Le manuel d'histoire franco-allemand accorde à la perception, au souvenir
des faits par ceux qui les ont vécus une place inédite dans l'enseignement
en France. Le but : faire comprendre aux élèves les différences d'interprétation
dans le pays voisin.
Grande Guerre en France et en Allemagne
Les lycéens français apprendront ainsi que la Première Guerre mondiale,
la fameuse Grande Guerre, dont l'importance dans la mémoire française a été
récemment prouvée par l'hommage national rendu au dernier poilu mort en mars
2008, est moins présente dans la mémoire allemande. L'une des
explications en est que "le nazisme et la Seconde Guerre mondiale ont accaparé
l'attention et la réflexion en Allemagne" (p.226).
Des détails qui n'en sont plus
Les détails des opérations militaires de la guerre de 14-18, très présents
dans les manuels français, le sont peu dans les manuels allemands. D'autres
précisions qui pouvaient sembler peu importantes aux yeux des Français, deviennent,
dans le cadre d'un manuel franco-allemand, indispensables. Par exemple :
"Alors que les prisonniers de guerre alliés sont immédiatement libérés, les
300 000 prisonniers de guerre allemands sont retenus en France
jusqu'en janvier 1920 et employés aux travaux de déminage" (p.212).
La mémoire du vécu
Sur la Seconde Guerre mondiale, le manuel précise : "Pour les générations
qui l'ont vécue, le souvenir de la Seconde Guerre mondiale renvoie donc avant
tout, en France, aux combats de la Résistance et aux dures conditions de
vie sous l'Occupation. En Allemagne, ce souvenir renvoie aux deuils des familles
qui ont perdu l'un des leurs sur le front de l'Est, ainsi qu'aux violations
exercées par les troupes soviétiques sur les civils" (p.355). Un chapitre
que les élèves français n'étudiaient que peu jusqu'alors, le front Est étant
lointain et ayant eu peu d'impact direct sur les populations.
» Illustration :
Le Traité
de Versailles vu des deux côtés du Rhin