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A 100 km au sud de Bagdad, aux abords de l'Euphrate, Babylone, littéralement "la Porte des dieux", a été par deux fois la capitale conquérante, rayonnante... et maudite de la Mésopotamie.
Deux fois reine, deux fois détruite
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| Tour de Babel par Pierre Bruegel (1653) © Musée d'histoire de Vienne. |
La cité s'impose une première fois comme capitale de la Mésopotamie sous le long règne d'Hammourabi (1792-1750 av. J.-C.) de la dynastie amorrite. Ce premier empire babylonien est ruiné vers 1595 av. J.-C. par les Hittites, venus de Turquie, et se voit bientôt soumis aux Assyriens. La splendeur babylonienne sombre dans l'oubli avant de renaître de ses cendres, dix siècles plus tard.
L'artisan de cette renaissance est Nabuchodonosor II, couronné, pense-t-on, le 23 septembre de l'an 605 av. J.-C. Il restaure l'indépendance de la Cité et étend sa domination sur toute la région, jusqu'à l'Egypte. La Babylonie désigne alors toute la Mésopotamie. Mais une fois de plus, la gloire est éphémère et l'empire se divise à la mort de Nabuchodonosor, en 562. Babel tombe alors aux mains des Perses.
Grâce à Alexandre le Grand, la ville aurait pu connaître un troisième âge d'or : en 331 av. J.-C., le conquérant macédonien entre dans la ville et songe à en faire la capitale de son empire, unissant l'Orient perse et l'Occident hellénique. Mais l'empereur ne revient finalement que 8 ans plus tard à Babylone... pour y mourir. Le rêve babylonien s'éteint à jamais.
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| Reconstitution de la Porte d'Ishtar, une des portes de la cité intérieure de Babylone © Musée du Pergame. Berlin. |
Babylone, joyaux du Proche Orient
Symbole de pouvoir, Babylone a aussi été une grande capitale culturelle. Pour unifier son royaume, Hammourabi rédige un célèbre code juridique de 282 articles - aujourd'hui conservé au Musée du Louvre - et place toutes les idoles locales sous l'autorité d'une divinité suprême : Mardouk. L'architecture brille à nouveau sous le deuxième empire babylonien. La ville se pare d'illustres plantations étagées, les jardins suspendus de Babylone, construits selon la légende par Nabuchodonosor pour soulager la nostalgie d'une épouse originaire de hauts plateaux verdoyants... A l'entrée de la ville intérieure, close de remparts colossaux, 8 gigantesques portes, dont celle d'Ishtar, dédiée à la déesse du même nom, protègent Babylone. Le roi fait enfin restaurer la ziggourat, palais de 90 m de hauteur qui a certainement inspiré le récit biblique de la Tour de Babel, nom de Babylone en hébreu.
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| Détail de la Porte d'Ishtar © Musée du Pergame. Berlin. |
De l'histoire au mythe
Le nom de Babylone évoque une splendeur passée, mais aussi la décadence et la corruption. Cet imaginaire a été véhiculé par la Bible, qui décrit Babylone comme "la grande prostituée, siège de tous les vices. Cette mauvaise réputation s'explique en partie par le sort que Nabuchodonosor réserva aux Juifs : le conquérant babylonien asservit Jérusalem, détruit son Temple et déporta les juifs rebelles vers son pays.
Légende et histoire se conjuguent donc dans cette ville maintes fois détruite et reconstruite, qui ne livre pas aisément ses secrets aux historiens. Et c'est finalement par les récits et archives des royaumes voisins que se dévoilent le mieux la vie et l'histoire de Babylone et des Babyloniens.
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