Présenté comme le "siècle des abolitions",
le XIXe siècle a connu trois types principaux d'abolition
: révolution violente, interdiction graduelle et
"abolition préventive".
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| Simon Bolivar, héros
de la guerre d'indépendance latino-américaine |
L'Amérique du Sud ou l'abolition graduelle
L'abolition en Amérique du Sud s'est opérée en
trois vagues. En 1816, Simon Bolivar, chef des guerres
d'indépendance des colonies espagnoles d'Amérique
du Sud, conclut un accord avec le président de la
République d'Haïti, par lequel il s'engage à abolir
l'esclavage en échange du soutien de ce dernier.
Les abolitions de fait sont nombreuses, notamment
dans les rangs de l'armée, où des esclaves se sont
engagés, mais les abolitions officielles sont plus
lentes à se faire. Dans les Etats autonomes où l'esclavage
est une pratique très répandue, les délais entre
l'engagement et les mesures effectives sont assez
longs (Venezuela, de 1817 à 1854). Pour les pays
sous autorité espagnole, il faut attendre les années
1880 pour que la loi Moret d'abolition graduelle
votée en 1870 prenne effet. Enfin, le Brésil, qui
clôt la série, n'abolit l'esclavage que sous la
pression de la Grande Bretagne en 1888.
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| Les armées
du Nord intègrent des soldats noirs dans
leurs rangs |
La guerre civile américaine
Union pétrie de contradictions, les Etats-Unis
représentent à la fois l'un des premiers foyers
de l'abolitionnisme et un pays dont l'économie est,
pour beaucoup d'états, fondée sur les plantations
esclavagistes. En 1860, l'élection de l'abolitionniste
modéré Abraham Lincoln à la présidence
de l'Union, met à jour cette différence. Onze états
du Sud choisissent la sécession et se regroupent
dans une Confédération. La guerre civile qui dure
de 1861 à 1865 aboutit à la victoire des états du
Nord et à l'abolition générale de l'esclavage. Pour
autant, les anciens esclaves n'obtiennent pas l'égalité
dans les états du Sud : privés du droit de
vote et de droits civils, ils sont marginalisés.
Une ségrégation qui durera au moins jusqu'aux années
1960.
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Victor Schlcher, artisan de
l'abolition français
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La France ou le combat d'un seul homme
En 1848, Arago, ministre de la marine et des colonies,
n'envisage pas une abolition immédiate de l'esclavage.
Mais le 3 mars, il rencontre Victor Schlcher
qui le convaint d'agir rapidement. Nommé sous-secrétaire
d'Etat, président de la commission chargée de rédiger
le décret d'abolition, il publie ce dernier le 27
avril 1848. Ainsi,
" le gouvernement provisoire,
considérant que l'esclavage est un attentat contre
la dignité humaine ; qu'en détruisant le libre arbitre
de l'homme, il supprime le principe naturel du droit
et du devoir ; qu'il est une violation flagrante du
dogme républicain : Liberté, Egalité, Fraternité (...)
décrète que l'esclavage sera entièrement aboli dans
toutes les colonies et possessions françaises."