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Aristide Briand fut l'un des principaux "cerveaux"
de la loi de 1905
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Le 6 décembre 1905, le Sénat entérine définitivement
la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, qui ne va pas s'appliquer
sans heurts.
Une séparation nécessaire
La loi de séparation des Eglises et de l'Etat est le fruit de 25 ans "d'incubation
laïque". La politique du Bloc des Gauches, qui forme un gouvernement en 1901,
satisfait au fort courant anticlérical qui souffle depuis la fin des années
1880. La loi du 1er juillet 1901 sur les associations stipule par exemple
que la création de nouvelles congrégations est autorisée par une loi mais
peut être dissoute par un décret. En 1902, l'arrivée d'Emile Combes en tant
que président du Conseil, élu pour mener une "politique énergique de laïcité",
aboutit à la fermeture d'établissements scolaires dont l'enseignement est
donné par des congrégations non déclarées. Le
ton se durcit alors entre l'Etat et certains évêques français qui protestent
contre cette mesure. Dans le même temps, la France rompt ses relations diplomatiques
avec le Vatican. Cause de la rupture : la visite d'Emile Loubet, président
de la République, au roi Victor-Emmanuel II d'Italie, que le Saint-Siège
ne reconnaît pas. Les crispations deviennent prégnantes, la séparation inéluctable.
Des débats passionnés
C'est à Aristide Briand qu'est confié le soin d'aménager la loi. La difficulté
est de trouver un compromis qui exclut du débat la gauche hyper-laïque et
la droite ultra-conservatrice. Le projet de loi associe en fait, des deux
côtés de l'échiquier politique, les partisans d'une laïcité modérée qui puisse
garantir la liberté de conscience et qui ne soit pas considérée comme une
agression contre la religion (Jaurès, Briand). De plus, la séparation de
l'Eglise catholique et de l'Etat a pour le gouvernement une conséquence
stratégique : mis définitivement en dehors des affaires de
l'Eglise, il ne peut plus interférer, par exemple, dans le processus
de nomination des clercs.
Une loi de compromis qui met le feu aux poudres
La loi du 9 décembre 1905 contient ainsi des dispositions très libérales
: respect de la liberté de conscience, libre exercice de l'organisation interne
des religions, mise à disposition gratuite des différents lieux de culte…
En contrepartie, l'Eglise n'est plus financée par l'Etat, ce qui signifie
que la religion devient un service d'ordre privé. Dans ce nouvel ordre des
choses, l'Etat souhaite réaliser un inventaire des biens de l'Eglise, qui
s'ouvre en 1906. Sur le terrain, certains catholiques le ressentent comme
une profanation et organisent plusieurs manifestations de défiance à côté
des églises. L'hostilité se transforme en crise quand, le 27 février et le
6 mars, des gendarmes chargés de défendre les fonctionnaires chargés d'ouvrir
les tabernacles et des manifestants trouvent la mort, entraînant la chute
du cabinet Rouvier.
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L' Etat paye toujours les prêtres en Alsace