Insistant sur son refus de violence, de tout
projet d'abolition immédiate et d'indépendance des
colonies, le mouvement abolitionniste international
s'est efforcé de se démarquer du précédent
haïtien.
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| Abolitionniste libérant
un esclave |
En Europe
Le plus important mouvement abolitionniste européen
est né en Angleterre, où les sociétés antiesclavagistes
obtiennent l'interdiction de la traite dès 1807
(conjointement avec les Etats-Unis). Cette mesure
est étendue aux pays signataires du Traité de Vienne
en 1815. Le combat consiste alors à faire appliquer
l'interdiction internationale de la traite et à
faire progressivement abolir l'esclavage. En France,
après la perte de Saint-Domingue et l'effondrement
de l'Empire napoléonien, la remise en cause frontale
de l'esclavage est mal acceptée. Au sein de la Société
de la morale chrétienne se crée, en 1822, un Comité
pour l'abolition effective de la traite mais celui-ci
reste peu important. Ce n'est qu'en 1834 que l'abolitionnisme
français peut s'affirmer au grand jour avec la création
de la Société française pour l'abolition de l'esclavage.
Quant aux autres pays coloniaux, tels que la Hollande
ou l'Espagne, ils ne connaissent aucun mouvement
de cette ampleur.
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| Le Sud esclavagiste
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En Amérique
Très précoce aux Etats-Unis, le mouvement abolitionniste
est freiné, en 1787, par le compromis constitutionnel
autorisant l'esclavage dans les Etats du sud. En
1807, les Etats-Unis interdisent la traite : une
avancée pour les sociétés antiesclavagistes mais
un frein au militantisme, la plupart des abolitionnistes
étant persuadés que l'abolition de l'esclavage suivra
rapidement. Mais l'Union s'étend bientôt, comprenant
de plus en plus d'Etats esclavagistes. Par réaction,
l'abolitionnisme connaît un nouvel essor en 1815-1820,
jouant un rôle majeur dans le combat pour l'émancipation
en diffusant massivement des informations sur les
réalités de l'esclavage.