Au XIXe siècle, les guerres coloniales trouvent
leur justification dans une volonté affichée de
libérations des esclaves. Hypocrisie ou inspiration
humaniste ?
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| La France, grande
puissance coloniale |
Des "colonisations nouvelles" aux empires coloniaux
Née à la fin du XVIIIe siècle, l'idée de "colonisation
nouvelle" prévoit des établissements européens situés
essentiellement en Afrique, qui établiraient des
échanges avec les populations indigènes sur la base
du travail libre et des transferts technologiques.
Ce mouvement trouve un début de réalisation avec
les établissements du Sierra Leone, dès 1790, et
du Libéria, au début du XIXe siècle. Ces deux pays
sont pris en charge par des sociétés abolitionnistes
anglaises et américaines. Mais bientôt, ces initiatives
réduites sont dépassées par la mise en place d'empires
coloniaux. Ainsi, les Français ne reconnaissent
la citoyenneté pleine et entière qu'à un petit nombre
de sujets, la majorité étant réduite au statut de
l'indigénat, tandis que les Britanniques mettent
en place un immense empire, où règne l'inégalité,
tout en convaincant les souverains coutumiers de
renoncer à la vente des esclaves.
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| Les Pères blancs
(couverture d'un livre scolaire) |
Les missions chrétiennes
Les projets de "colonisation nouvelle", qui mêlent
étroitement travail libre et civilisation morale
ont souvent été patronnés par
des missionnaires. En Angleterre, la grande figure
du missionnaire explorateur protestant est David
Livingstone, qui fonde une communauté dans le Kalahari
en 1840. En France, les catholiques bénéficient
du renouveau missionnaire du début du XIXe siècle.
Ainsi, l'ordre des sœurs Saint-Joseph de Cluny et
la congrégation des pères du Saint-Esprit envoient,
à cette époque, des missionnaires
en Guyane, à la Réunion et dans toute l'Afrique.
A la fin du XIXe siècle, l'archevêque d'Alger, Charles
Lavigerie, crée l'ordre des missionnaires d'Afrique,
les "Pères blancs". Ceux-ci ont pour objectif de
développer des colonies agricoles fondées sur le
travail libre, protégées de l'esclavagisme par des
moines-soldats. Toutes ces initiatives sont coordonnées
au niveau international par des congrès antiesclavagistes
réunis à Londres, Paris et Bruxelles.