un immense lupanar. Une opinion que reprend Montesquieu dans son analyse en 17 points de la chute de Rome, Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence. Dans son chapitre intitulé "De la corruption des Romains", il observe ainsi que les mœurs ont été corrompues par la trop grande richesse de certains, par l'excès de luxe et d'opulence qui a entraîné des inégalités sociales insupportables. "Ceux qui avaient d'abord été corrompus par leurs richesses le furent ensuite par leur pauvreté ; avec des biens au-dessus d'une condition privée, il fut difficile d'être un bon citoyen ; avec les désirs et les regrets d'une grande fortune ruinée, on fut prêt à tous les attentats."

 

Combats
Les romains sont avides de combats sanglants © J.F. Mangin

Une société oisive... depuis longtemps

L'image d'une société uniquement soucieuse de s'amuser, d'une dépravation des mœurs, source de dénatalité, a longtemps occupé les esprits. Cette vision, bien qu'exagérée, est fondée. Ainsi, de nombreux spectacles sont organisés pour satisfaire le peuple qui réclame "du pain et des jeux" dans des arènes immenses (les plus grandes peuvent accueillir jusqu'à 20 000 personnes). Cependant, si la licence des mœurs, la corruption des fonctionnaires et l'attrait populaire pour le cirque et le jeu avaient été la cause de la chute de Rome, l'Empire aurait dû disparaître depuis longtemps. Certes, la crise économique et sociale qui a atteint l'Empire romain n'a guère permis d'enrayer "la corruption de l'esprit public". Mais il ne faut pas pour autant en grossir l'importance.

 

Amphithéâtre romain
Ruines d'un amphithéâtre romain, Alexandrie © Thierry Renaux

La fin d'un mythe

Contrairement aux idées reçues, l'ordre et la morale sont davantage encouragés pendant l'Antiquité romaine tardive. Ainsi, la législation impériale instaure des règles plus strictes dans ce domaine : le sort des esclaves est adouci, l'exposition et la vente des enfants est interdite, l'adultère est plus sévèrement réprimé, comme le rapt et toute transgression de la loi morale et religieuse.

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