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La cathédrale de Strasbourg ©
Gwenn Pinault
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La France est aujourd'hui un Etat laïque. Toute ? Non. En 2008,
l'Alsace-Moselle dispose d'un statut d'exception, en raison duquel le personnel
religieux est rémunéré par l'Etat.
L'Alsace, toujours sous Concordat
Lorsque la loi sur la Séparation des Eglises et de l'Etat est promulguée
par le président de la République le 9 décembre 1905, l'Alsace et la
Moselle appartiennent encore à l'Allemagne (depuis 1871). Quand elles deviennent
françaises en 1918, elles conservent le statut concordataire, bien que le
gouvernement Herriot tente de l'abolir en 1924. Les réactions sont
si virulentes dans la région et les peurs d'attiser l'autonomisme
si fortes que le successeur d'Herriot, Paul Painlevé, enterre le projet
de réforme. Le régime concordataire sera supprimé une fois, en 1940,
quand l'Alsace se trouve rattachée au Reich. Il sera rétabli en septembre
1944, alors même que la Constitution proclame de nouveau la laïcité
de la République. Tout au long du XXe siècle, les volontés
d'appliquer la loi de 1905 en Alsace et en Moselle se seront heurtées
à l'attachement de la population locale au Concordat.
Des prêtres payés par l'Etat
De ce fait, en 2008, la région Alsace-Moselle n'a toujours pas appliqué
le principe de laïcité : les communes sont ainsi contraintes
de subventionner la construction et l'entretien des lieux de culte. Près
de 1500 agents de culte, qu'ils soient catholiques, protestants, ou israélites
sont aujourd'hui rémunérés par l'Etat (à hauteur de 36 millions d'euros en
2003), même s'ils ne disposent pas du statut de fonctionnaire. A l'école
primaire publique, ces agents sont autorisés à donner des cours de religion
à l'école primaire publique, en théorie une à deux heures par semaine. Cette
instruction n'est plus obligatoire depuis 2001, mais les parents doivent
cependant préciser la religion de leurs enfants à leur entrée
à l'école.
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quel est le vrai pouvoir de la religion
aujourd'hui ?