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Carte des invasions
barbares © L'Internaute
Magazine
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La coexistence pacifique
Pour tout Romain, le Barbare n'était pas un être
sauvage et assoiffé de sang mais un homme qui parlait
un langage qui lui était incompréhensible et dont
la civilisation lui apparaissait primitive. Il serait
inexact de se représenter des mondes romains et
barbares comme deux mondes hermétiquement séparés
en temps de paix. A toutes les époques, Rome
a su accepter l'installation de peuples barbares
à l'intérieur de ses frontières. Dès
la fin du IIIe siècle, les empereurs romains ont
accueilli de plus en plus de mercenaires barbares
comme soldats : Francs, Goths, Saxons, Alamans viennent
grossir les rangs de l'armée tandis que les Romains
d'origine se désintéressent de la guerre. Ces soldats
offrent évidemment une faible barrière de protection
contre les incursions des autres tribus barbares,
qui pénètrent de plus en plus dans l'Empire. En
outre, Rome concède de plus en plus de territoires
à des Germains alliés à des fins de colonisation.
Mais graduellement, ces derniers fondent des royaumes
souverains sur le sol de l'Empire.
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| Théodose Ier,
maître de l'Empire romain |
Le heurt de deux mondes
Influencé par la coexistence avec les tribus barbares,
l'Empire romain n'en conserve pas moins son originalité.
Pour son 'élite intellectuelle, ces deux mondes
s'opposent. Il y a, d'un côté, le citoyen romain,
vivant libre dans un Etat policé, sous l'autorité
d'un prince conscient de son rôle d'organisateur,
dans un certain confort matériel et intellectuel.
De l'autre, on trouve des sujets vivant en tribus,
soumis aux caprices d'un chef tout-puissant, sans
lois écrites ni idéal commun, et de surcroît
illettrés. Mais ces deux civilisations n'apparaissent
comme irréductiblement séparées que pour une élite
minoritaire : pour le reste de la population, rurale
et inculte, la différence est-elle si claire ? Les
informations manquent quant aux couches populaires,
mais nul doute que le nœud du problème réside dans
cette masse de la population de l'Occident romain,
inconsciente de son appartenance à une romanité
qu'elle pourrait défendre.
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| Le sac de Rome
Miniature française
du XVe siècle |
Les invasions barbares
Il n'y a pas eu "invasion" mais plutôt
"installation" des Barbares. Néanmoins,
au IVe et Ve siècles, l'avancée a
pris la forme d'attaques qui sont allées
en s'intensifiant. Après la mort de Théodose en
395, l'Empire romain est réparti entre ses deux
fils, Honorius et Arcadius, et laissé à la régence
des généralissimes barbares Stilicon et Rufin. Dans
le même temps, le Wisigoth Alaric mène une guerre
personnelle contre l'empire romain d'Orient. Il
parvient à obtenir le commandement de l'Illyrie
(actuels Balkans) en 397. Véritable seigneur
de la guerre, il prélève l'impôt
sur le territoire romain pour son propre compte.
En 401, il décide d'attaquer l'Occident, et notamment
l'Italie. Stilicon contient ses assauts, mais après
l'assassinat du généralissime, en
408, Alaric a la voie libre. En 410, à sa troisième
tentative de siège, il pille Rome, ce qui n'était
pas arrivé depuis l'invasion gauloise de 390 avant
J.C. Le sac de la "Ville éternelle"
a un immense retentissement.
Ces guerres dans la péninsule italienne obligent
l'Empire à dégarnir la frontière du Rhin pour obtenir
des renforts. En conséquence, en décembre 406, le
Rhin est franchi par des bandes de Vandales, de
Suèves et d'Alains qui dévastent la Gaule avant
d'occuper l'Espagne. Derrière eux, les Francs
et les Burgondes envahissent la Gaule.
Vers 412, Athaulf, successeur d'Alaric, se réconcilie
avec l'empereur d'Occident Honorius, dont il épouse
la sur, après l'avoir prise en otage,
et s'institue protecteur des Romains. Installé en
Gaule Narbonnaise puis en Aquitaine, il fonde un
royaume wisigothique au cur de l'Empire romain.
Après sa mort, en 415, le gouvernement impérial
romain choisit d'intégrer les Barbares à
ses propres troupes. Contre les agressions extérieures,
l'Empire utilise des cavaliers huns et installe
de nouveaux fédérés, Francs saliens mais aussi Burgondes,
en Gaule.
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| Le sac de Rome par les
Barbares en 410 Tableau de J. N Sylvestre©
Musée Paul Valéry, Sète |
Lorsqu'en 451, Attila, roi des Huns, investit
la Gaule, le généralissime Aétius unit les communautés
barbares installées en Gaule aux dernières troupes
régulières. Après la victoire contre Attila, les
fédérés mènent une politique indépendante de l'Empire.
Les terres qu'ils ont reçues en protection deviennent
des principautés barbares. L'Empire d'Occident se
délite de l'intérieur. Les Francs confirment leur
installation sur le territoire de la Belgique et
des Pays-Bas actuels, puis s’étendent jusqu'à la
Somme. Quant aux Burgondes, longtemps cantonnés
autour du Lac de Genève, ils étendent leur territoire
jusqu'à Lyon et Langres dès 457. Enfin, les Wisigoths
s'assurent la domination de toute la Méditerranée
occidentale.
Rome est encore pillée deux fois en 20 ans. L'empereur
n'est bientôt plus qu'un fantoche entre les mains
des rois barbares. En 476, le dernier empereur
romain d’Occident, Romulus Augustule, qui porte,
ironie de l'Histoire, le nom du fondateur mythique
de Rome, est déposé à Ravenne par Odoacre, Barbare
et chef de l’armée d’Italie du nord. L’empire
romain d’Occident cesse d’exister et laisse la place
à une mosaïque de royaumes romano-barbares.